dimanche 30 mai 2010

Le Rive Droite - 06000 Nice


On ne peut pas tout accepter !

A deux pas de la gare routière, un nouvel espace dédié à la (semi) gastronomie vient d’ouvrir sa « porte » sur une déco (assez) design dans les tons gris, sièges en « cuir » noir, écran plasma et tableaux psyché. Ici, la musique n’adoucira pas les mœurs d’autant qu’il ne s’agit que de la radio et pas la meilleure, de surcroît ! Cependant, côté cuisine cela aurait pu s’avérer une adresse attachante, d’autant que le foie gras maison au naturel, chutney de figues à la fleur de thym, et pain d’épice toasté, servi en terrine, nous interpellera sur la justesse de sa préparation, et la « bonté » du produit. Le filet de bœuf poêlé, jus corsé aux cèpes et petits légumes (pommes grenailles et haricots plats) commencera à dévoiler quelques « errements » gustatifs, même si cela ne nous apparaît pas (totalement) rédhibitoire. La pizza Italienne, tomates, mozzarella di Buffala, jambon de Parme, basilic et roquette, surprend, certes, mais ne « démoralisera » pas, et même si nous l’aurions appréciée un poil moins cuite, elle se montrera « docile » en bouche. Par contre, le saumon grillé aux herbes, émulsion de parmesan, nous laissera globalement « de marbre ». Cuit sur les deux faces (ce qui me semble, incontestablement, être une erreur), et non à l’unilatérale, il s’est, pour le moins, « déshydraté » ! De plus, le service s’avère (très) lent et pas franchement, comment dirais-je, professionnel. Même avec le sourire, on ne peut pas tout accepter ! La crème brûlée à l’orange amer (très) épaisse (on ne s’en serait pas plaint), petits copeaux de chocolat noir (pas vraiment utiles), sorbet mandarine (là franchement inopportun !), n’a pas fini de nous convaincre d’autant que le sorbet mandarine « détruit », à mon humble avis, la saveur et l’onctuosité de la crème qui se révèle finalement refroidie ! Le capuccino de carambar, compotée de framboise, pignons caramélisés et biscuit cigarette se révèle crémeux, sans parvenir un seul instant à emporter notre enthousiasme d’autant que la compotée n’apporte rien à la « mixture ». La tartelette au chocolat, poire flambée au limoncello, glace vanille, laissera quant à elle, encore une fois, nos papilles totalement indifférentes ! La glace est de Carte d’Or ( ?), la pâte pas fabuleuse pour un sous, et la poire pochée d’origine imprécise ! Cela fait beaucoup même pour trois personnes prêtes à toutes les indulgences !
Midi et soir, du lundi au samedi.

Le Rive Droite
22, Quai Saint-Jean-Baptiste – 06 000 Nice – Tel : 04 93 62 16 72

Les Canailles - 06 400 Cannes


Bistro « encanaillé »

L’association de deux jeunes femmes « toquées » de cuisine, et « issues » de tables (très) renommées, et même, le plus souvent, critiquées (je pense là, notamment, à un chef qui serait bien inspiré de « redescendre » un peu les pieds sur terre, plutôt que de conserver la tête dans les étoiles !), fait désormais sensation sur Cannes depuis l’ouverture, peu avant le 63ème festival du film, de leur bistro « encanaillé »… La déco fait dans le « bon goût », certes, mais on retrouve, malgré tout, toujours et encore, les (éternels) murs de pierres apparentes, les éclairages (or et noir) en suspension, les tons gris et lie de vin, l’inévitable « fenêtre ouverte » sur la cuisine, l’affichage des plats sur ardoises, avec, toutefois, une (jolie) note d’originalité accrochée (solidement ?) au mur, à savoir un immense miroir baroque fort imposant au demeurant. Quant à l’accueil, il demeure honorable sans atteindre, cependant, des sommets d’affabilité ! Il est, en outre, dommageable de se sentir « assailli » par un brouhaha si persistant qu’il ferait penser inévitablement à une cantine ! Pourtant, la terrine de lapin et porc maison en « cocotte » séduit d’entrée de jeu. Il en émane une indiscutable « authenticité » d’exécution ! Une vieille « connaissance » viendra faire « crépiter » nos papilles, à savoir un champagne Georges Vessel, un excellent « petit » producteur. Le duo d’asperges façon « Tata Pierrette » avec son œuf mollet (un peu maigrelet) ne méritait franchement pas de se voir affubler de mini dés de poivrons rouge et jaune, si ce n’est de céleri ou d’échalote ! Les deux entrecôtes Simmental (pourquoi, en France on n’a pas de beaux produits ?), l’une sauce moutarde et l’autre poivre vert, mériteront toute notre attention d’autant que la purée s’avère très goûteuse, tout comme les frites maison, d’ailleurs. La joue de bœuf, façon daube, et ses gnocchis maison possèdent ce petit « je ne sais quoi » de tour de main qui vous pousserait à en dévorer tout un poêlon ! Même l’instant des gourmandises aurait pu se révéler salutaire, si ce n’est « féérique » ! Pourtant, il faut bien avouer que l’on en est assez éloigné ! Néanmoins, si la tatin se laisse déguster sans (trop de) conviction, compte tenu d’une « finesse » excessive de la pâte et d’une défection de caramel, et de beurre, évidente, si la crème caramel renversée à l’ancienne aurait vraiment méritée d’un peu (beaucoup ?) plus de générosité d’autant que ce n’était pas en empilant deux spécimen que l’ineptie aurait pu nous échapper, la mousse au chocolat, quant à elle, légèrement salée, se montre, quant à elle, délicieusement goûteuse et le baba au rhum donne parfaitement le change avec un « biscuit » maison et une crème fouettée exquise en tous points, ! Espérons que nos mises en garde seront « appréhendées » avec l’opiniâtreté qui s’impose et que nos deux partenaires s’efforceront d’entreprendre les « réglages » de rigueur.

Les Canailles Bistro-Bar à vin
12, rue Jean Daumas – 06 400 Cannes – Tel : 04 93 68 12 10
bistrolescanailles@orange.fr

samedi 29 mai 2010

Le Paradisio - 06 530


Authentique et attachant

Si la clientèle, les « fidèles » devrais-je plutôt dire, de cet « Eden » de la cuisine à l’ancienne, d’une cuisine goûteuse, authentique et attachante, sont toujours aussi nombreux, quotidiennement, à lui vouer un « engouement » sans borne, c’est, malgré tout, qu’il y a un entendement incontestable. Ce n’est, certes, pas la déco du lieu, pourtant plaisante, avec ses tons beurres et marrons, ses « caissons » de vins fixés aux murs rien que pour « affrioler » vos papilles, ou ses chaises de cuir tressé qui en auront fait la notoriété ! Non, c’est, avant tout, l’accueil très affable de Manio, si ce n’est sa façon bien particulière de vous apporter ses « suggestions » du moment s’agissant de la carte des mets et des vins. La formule à 38 € est très engageante et largement suffisante ! Pourtant, c’est vers la carte que nous aurons orienté notre choix. L’assiette gourmande, « maximisée » pour l’occasion (et partagée en trois parts égales), nous permet de vérifier si la renommée de son foie gras et de son saumon fumé sont bien à la hauteur de ses compétences ! Eh, oui ! Non seulement le foie gras est parfait, finement tranché, suave et idéalement « tempéré », les écrevisses (décortiquées) goûteuses à souhait et parfumées à l’huile de truffes, mais le saumon fumé par « leurs » soins, demeure un modèle du genre, la raison en étant un temps de « salage » (beaucoup) plus réduit. La plancha Provençale « restitue » le savoir-faire du chef avec un mini filet de bœuf de belle facture, une brochette d’agneau tendre et « parfumée » façon tandoori, un carré de magret de canard, sauce miel et épices, rosé à cœur, une brochette de dinde marinée, et sa sauce crémeuse aux cèpes. Un moment gustatif « enchanteur » ! Pour l’instant « cave » ce sera un Côte Rôtie – Madinière – Yves Cuilleron – 2007 (production 9.900 bouteilles par an) qui en assurera l’entière responsabilité avec une indéniable « légèreté ». La plancha Paradisio, seconde de la série, avec son demi-homard simplement grillé, sa brochette da gambas, ses noix de Saint-Jacques quelque peu affriolantes, son filet de loup grillé sauce vierge et sa crème ciboulette (pas franchement notre préférée !), a fière allure ! Je puis vous garantir que le ramage correspond bien au plumage ! Le patron nous l’affirmera, l’entrecôte ne sera pas « Black Angus » mais « Ecossais », environ 350 gr de chaire tendre, bien saisie en surface, chaude au cœur, avec son gratin dauphinois (pas le meilleur que nous ayons testé !) honorable mais pas mémorable ! La carte de trente desserts tant annoncée aurait pu être « Marseillaise » tant il est vrai que prés d’une vingtaine d’entre eux sont des glaces pour le moins « classiques ». Malgré tout, l’assortiment gourmand demeure assez convainquant avec son panaché d’œufs à la neige, de fondant au chocolat, de crème brûlée, de chantilly Amarena et de mousse au chocolat. Le pain perdu, glace au caramel beurre salé, est extrêmement goûteux, mais manque d’un poil de générosité ! Dommage, car il le valait bien ! La crème brûlée fait dans la sobriété, certes, mais reste, cependant, très estimable. Ainsi, en va-t-il d’une table plus que respectable, et à en juger par le nombre de convives ce jour là, respectée !

Le Paradisio
70, Av. de Boutiny – 06 530 Peymeinade – Tel : 04 93 66 22 88
www.restaurantleparadisio.com

Le Saint-Benoît - 98 000 Monaco


La vue, rien que la vue ?

Depuis plus d’un quart de siècle la table que nous avons « testée » en ce jour de Mars 2010 ne faillit, certes, pas à sa réputation s’agissant de sa spécialisation en matière d’ostéichtyens et autres téléostéens, en d’autres termes, le saumon, le turbot, la sole, le Saint-Pierre, le loup ou la dorade Royale pour ne citer qu’eux. Si le chemin qui y mène est quelque peu, comment dirais-je, « labyrinthique » (du fait de l’accès par le parking Saint-Benoît), et la salle d’« hiver », pour le moins, « kitschissime », la terrasse (bâchée en cette période), quant à elle, révèle un petit « trésor » d’exposition face au port Hercule, au rocher, au Palais Princier et, bien évidemment, à la « grande bleue ». Le service n’est pas, il faut bien l’avouer, des plus « stylés » (malgré l’effort évident fourni par notre serveur). Le sommelier (si je puis dire) ne fait pas franchement dans le « grand art » œnologique, même si la coupe de champagne Taittinger rosé qu’il nous amène aurait eu pour mérite de « rééquilibrer » la tendance. Les couverts ne sont pas, non plus, de toute première « fraîcheur » et mériteraient véritablement d’être « évincés » par du Guy Degrenne ou du Villeroy et Boch, par exemple. Cependant, n’étant venus là que pour « la » cuisine, il nous fallait bien faire abstraction de ces quelques « incommodités ». Allez, on se lance sur un marbré de foie gras de canard aux deux poivres et champagne qui s’avère onctueux, goûteux, et bien tempéré, en un mot « efficace ». La confiture de figues n’est pas, disons-le franchement, la meilleure qui soit, mais elle sait, malgré tout, se faire « apprécier » par nos papilles. Les deux escalopes de foie gras poêlées au vinaigre de porto sont follement « charmeuses » avec cette belle « robe » dorée qui témoigne d’un savoir-faire évident. Dommage qu’on les ait « affublées » d’un monceau de mesclun, à mon avis, parfaitement inopportun et ce même si la présentation serait plutôt flatteuse. L’assiette de saumon fumé, câpres et cebettes, s’« exprime » par une belle souplesse du produit, une texture « séduisante » et une saveur en bouche révélatrice. Mais, le meilleur restait à venir, avec une sole sautée « Belle Meunière » au beurre blond, généreuse, juste saisie, rosée à l’arête, parfaite en tous points, notamment, eu égard à une notoriété qui dépasse les frontières de la Principauté. Seule la poêlée de carottes, courgettes, navet, oignons et poivron m’est apparue relativement inadéquate et pas franchement « affriolante » ! Le turbotin est imposant, voire « arrogant », même si, après avoir été « débarrassé » de ses attributs et présenté en filets, il a pu subir une (légère) cure d’amaigrissement ! Tout comme le loup grillé au parfum de fenouil, il révèle une chaire « majestueuse » et suave. En cela, le chef et propriétaire du lieu, Marcel Athimond, remplit et respecte parfaitement sa « mission » avec une intégrité et une dextérité non feintes. Et, si l’assiette du Maître fromager Céneri est sans (réel) reproche, il n’en a, fâcheusement, pas été de même des desserts. Assurément, les crêpes Suzette (spécialité de la maison ?) auraient méritées un peu de « mise en scène », avec guéridon et préparation devant les convives ! Or, il n’en est absolument rien, et c’est fort regrettable ! D’autant que l’on ne sait pas trop s’il s’agit véritablement d’une orange sanguine qui aurait été utilisée, ou bien d’un banal pack de jus d’orange « industriel » ! Le royal au chocolat, ou rose des vents, affiche rapidement ses « limites ». Pâteux à souhait, il n’emporte franchement pas l’enthousiasme et ce n’est pas la « crème anglaise » avec coulis de fruits rouges qui révèlera le moindre intérêt. La tarte au citron meringuée le laissera se « dépêtrer » dans cette délicate situation, d’autant qu’elle n’aura aucun argument à opposer pour sa « défense » ! Quasiment insipide, elle interpelle par sa relative « absence » ! Un « détail » révélateur auquel il serait judicieux de remédier prestement !
Fermé le dimanche soir et le lundi.

Restaurant Le Saint-Benoît
10 ter, Av. de la Costa – 98 000 Monaco – Tel + 377 93 25 02 34
(Parking de la Costa 5e niveau) www.monte-carlo.mc/lesaintbenoit

Le Petit Paris - 06 400 Cannes


Eclectisme culinaire

C’est l’un des lieux « branchés » de Cannes connu pour son éclectisme et ses multiples « talents » culinaires. Nonobstant le fait que vous puissiez vous y sustenter (presque) à toute heure, ce bistro (très) Cannois sait prodiguer des charmes inaccoutumés, voire surprenants. La déco fait dans le « velouté », tons gris et bordeaux dominants, mur tapissé couleur rouge Cartier, chaises bistro, banquettes et tables surélevées et box « suréminents », mais l’atmosphère est beaucoup trop assourdissante à mon goût ! Même la musique est (quasi) « imperceptible » à l’heure du déjeuner, c’est dire que l’endroit « favorise » les échanges !
Pour l’accueil, rien à redire ! Affabilité et disponibilité sont ici de mise ! La carte est suffisamment pléthorique pour faire longuement hésiter ! La poêlée de champignons du moment, légèrement aillée, et ses épinards croquants, fait dans l’humilité mais aussi dans la spontanéité. Le foie gras (eh, oui, encore lui !) de canard mi-cuit en terrine, et pain de campagne grillé, verserait, quant à lui, dans la rusticité mais de bon aloi. Par contre, la ciboulette sur le foie m’est apparue parfaitement incongrue même si le foie était (il faut, désormais, en parler au passé), sincèrement et généreusement proposé. Au vu d’un tajine d’agneau, à la table voisine (voisine qui n’hésitera pas à me proposer de goûter dans son assiette ! Sic !), il était immanquable que nous le testions !
Goûteux, il l’est indéniablement ! Mais la semoule « décevra » (tout relativement) quelque peu ! Un mélange de petits et gros grains eut été beaucoup mieux adapté ! Quant à la côte de bœuf, malgré un temps mort exagérément long entre les plats, elle se révèlera « gargantuesque » même pour deux solides appétits ! Servie, et prédécoupée, sur planche, elle se présente sous ses meilleurs « atours », avec une excellente sauce béarnaise maison, une purée et un gratin minutes des plus aguichants. S’agissant de l’instant des desserts, l’effort ne faillira pas (trop) et l’on appréciera tout autant la mousse chocolat-framboise (hormis ces dernières assez inopportunes !), coque chocolat noir et blanc, la tarte aux pommes fine, glace vanille dommageablement « griffée » Carte d’Or, que le tiramisu pourtant un poil trop « liquide » ! Une adresse à découvrir ou a redécouvrir, sans a priori majeurs. Menu à 29 €, formules à 14,90 € et 18,90 €.
Ouvert de 7h30 à 1h du matin, cuisine non stop de 12h à 00H.

Le Petit Paris
13, rue des Belges – 06 400 Cannes- Tel : 04 93 38 88 60 / contact@le-petitparis.fr

