dimanche 12 septembre 2010

Justin de Provence - 84 100 Orange


Une maison d’enfance…

Les deux principaux hôtels de Châteauneuf-du-Pape étant « privatisés » en ce week-end de la fin du mois d’Août pour cause de mariages, il nous aura fallu aller chercher à quelques kilomètres de là, à Orange très précisément, une maison d’hôtes (ce qui nous arrive, il faut bien l’avouer, assez rarement) comme on en fait peu, voire pas du tout ! Une vraie maison d’enfance, celle de la maîtresse du lieu et surtout de son grand-père Justin qui naquît en 1927. Isabelle Berbudeau, qui y a passé (si, si !) toutes ses plus tendres années, celles dont on ne retient, il est vrai, que le meilleur, mais qui laissent de délicieux souvenirs. L’ancienne bergerie, située au milieu des champs de blés, et de nul part, à mi-chemin (ou presque) d’Orange et de Camaret, a été totalement, et superbement, restaurée en 2003, du salon au plafond et, oserais-je dire, de fond en combles ! Il n’est d’ailleurs, pour s’en convaincre, que de parcourir « son » album photos retraçant la genèse des travaux, avec toutes les « étapes » marquantes, mais également l’état de (relatif) détérioration dans lequel elle se trouvait. Il fallait bien à Isabelle quelque chose de plus pour réussir une telle « mutation » du lieu ! Ne cherchez pas bien loin, c’est la passion ! Une passion animée depuis des années par des rencontres, des pérégrinations, mais surtout une quête perpétuelle et assidue, de meubles ou de bibelots, soigneusement « fouillés » sur les foires ou marchés à la brocante de sa région. Quoi de plus logique pour les « accueillir » que de créer un écrin (adéquat) qui soit en mesure de les « sublimer » ! C’est ce qu’Isabelle s’est évertuée à réussir, tant au niveau des couleurs, des matériaux, de l’agencement que de l’ambiance. Lorsqu’après avoir suivi, de la route nationale, le « fléchage » rose correspondant à l’enseigne pour pénétrer par la double grille de fer forgé sur les sept hectares de sa ferme, vous vous « glissez » dans le hall-véranda et appuyez sur le bouton « sonnette », que personne ne vous répond, si ce n’est un client Anglais attablé dans la salle à manger plus préoccupé (ce qui se comprend bien volontiers) par son assiette de charcuterie que pour aller ouvrir la porte d’entrée à un « estranger » débarquant vers 20 h 30, vous avez quelque part un peu la sensation de vous être trompé d’adresse ! Non pas tant que l’endroit soit désagréable, non, loin de là, mais, plutôt, que l’on pourrait avoir l’impression d’avoir dérangé une réunion, ou une fête familiale ! Isabelle, alertée, viendra bien quelques secondes plus tard nous accueillir, tout sourire et puis de nous faire faire un petit tour du propriétaire « appuyé » de commentaires détaillés. Tenez, par exemple, la salle de remise en forme et son sauna avec moults détails sur la manière de l’utiliser judicieusement, ou la cuisine, en outre (assez) bien équipée, que les clients pourront, à volonté, prendre d’assaut pour se concocter seuls des petits plats à leur convenance (ce que nous expérimenterons dès le lendemain midi), le mini-bistrot avec son comptoir Provençal, ses verres d’une autre époque, ses anciens carafons publicitaires, et sa déclinaison d’apéritifs que l’on imagine aisément à l’heure du jeu de boules dans un film de Marcel Pagnol. On y filerait presque le « Parfait Amour », le surnom qu’Isabelle lui a octroyé ! La piscine extérieure clôturée de grilles de fer forgé, et son bain bouillonnant, se révèleront fort engageants sauf que, ce soir-là, le vent soufflait si fort que l’on n’aurait pas pu envisager vraiment y piquer une tête ! Celle d’intérieur se verra aménagée, selon un style très années 1930, dans l’ancienne grange, avec sa véranda, son salon solarium, son jacuzzi et sa salle de massage.
Et puis, Isabelle fera un petit détour par le barbecue, le coin terrasse et les multiples petits recoins qui aménagés en coin salon, qui proposés en tables de jardin, au milieu des marronniers et autres oliviers, pour, via le salon-cheminée-coin lecture, et salle à manger, en fin de compte, nous faire grimper au 1er étage vers la chambre d’ « Augusta et Léon ». Un espace à deux lits et banquettes de fer forgé, dans les tons argile, poutraisons teintées de beige, boutis provençaux fleuris, radiateurs à l’ancienne, petites appliques et loupiotes « façon » bronze, vieux miroir restauré au mur, toiles florales, rideaux de lin, carrelages de Tarife (imitant de vieux tapis), et, l’espace douche, et toilettes séparés, à « ciel ouvert » (vue sur les poutraisons) tout équipé à l’ancienne jusque dans les moindres détails. Seule ombre, si je puis dire, au tableau, ici, « on » n’a pas prévu la moindre « nuisance » sonore. De ce fait, téléviseur comme chaîne Hi-fi ont été (un peu prestement, à mon avis) prohibés ! Le silence emplira donc l’espace, comme quasiment toute la maison, et vous ne pourrez espérer la moindre info sur BFM ou le moindre adagio d’Albinoni ! Que nenni, vous rétorquera, certainement, Isabelle (enfin, peut-être pas, tout compte fait) qui vous justifiera de son utilité et de l’influence sur votre psychisme, voire de la possibilité de « vous » retrouver (vous ou votre couple ?). Là, j’avoue franchement ne pas parier sur la méthode et il faudra un couple aussi « solide » que le mien pour l’éprouver et pouvoir vous confirmer que cela n’a occasionné aucuns (réels) dégâts ! Après cela, si la nuit s’est bien déroulée si les (petits) accrocs dans les draps brodés de nos grands-mères ne vous ont pas démoralisés, si le matelas (crêpes) de la banquette n’a pas démoli les cervicales ou les lombaires de votre fils (non, à cet âge ils sont costauds !) et, si le « silence » (et quel silence !) n’a pas « achevé » votre couple, vous serez d’attaque, dès 8 h 30, en salle ou en terrasse, le lendemain matin, pour un délicieux et solide « petit déj » ! Ainsi, baguette fraîche, pain au lait à la fleur d’oranger, pain au chocolat, croissant, pain au maïs ou aux céréales, confitures maisons à la prune ou aux abricots, beurre doux, jus d’orange fraîchement pressé (çà change) et thés en sachets, seront-ils délicieusement servis sur la grande table de la salle à manger avec un service ancien en porcelaine (de famille ?) et ce sur un air d’opéra ! Là, Isabelle remontera allégrement dans notre estime !

Justin de Provence – Maison d’Hôtes
Chemin Mercadier- Quartier des Crémades - 84 100 Orange
Tél. : 33 (0)4 90 69 57 94 / 33 (0)6 11 54 20 19
www.justin-de-provence.com / contact@justin-de-provence.com




Photos réalisées par Sylvie Villeger

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire