samedi 19 juin 2010

La Cave - 06 400 Cannes



Il se convoite, se cajole…

Vous savez, il est de ces lieux qui ne « prennent pas une ride », même après deux décennies d’existence, et même si Marc Berrut, le chef et patron, a bien pris quelques cheveux blancs, il mène toujours « tambour battant » son petit « monde » en cuisine avec l’aide de son fils, Norman. L’atmosphère tourne toujours autour des ardoises stipulant les plats du jour et les vins préconisés, des étagères emplies de différents cognacs dont l’inimitable Louis XIII et puis cette incomparable cuisine ouverte sur la salle (hyper bien aérée) qui nous offre toujours ce « spectacle culinaire » dont on ne saurait se lasser, joué à huit mains ! Il est incontestable que l’on ressent, ici, une belle constance dans l’ouvrage ! Le personnel a résolument opté pour la convivialité sans sombrer, cependant, dans l’excentricité ! Côté cuisine, les sardines farcies à la brousse et à la menthe fraîche, se révèleront délicates en bouche, sapides et révélatrices d’un joli talent d’exécution. La salade d’artichauts à l’anchoïade dévoile de succulents petits artichauts violets en émincé « transcendés » par une purée d’anchois bien affinée, un peu trop à mon goût, oserais-je affirmer ! Les ravioles sauce péconiro et truffe feront mieux encore avec une subtilité et un raffinement dans l’alliance indiscutables. La mini côte de bœuf au naturel, simplement grillée, découpée dans la « bête », devant nous (ou presque), ce qui nous fera indéniablement « saliver », respectera tous ses « engagements » ! Les carottes, brocolis, gratin Dauphinois, flan de courgettes et purée à la moutarde ancienne, le tout frais et maison, ne rencontrerons pas que des amateurs ou des inconditionnels, mais on ne pourra leur reprocher la moindre inapplication ! Goûteux, le confit de canard, avec son « gros » gratin Dauphinois, et sa salade mélangée, l’est indiscutablement. Il fait honneur au chef mais également à son fournisseur ! Le duo de ris et rognon de veau, rosé à cœur, s’exprime ouvertement dans notre assiette avec une sauce crème, certes, exquise mais on en peut plus roborative ! Il me faudra quasiment toute l’après-midi pour m’en remettre ! Ceci dit, il est des estomacs beaucoup plus « athlétiques » que le mien qui n’auront pas à « subir » ce genre de désagréments !
Côté cave, le Meursault-Clos des Mouches- Henri Germain et Fils-2004 se révèlera un « compagnon » idéal ! Rond en bouche, il s’exprime déjà fièrement avec des tannins fruités. Côté desserts, la crème brûlée fait, certes, dans le traditionnel, mais avec une relative excellence, le tiramisu aux framboises, pourtant pas franchement notre « tasse de thé », ravira nos papilles bien avant que notre sens inné de la critique ne s’émeuve ! Il a fait l’objet d’un soin gustatif tout particulier et ne saurait subir la moindre objection. Le clafoutis aux abricots, et non aux poires comme annoncé, est un « petit bijou » d’onctuosité et de saveurs. Servi tiède il remporte tous les suffrages au superlatif ! La mousse au chocolat au lait et chocolat noir fait dans la grande, très grande suavité, voire dans le velouté. On vous aura prévenu, ce bistrot là se « convoite », se « cajole » et oblige au respect ! Toutefois, il se doit d’être consommé avec modération .