vendredi 28 mai 2010

Côté Place - 06 210 La napoule


Sans particularité, ni singularité…

Effectivement, il se trouve bien à côté de la place ce « petit » bistrot-restaurant dont la déco fait dans la sobriété avec, cependant, quelques notes d’originalité. Mûrs gris et marrons clairs, fenêtre ovale, petit escalier menant à une mezzanine, et très joli couloir lumineux (bleuté) vous « guidant » vers des toilettes assez exceptionnels compte tenu de la « discrétion » des lieux. Il est fort dommage de « croiser » sur son chemin (à droite), dès l’entrée de la cuisine, une vitrine réfrigérée pour les glaces (Cartes d’Or) et autres condiments ! L’accueil de Mademoiselle Deffalet est charmant et fort engageant. Elle nous installera donc face à la fenêtre au fond de la minuscule salle (la plus mignonne, soit-dit en passant). Après quelques conseils bienvenus, les antipasti façon « Côté Place », jambon cru, tomate, mozzarella, copeaux de parmesan, aubergines à l’huile d’olive, courgettes et gressin, le tout généreusement « exposé » dans une (très) grande assiette, engagent l’ouverture du « bal » gustatif. Avec son duo de foie gras en chaud et froid, son chutney, et son verre de Sauternes, on pressent déjà quelques « disfonctionnements » d’autant que le foie au naturel (issu regrettablement d’un bloc !) est « pétrifié » par le froid ! Le foie poêlé, quant à lui, se trouve beaucoup trop saisi et quasiment « liquéfié » ! Ce n’est, certes, pas le Brouilly - Cave du château des Loges- cru du Beaujolais – 2008, fort honorable au demeurant, qui rattrapera ce « relatif » dérapage culinaire. Le magret de canard se révèle un poil trop cuit ce qui est assez pénalisant. Les frites sont maison et s’accommodent aisément d’une sauce aux cèpes plutôt réussie, certes pas magistrale, qui ne « magnifie » toutefois pas vraiment une ratatouille, des carottes et des haricots verts « sans âmes » ! Heureusement que le pavé de thon mi-cuit, sauce tomates au curry est (presque) idéalement saisi et que l’association se révèle finalement goûteuse en bouche. La daurade (environ 400 gr) grillée, du jour, est elle aussi un poil trop saisie (une constante dont le chef devrait se débarrasser prestement) à l’arête et révèle ainsi une chaire « austère » et sans véritable attrait. En outre, on ne pourra pas dire que l’assortiment de légumes fasse dans l’excentricité ou la fantaisie ! On retrouve la même « déclinaison » que pour le magret, sans la moindre particularité, ni singularité. Fâcheusement, les desserts ne relèveront pas franchement la « tête » d’une table qui, si elle n’en prenait rapidement conscience, rejoindrait la cohorte des tables pour le moins « imprécises » ! L’ile flottante, le dessert du jour, n’a rien de transcendant, ni pour la crème Anglaise, ni pour les blancs en neige. Il en va pratiquement de même pour une crème brûlée honorable sans plus ! En l’occurrence, le sablé Breton aux kiwis n’aura pas le bonheur de nous séduire, d’autant que le kiwi s’avère parfaitement incongru en la circonstance.

Côté Place
21, place de la fontaine – 06 210 Mandelieu La Napoule – Tel : 04 93 47 59 27

Le Lagon plage - 06 220 Golf Juan



Une énergie sans faille

« Adossée » au port Camille Rayon, cette « petite » plage vous réserve bien des surprises avec son style paillote, ses parasols turquoises et marrons clairs, son coin « salon », ses chaises tressées et ses matelas qui s’étirent jusqu’au bord de l’eau ! L’atmosphère est intimiste, si ce n’est familial. Mais, ici la musique n’adoucit pas les mœurs, bien au contraire, fonction de la puissance « envisagée » on aurait même tendance à en avoir plein les oreilles ! Le nouveau chef, Gabriel Degenne, s’efforce d’insuffler, depuis le mois de février dernier, une énergie sans faille à une cuisine qu’il souhaiterait inventive voire astucieuse, mais qui, par certains côtés, se chercherait encore quelque peu. Néanmoins, si le service est (quasi)irréprochable, sourire et bronzage de rigueur, la carte pourtant prometteuse aurait tendance à décevoir. Ce n’est pas vraiment le millefeuille de tomate cœur de bœuf et mozzarella di Buffala au pistou, qui nous interpellera d’autant que le cœur de bœuf est (assez) bien choisi (rien d’extra cependant) et que la mozzarella se révèle fort goûteuse. Non, ce serait plutôt du côté d’un foie gras au naturel accommodé (fort curieusement) avec des pépites de chocolat ! Là, je dois avouer avoir trouvé l’alliance plus qu’incongrue, si ce n’est même agressive en bouche ! Le caramel, façon chutney, au beurre salé ne fait, lui non plus, pas franchement dans la « tendresse » gustative. Il ne magnifie pas, loin s’en faut, le produit ! Si vous appréciez l’exotisme et les fast-foods, le burger aux gambas (plutôt des grosses crevettes roses), pommes grenailles en brochette (excellentes, soit dit en passant), est fait pour vous. Quant à la sole meunière elle apparaît, certes « désarêtée », mais un poil trop saisie ce qui, à la découpe, ne s’avère pas si rédhibitoire. La « bête » est généreuse (au moins 400 gr) et « expressive » ! La mini ratatouille en verrine s’exprime là joliment mais ne parvient pas à « déchaîner » l’enthousiasme ! Le riz, toujours en verrine, manque d’accommodement et se révèle très sec. Toutefois, les deux Teryaki de pavés de saumons, nouilles chinoises et champignons noirs, sont, malgré tout, plutôt révélateurs des talents du chef. Cuisson juste et arômes préservés. L’assiette de fromage Corse se laissera déguster sans véritable résistance. Le produit est rustique, si ce n’est authentique. Il s’exprime parfaitement en bouche, notamment, avec une confiture de figues ou des tomates séchées. Le Château La Martinette-rosé Colombier-2009 jouera sereinement son rôle, à savoir celui de « distraire » nos papilles. Il en sera de même pour le moelleux au chocolat fort honorable au demeurant, cœur coulant, qui méritait mieux, à mon humble avis, qu’une glace vanille Carte d’Or ! Le crumble de fruits frais ne parviendra pas à nous convaincre, d’autant qu’en fait de crumble gratiné on découvre, plus exactement, une compotée saupoudrée de spéculoos émietté ! Un peu « léger », avouez-le ! La crème de mascarpone aux fraises, et biscuit fondant, servi e en verrine, a contrario, dévoilera un savoir-faire indéniable. Onctuosité, suavité, si ce n’est succulence. Un constat qui ne parviendra, malgré tout, pas à « zapper » quelques lacunes…
Ouvert à l’année. Music by Johny.Be.

Le Lagon Plage-Plage-Lounge Bar
Avenue des Frères Roustan – 06 220 Golf Juan – Tel : 04 93 67 25 46 / 06 09 20 02 08
Lagon-plage@live.fr

jeudi 27 mai 2010

Le Perroquet - 06 160 Juan-les-Pins


Un chef vertueux

Si le lieu abritait, en sous-sol, dans les années 20, le « célébrissime » Whisky à Gogo (vous savez le « coffret » de nuit !), au jour d’aujourd’hui, c’est un doux et multicolore cacatoès qui « veille », du fond de la salle (où il est peint dans une alcôve sur fond noir), à votre « bien-être » gustatif. L’ambiance est, certes, « sobrissime » avec des teintes dominantes beiges, marrons et rouge Cartier, des nappes immaculées et puis des tableaux « vinicoles » de Fanny Meyssard de-ci de-là. Le choix de notre table se fera, sans la moindre hésitation, entre la salle et la terrasse un peu trop ensoleillée à notre goût en ce jour d’Avril. La carte remise par un serveur consciencieux et vigilant (chose assez rare) ne fait pas dans la mélancolie et, bien au contraire, aurait tendance à dévoiler une quête d’excellence, celle du chef Olivier Rocher. Avec deux menus à 29 et 36 € aussi pléthoriques que généreux, on est certain de trouver là son bonheur ! Cependant, c’est sur la carte que nous aurons jetés notre dévolu. Le tartare de crabe, crème au pamplemousse rose et avocat est « inattaquable » tant par la préparation que par la fraîcheur des produits. C’est un beau classique du genre comme on les aime tant ! Le foie gras au naturel (pas cuit au bain marie) fond littéralement en bouche et nous « bouleverse » d’autant plus qu’il s’allie divinement à une compotée de pruneaux et oignons mémorable. Les nems de saumons fumé à la crème de ciboulette citronnée en « rouleau de printemps » fait quasiment dans le magique ! Le Château de Montlus-Côte Rôtie-2005 s’avérera le nectar idoine en la circonstance. Et, si la sole meunière fait honneur à nos sens en émoi, c’est que malgré un beurre blanc un poil décevant, elle sait être des plus convaincante. Les grosses gambas grillées (décortiquées) font certes dans la finesse mais également dans l’hallucinant. Il est vrai que cela change de ces chefs qui tenteraient de nous « leurrer » avec de « simples » crevettes grillées ! L’assortiment de poissons saisis au grill dénote à lui seul un savoir-faire indéniable, d’autant que le loup, le Saint-Pierre, le rouget et la (grosse) gambas, sont bien de « nobles » origines. Quoi de plus logique, dés lors, que de miser, en gourmands (et gourmets) qui se respectent, sur un café gourmand à l’armagnac avec son petit (pas si petit d’ailleurs !) moelleux au chocolat, son mini (pas si mini) tiramisu et sa crème glacée à la vanille issue d’un petit artisan glacier local. La véritable tarte tatin, caramélisée et renversée, fera son « petit » effet de séduction. Mais le « clou » du spectacle gustatif, celui qui mène à l’« état de grâce » vos papilles, c’est l’omelette Norvégienne (individuelle), flambée et « crépitant » avec en son cœur une superbe et aguichante glace à la vanille Bourbon, si aguichante que nous en reprendrons deux fois ! Et, si certains guides, ou pseudo chroniqueurs gastronomiques, ne lui attribuent que des satisfécits mitigés, ou inadéquats, il n’en ira pas (du tout) de même avec votre serviteur qui vous recommandera chaudement ce chef vertueux !

Restaurant Le Perroquet
Avenue G. Gallice – La Pinède – 06 160 Juan-les-Pins – Tel : 04 93 61 02 20

dimanche 2 mai 2010

Restaurant Le Riou - Mandelieu La Napoule


Il n’a aucune chance de vous décevoir

Le restaurant de cet Hôtel **** jouxtant le port de La Napoule, fait dans la relative discrétion, mais n’en révèle pas moins des atouts indiscutables. Le lieu peut apparaître un peu « kitch » quoiqu’il soit dans un état de conservation quasiment irréprochable ! La traversée du hall, via le restaurant, ne nous prendra que quelques secondes. Un personnel (assez) stylé et affable, nous invite à prendre place, « face au port », dans une petite alcôve, juste sous des poutraisons. Là, confortablement installés sur des chaises en bois naturel et métal, un coup d’œil sur la carte nous en dira assez long sur les capacités du chef, François Richard. Restait à s’en assurer ! Le service est prompt, et ce ne sera une surprise pour personne, si nous nous trouvons « prestement » en phase de dégustation. Le saumon fumé (par leurs soins), toasts légèrement grillés, « fleure » bon ses origines nordiques. Tout à la fois goûteux, moelleux, et discrètement « croquant ». Les deux terrines de foie gras, au naturel et au cognac, n’ont aucune chance de vous décevoir, sauf que moi, contrariant comme pas deux, je choisirais l’aspect naturel de la chose, le côté authentique du foie ! Vous devinerez lequel aura été mon préféré ! La sole meunière, purée de pommes de terre à l’ancienne au basilic et à l’huile d’olive soit-dit en passant d’une onctuosité sans faille, fait, certes, dans le « classicisme », mais avec un produit au-dessus de tous soupçons ! Le carré d’agneau cuit en cocotte aux herbes, pommes, ananas, parfaitement rosé, ne reniera pas son « ascendance », tout comme le filet de bœuf au foie gras à la façon du chef, certes, un poil trop saisi (quelques secondes d’inattention fatidiques !) aux carottes, asperges vertes et haricots plats exemplaires en tous points. Côté douceurs, la tarte aux noix séduit ne serais-ce qu’au « regard », un « effet » confirmé en bouche. Elle remplit parfaitement son rôle. Le moelleux au chocolat noir cœur fondant à la pistache, glace vanille, ne fait pas dans la dentelle ! Il « attaque » en force mais, cependant, tout en délicatesse ! La poire Martin Sec pochée au Château Coussin rouge, parfumée à la cannelle, et son sablé à la cassonade, est finalement d’une simplicité « redoutable ». Tout réside dans cette alliance subtile des saveurs dont François Richard s’est fait une spécialité.