La cave
9, Bl de la République – 06 400 Cannes – Tel : 04 93 99 79 87
www.restaurant-lacave.com / info@restaurant-lacave.com

Le Bistrot des Anges - 06 110 Le Cannet


Le « paradis » de la gastronomie

On avait presque oublié ce jeune chef (hyper) doué qu’est Bruno Oger, « le » chef ayant œuvré avec brio à la Villa des Lys, « le » resto-gastro de l’hôtel Majestic de Cannes. Et pourtant, depuis sa fermeture, la rumeur planait insidieuse, si ce n’est trompeuse, selon laquelle le chef aurait été en mal de « piano »… Que nenni ! Exit le qu’en dira-t-on « arbitraire » ! Désormais, le projet de Bruno Oger arpentait les milieux autorisés, un projet, disait-on, pharaonique, délirant, si ce n’était, démentiel ! Les chiffres se « répandaient » mais rien de vraiment tangible ne transpirait ! Nous avons eu le privilège extrême (si je puis dire) de pouvoir « contempler » l’avant et l’après, la phase finale de chantier et, au bout du compte, celle de l’efflorescence qui eut lieu en ce 8 du mois de Mai 2010. Quelques jours plus tard, la pression une fois retombée (ou presque), nous gravissons l’allée (fraîchement goudronnée) menant au Bistrot des Anges, « le » Bistrot du chef, l’un de ses trois « univers ». La bâtisse du XVIII ème siècle « restaurée » par Bruno Oger, respire, cependant, une réelle authenticité celle du talent incontestable de ce chef brillant et ingénieux. En salle, sous la véranda, ou en terrasse sous les canisses, le choix nous est offert de choisir ! Allez, ce sera la terrasse, et sa table ronde ! L’accueil est, certes, professionnel, et surtout emphatique, mais manque quelque peu de spontanéité ! Ce qui surprend, par ailleurs, c’est ce calme dominé par le tumulte des véhicules (montant et descendant la bretelle de l’autoroute), lui-même « édulcoré » par les stridulations des oiseaux, et le bruissement de la fontaine subtilement positionnée en bord de terrasse, en fait un long muret de pierres apparentes ruisselant d’eau déversée. Si ce n’était les serviettes en papier qui s’envolent à la première brise venue (pas vraiment louable pour une telle table !), j’aurais tendance à dire que nous sommes bien ! Avec une formule à 29 €, et des plats de 17 à 58 € (ce qui n’est pas malgré tout pas dérisoire), vous avez la possibilité d’accéder à ce petit « paradis » de la « bistronomie » ? La carte fait dans la (toute) relative simplicité, pas d’appellations tapageuses ou grandiloquentes. Deux marbrés de foie gras de canard aux épices, et un tian de légumes grillés au pistou, jeunes pousses de salades, et Focaccia, devraient faire notre bonheur. On aurait espéré déguster là un foie gras confondant, déconcertant, saisissant, en un mot un foie d’exception ! Or, s’il est, certes, de belle facture, il n’en dégage pas moins une (relative) insipidité, si ce n’est une (certaine) inconsistance ! Il manque véritablement d’âme ! Seule la compotée de lapin à la coriandre le sauverait de la déconvenue. Il en sera de même pour le tian de légumes qui n’arrivera pas, malgré une prééminence de poivre, à « captiver » nos papilles ! Le poulet chasseur à l’estragon, et ses tagliatelles maison, fait dans la finesse d’élaboration. Goûteux, il l’est indéniablement, mais il ne parvient pas à faire exception ! Pendant ce temps, le Domaine Ott-cuvée Château de Selle-2009, bien que chaleureusement « suggéré » par le sommelier (qui le plaçait, soit dit en passant, quasiment à toutes les tables autour de nous), aura des tendances « dévastatrices » dès lors que le sommelier se croira obligé, systématiquement, de remettre à niveau nos verres ! Bonjour pour les points du permis de conduire ! L’épaule d’agneau, dite de sept heures, semoule de blé et purée de dattes au citron confit, révèle un savoir-faire manifeste avec un agneau parfumé, tendre à souhait. La semoule, par contre, ne sera pas mémorable, loin s’en faut ! Fort heureusement, la langouste puce rose, sauce à l’armoricaine, sauté de primeurs aux fines herbes n’aura pas son pareil pour convaincre. Idéalement préparée, elle dévoile, outre une indéniable fraîcheur et qualité du produit, des trésors de suavité. Quant aux petits légumes, artichauts, mini carottes, asperges et navets, ils frisent l’excellence !
Nous n’aurons, avouons-le franchement, aucuns « scrupules » à fonder tous nos espoirs sur le chariot de pâtisseries, mais, en attendant qu’il se « libère », nous aurons picoré dans une assiette de fromages de Maître Robert Bedot, vous savez « le » fromager qui « grimpe » actuellement sur toute la région. Parlons peu, parlons bien ! Le chariot en question, sans omettre de préciser qu’il a été réalisé tout spécialement pour le lieu, n’est que pure félicité ! Il proclame haut et fort les compétences du chef pâtissier, Sylvain Mathy. J’en veux pour preuves, le macaron Piémontais, noisette-crème citron, acidulé en diable, le miroir aux trois chocolats tout à la fois docile et vigoureux en bouche, la crème brûlée délectable (j’ai vraiment succombé à la profondeur de ses charmes), et puis une exquise tartelette au citron meringuée, le tout « escorté » de macarons au citron, et au chocolat au lait. Il est vrai qu’il demeurera, bien au-delà de ces évaluations et estimations impartiales, toutefois, comme une impression de fragilité qui, j’ose l’espérer, n’est due qu’à une absence de « rodage » d’une machine culinaire pourtant (apparemment) bien huilée…
Menus à 29 €, plat du jour à 17 €. Ouvert 7j/7- Parking clients 50 places.