Hôtel Ermitage du Riou-Restaurant Le Riou
Av. Henri Clews – 06 210 Mandelieu La Napoule – Tel : 04 93 49 95 56
www.ermitage-du-riou.fr

Carlton Restaurant - 06 400 Cannes


Une légende de la Croisette

L’âme de ce Palace « mythique » pour certains, et suranné voire désuet pour d’autres, ne peut, indéniablement, laisser insensible. Face à lui, on aurait tendance à se sentir minuscule, non pas tant à cause des nombreuses personnalités du monde politique, industriel, des Arts et des Lettres, ou du spectacle qui ont, indiscutablement, « marqués » l’endroit de leurs empreintes, mais, assurément, du fait d’un « charisme » manifeste qui s’en dégage. Il était donc assez logique que l’on soit amené à « éprouver » l’un des « poumons » de cette « légende » de la Croisette, son « cœur » culinaire, en un mot le restaurant ! Dans une déco de bon aloi, à l’ancienne, aux sièges tressées, aux nappes beiges et aux couverts en argent (massif ?), le service est (assez) bien réglé, pas vraiment impeccable, mais plutôt appréciable ! L’atmosphère, le jour de notre visite, devient progressivement « étouffante » du fait d’un soleil de plomb, mais pas un seul employé, ni directeur de salle d’ailleurs, n’envisagera ne serait-ce que d’entrouvrir une fenêtre ou une porte ! La climatisation aurait-elle eu quelques ratés ? Pourtant, curieusement, on se sentirait presque bien, peut-être un peu trop ! Tout est paisible ! Le (mini) caviar d’aubergine à la noix de Saint-Jacques vient « rompre » un silence (quasi) olympien. Le Domaine Faiveley-Gevrey Chambertin-1er cru-La Combe aux moines sélectionné sans l’avis d’un sommelier « convainquant » vient délicieusement titiller nos papilles. Les makis tièdes de chaire de crabes Royaux à la crème délicate, glace au wasabi, orties noires, et râpée de citron vert, engendrent, déjà, un bel enthousiasme, même s’ils ne sont que deux spécimen pour nous provoquer en un « duel » gustatif. Le chef, Laurent Bunel, nous semblait, alors, bien assuré et efficace ! Les asperges blanches pochées, mousseline à la mélisse, œuf poché, mesclun et asperges vertes rôties aux sucs de truffes font dans la simplicité raffinée. C’est là tout l’art d’accommoder des produits de saison et de les valoriser subtilement, et savamment. Petit bémol, la cote de veau épaisse rôtie simplement, « préconisée » par le maître d’hôtel bien à point, et requise opiniâtrement bien rosée, révèle rapidement une « imprécision » de cuisson, et ce ne sont pas les graines de poivre et les légumes nouveaux poêlés, caramel, oseille juste fanée au beurre noisette, qui rattraperont la franche omission ! Le ris de veau présenté en mini poêlon, girolles et carottes nouvelles confites au pain d’épices, déconcerte immanquablement. Si le ris de veau méritait une (beaucoup) plus grande générosité, il n’en demeure pas moins assez justement saisi. Les girolles, toutefois, m’apparaîtront pour le moins « caoutchouteuses », et leur arôme assez confondant ! La sole poêlée « Belle Meunière », pourtant tarifée à la carte quelques 65 € (ce qui n’est pas rien !), aurait méritée un « service à part » avec guéridon, chauffe plat, poêle en cuivre et préparation dans les règles de l’Art ! Que nenni ! On nous amène une sole convenable, sans plus, certes « désarêtée », mais pas totalement et, à notre humble avis, beaucoup trop saisie ! Le côté magique de la prestation est passé à la trappe ! Fâcheux pour une table dont, indéniablement, on aurait attendu tout autre chose ! La table n’aura pas été débarrassée de ses inévitables miettes de pain. Une attention pourtant devenue obligation ! Le moment de vérité, celui des desserts, aura, toutefois, tendance à rehausser quelque peu le niveau avec un soufflé tradition au Grand Marnier, glace vanille, délectable et séducteur en diable ! La pomme d’Amour, caramel beurre salé, bien que minimaliste, se révèle fort heureusement conçue, et sapide à souhait (surtout le caramel beurre salé) ! Le pain de Gène en coussin, fromage légèrement sucré, eau de framboise pépins ne m’aura pas vraiment convaincu, même si ses « arguments » apparaissaient pertinents. Quant au Crystal de chocolat noir, café pur arabica, lait battu façon crème brûlée, croquant aux amandes, il dénote, malgré tout, un beau « savoir-faire ». Nos papilles auront appréciées tant il est vrai que, préalablement, il faut bien l’avouer, elles auront été, pour le moins, « affligées » par une kyrielle d’errements parfaitement inacceptables pour un lieu quasi mythique !

Hôtel Intercontinental Carlton - Restaurant
58, La Croisette – 06 400 Cannes – tel : 04 93 06 40 06

Cave Croisette - 06 400 Cannes


Il s’exprime rageusement…
Non, « il » n’a pas (trop) changé ce lieu dédié au Dieu Bacchus et à la « discipline » d’Auguste Escoffier, dévoué à votre entier plaisir gustatif ! Depuis notre dernier passage en Novembre 2009, c’est derrière les fourneaux qu’il y a eu du bouleversement avec la venue d’un tout nouveau chef, Philippe Selles. Prometteur en diable, il s’exprime « rageusement » mais, délicatement, notamment, au travers d’une « simplissime » terrine maison au four, pistaches, petits cornichons croquants et confiture de figues, à vous damner les papilles ! Le jambon Ibérico Pata Negra M. Diaz (30 à 36 mois de maturation) est idéalement tranché. Avec ses « gros » câpres, il dévoile, en rondeur, tous ses charmes, et quels charmes ! Le tartare de bœuf à l’Italienne, basilic, parmesan et tomates séchées, coupé au couteau, pommes de terre sautées à l’intégrale, ravira les plus pointilleux des gastronomes (culottes courtes ou pas !). Les raviolis aux cèpes, crème de cèpes et copeaux de Cérano font dans la (grande) générosité, mais en (relative) finesse. Cependant, il ne faudrait pas leur demander l’impossible, car cela reste, malgré tout, très crémeux, et donc pas (trop) recommandé pour les régimes stricts. Les coupes de Laurent Perrier (notre préféré) Vintage 2000 et, Ruinart rosé seront d’excellente compagnie ! Un magret de canard, jus court aux morilles et pommes sautées, ressemble à s’y méprendre à un plat asiatique « mis en scène » en verrine, du plus bel « effet » gustatif ! Les formules à 15,90 € le midi, du lundi au vendredi, (entrée + plat ou plat + dessert) ou à 22 € (pour les trois) sont (quasiment) imbattables à ce niveau de prestation et ce ne sont pas les desserts qui me démentiront. D’ailleurs, le baba au rhum vieux et sa crème fouettée représente l’une des jolies réussites du chef, parfaite en tous points. Il vous séduit, vous charme, vous captive en un mot il vous « ensorcelle » ! Le moelleux au chocolat, après 10 minutes d’attente (apparemment) interminables, vos papilles se montrant quelque peu impatientes, glace vanille et sauce (idéale) au chocolat noir, vous donnera des remords, beaucoup de remords, tout du moins celui de ne pas en avoir commandé un second !
Quant à la compotée de pommes à la cannelle, et sa mousse légère de spéculoos, elle associe avec maestria trois éléments, la pomme, le crumble et une crème (non fouettée) conçue au Bamix. Un indéniable « bonheur » qu’il vous faudra, tout comme nous, aller constater sur place !


Cave Croisette
151, rue d’Antibes – 06 400 Cannes – Tel : 04 92 59 14 22 / cave.croisette@orange.fr

Maître Renard - 06 400 Cannes


Un « repère » gustatif

En grimpant la « petite » rue Saint-Antoine on ne peut franchement pas « le » manquer ! Mais qui me direz-vous ? Le « repère gustatif » de Maître Renard, biensûr ! Tout de noir et blanc vêtu, « toqué » bien au-delà des cheveux, Philippe Renard, le chef et maître des lieux, vous réserve l’un de ses accueils dont il détient le secret. Dans une ambiance (hyper) cosy où le rouge, indéniablement, règne en Maître absolu (après Philippe, biensûr !), entouré de tableaux, l’une de ses (autres) passions après l’Art culinaire, Philippe et son équipe (la même depuis l’ouverture) mettent les petits plats dans les grands. Personnellement, il nous installera, en terrasse, avec vue sur la rue (ce jour là, pas trop passante). Au son d’une musique Jazzy (notez que la maison offre des spectacles de Jazz tous les vendredis et samedis soir), face à un gros bouquet de lys jaunes, nous voilà clairement en état de vulnérabilité, sachez-le, car ici, c’est Philippe qui mène le « bal culinaire » ! Il est incontestable qu’avec ses formules à 29 € (3 entrées + 3 plats + 3 desserts) et 34 €, la plus généreuse à mon humble avis (6 entrées + 7 plats + 7 desserts), ou à la carte avec un coût moyen de 37 à 61 €, cette table se situe incontestablement parmi les plus « rusées » du secteur Cannois. L’œuf cocotte au foie gras et à la truffe est, certes, séduisant rien qu’à l’énoncé, mais bien qu’il me rappelle de doux souvenirs d’enfance, il n’en demeure pas moins un poil trop saisi et l’on aurait préféré une crème de foie gras et non des morceaux, tout comme, d’ailleurs, pour la truffe qui aurait beaucoup mieux dispensée son arôme. Par contre, les mouillettes de pain d’épices au poivron rouge sont très engageantes ! Le saumon de Grawlax (l’un des meilleurs qui soit), fumé maison (c’est réellement le cas), est souple et goûteux, il « fond » en bouche sans la moindre résistance. Les « gros » appétits regretteront peut-être qu’il n’y en ait pas eu une troisième tranche ! Le foie gras de canard maison aux fines saveurs du sud de l’Afrique révèle une belle texture, ni trop ferme, ni trop tendre, et une saveur en bouche fort attachante. Le travers de porc, sauce aigre douce, pommes de terre frites maison n’est, certes, pas le meilleur qui soit, du fait, véritablement d’un « produit », comment dirais-je, manquant quelque peu de tendresse ! Mais, caramélisé comme il se doit, il divulgue à nos papilles, malgré tout, de « belles » sensations. Le tournedos de canard façon Rossini dévoile, certes, une jolie crème aux morilles fraîches (l’idée de la framboise au naturel n’est pas désagréable), et un foie gras poêlé de belle facture, mais, par contre, il se révèle un poil trop saisi (cependant, c’est là affaire de goût) et donc raffermi. La (fine) julienne de courgettes et carottes, quant à elle, séduit dés le premier coup de fourchette. Un point assez négatif concernera les petits pains (relativement, pour être sympa) indignes d’une table qui se respecte ! Il eut mieux valu, sincèrement, utiliser une bonne et simple baguette de qualité … Le filet de bœuf, sauce morilles et sa mousseline de pommes de terre montée aux truffes représente un bel exercice de style sans atteindre, cependant, des sommets. La crème fraîche y est, encore une fois, très (peut-être un peu trop) présente mais l’alliance avec les morilles demeurera assez engageante. Il est vrai qu’en Breton qui se respecte, Philippe en aura certainement omis d’avoir une (petite) pensée pour les clients soumis à un régime (plus ou moins) draconien ! Côté desserts, on restera sur un bilan somme toute assez mitigé, tout d’abord avec une crème brûlée aux trois parfums qui prendra, en fait, la forme de trois minis crèmes « enflammées » (réellement, avec le briquet et tout le reste !) sans trop d’intérêt à mon goût. On lui aurait préféré, pardonnez-moi du peu, une « simple » crème brûlée à la vanille Bourbon ! Le moelleux au chocolat (maison), quant à lui, remportera beaucoup plus de suffrages, d’autant qu’il sera accompagné d’une crème mentholée (pas très mentholée, d’ailleurs) pas vraiment déplaisante. La gourmandise de Maître Renard aurait pu, tel un (bon) café gourmand ou une farandole, devenir un bel instant gustatif, sauf que, mis à part la boule de glace à l’ananas, et la tranche de moelleux au chocolat, l’« excédent » ne sera pas au niveau (pour rester là mesuré) de nos espérances, tartelette aux pommes en tête ! Gageons que notre souriant et fort affable maître queux percevra notre « message » (très) cordialement délivré et qu’il remédiera à quelques « réglages » de rigueur, d’autant qu’à l’image de sa « mascotte » il en a toutes les ressources !

Maître Renard
4, rue Saint-Antoine
06 400 Cannes - Le Suquet- Tel : 04 93 39 99 38

Le Moulin de Mougins - 06 250 Mougins



Des « Etoiles » plein les yeux !


C’est l’un des « pédigrées » culinaires les plus anciens, et brillants de la côte d’Azur, l’une de ces tables où l’on se rend avec des « étoiles » plein les yeux, et donc, par voie de conséquence, avec des exigences à la hauteur de ses espérances…Le « moulin » dégage toujours une aura indéniable, un charme (quasi) ravageur, même si, par rapport à l’« ère » Vergé, l’ambiance et la déco se sont passablement « refroidis » depuis le « passage » d’Alain Llorca aux commandes de cette institution du bon goût à la Française. Fâcheusement, l’« embellissement » (ou considéré comme tel) du lieu décidé à l’époque, sur la base d’une « suréminence » du blanc (mûrs, lustres, etc., etc.) n’a pas été remise en question depuis l’arrivé de Sébastien Chambru, un M.O.F 2007, « bourré » de talents, disait-on ! Il nous fallait sur le sujet, une appréciation objective et scrupuleuse. Si l’accueil, dés l’entrée, se révèle assez courtois, avec les formules de bienvenue habituelles et tant espérées (?), il n’en va pas du tout de même de l’espace réduit, situé sous une bâche, où l’on avait choisi (qui donc ?) d’entasser les convives (plutôt du 3ème âge, d’ailleurs) en ce vendredi de Février 2010. En cette période de fonte des neiges (certes, exceptionnelle) vous imaginez le tintamarre occasionné sur la bâche pour nos frêles oreilles ! De quoi déguerpir illico ! Ce que nous n’avons pas manqué de faire, avec l’élégance qui nous caractérise (n’en doutez pas), tant il est vrai que personne, direction en tête, pourtant présente ce jour là, ne nous l’aurait proposé ! Résultat, nous voici seuls à table en salle à passer commande. Les autres convives n’ayant pas même perçus le raffut, ou, tout bonnement, pas osé en faire état ! Toujours est-il que, prestement, peut-être même un peu trop (il faudrait savoir !), la commande à peine passée auprès d’un chef de salle « inquisiteur » et assez mauvais « conseilleur » (un carré d’agneau selon lui se prévoyant à point et non bien rosé ! sic), un velouté de potimarron au curry, noix de Saint-Jacques rôtie, vient titiller nos papilles avec cette alliance subtile du curry dominant et du potimarron résistant. Le risotto Parmesan fumé et Burratta, dévoile un riz carnarolli et une mozzarella de très belle facture dans une mise en scène excellemment ordonnée. Les poireaux et pommes grenailles en salade, vinaigrette truffée, auraient méritées un petit foie gras poêlé sur les pommes émincées, même si l’agencement, façon bambou, est aguichant à plus d’un titre tant en bouche qu’à l’œil. L’osso Bucco de veau à la Milanaise, pommes grenailles en écrasé à la cebette est, certes, délicatement conçu, moelleux et goûteux, mais il laisse, malgré tout, comme une impression d’insatisfaction peut-être due à un manque de générosité du produit. La daurade Royale (vous savez celle avec la petite couronne jaune derrière la tête !) rôtie au four, tortellini, épinards à la ricotta, divulgue un trio bien équilibré et savoureux. Le beurre blanc se révèle impeccablement réalisé, et sa consistance ne saurait tromper un œil « averti ». Les côtes d’agneau à la plancha, pommes et ails confits, jus court, ne sont, par contre, pas dignes du lieu, d’une part en raison d’un agneau qui s’avère hyper « maigre », mais également d’une association des mets pas transcendante pour un sou ! Le Bourgogne –Hautes Côtes de Beaune – Clos de la Perrière – Domaine Parigot – 2007 honorera « astucieusement » les fromages de Robert Bedot. Le chef sommelier, Patrick Baroti, mérite une mention toute particulière (pas comme le maître d’hôtel) pour sa compétence en la matière, son conseil judicieux et sa gentillesse, tout comme d’ailleurs (l’autre) Patrick, le serveur Pakistanais. Du côté des desserts, l’affaire « roulerait » certainement un peu mieux, avec une pomme fondante en effeuillée caramélisée, crème légère au nougat aguichante de par sa présentation en millefeuilles, et insolite en bouche. Le crémeux de pistache, framboise en gelée, en strates chocolatées ne provoquera, pourtant, aucune ferveur particulière ! Pourquoi « jouer » les subjugués ? Le craquant de chocolat blanc, passion, chutney aux fruits exotiques en pyramide n’obtiendra pas, tout comme ses deux « prédécesseurs », une franche adhésion. Seule la Zuppa Inglese, fraîcheur meringue à l’Expresso, nous séduira par sa légèreté et sa finesse. Il est, toutefois, regrettable de noter que ces desserts ont en commun une saveur pour le moins minimaliste et qu’ils se présentent quelque peu « aseptisés » ! Nous apprendrons par une indiscrétion de circonstance, que le chef n’aurait pas été, ce jour là, derrière les « pianos », mais est-ce une raison suffisamment valable pour que l’ensemble de la prestation fut aussi, comment oserais-je dire, « effacée », discrète si ce n’est même « timide » ?

Le Moulin de Mougins
Avenue Notre-Dame – 06 250 Mougins – Tel : 04 93 75 78 24
www.lemoulindemougins.com