Le Bistrot des Anges - Bistrot de chef
La Villa Archange - rue Notre Dame des Anges – 06 110 Le Cannet
Tel : 04 92 18 18 28 / reservation@bruno-oger.com / www.bruno-oger.com

Bistrot Tartine - 98 000 Monaco


Emois gustatifs

Si la déco et l’ambiance n’ont pas véritablement changées, si Christelle est toujours avenante, et engageante, par contre le chef, Florian Lévêque, chaperonné par Stéphane Chenneveau (l’ancien chef), devenu son consultant, réussit là, depuis sa récente arrivée derrière les fourneaux, un parcours (quasiment) sans fautes ! Et, même si l’envie la tenaille de « métamorphoser » les lieux, il n’empêche qu’elle respecte sa « mission » si ce n’est sa « passion » celle de vous procurer de petits ou grands émois gustatifs ! Mais, le bistro de Christelle, c’est aussi, tous les quinze jours, des soirées voyance organisés rien que pour vous, avec la collaboration plus ou moins « appuyée » de (grands) noms de l’art divinatoire ! Notre « second passage » aura donc eu le mérite de nous révéler un « autre » talent au travers de superbes makis au thon et noix de coco (dommage qu’il y manquait les baguettes !), d’une exquise et goûteuse terrine de lapin, d’un carré d’agneau en croûte de morilles, sa padilla de légumes de printemps et sa crème d’ail doux à damner un Saint, d’une entrecôte bleue toujours aussi généreuse et servie dans sa poêle en cuivre avec ses légumes croquants frais du jour (carottes, oignons et pommes sautées), sans omettre son burger cheese suffisamment réussi pour le « déclarer » « meilleur qu’à côté » ! Le « volet » des gourmandises dévoile toujours le même « savoir-faire » de son chef pâtissier avec, ce jour là (après quinze minutes), un moelleux au chocolat divinement conçu, une tarte aux pommes et poires hyper savoureuse et un tiramisu à la banane rôtie des plus convaincants. Allez, on remettra bien le couvert une troisième fois dès la rentrée de Septembre !
Business lunch (entrée & dessert ou plat & dessert) 15,80 €, du lundi au vendredi, sauf les jours fériés.

Bistro Tartine
30, route de la Piscine – 98 000 Monaco – Tel : + 377 97 98 70 70
www.bistrottartine.com

Le Pourquoi Pas - 06 310 Beaulieu-sur-Mer




Rien de suréminent


Si la déco n’a franchement rien de transcendant avec son bar dans les tons turquoises et marrons, et ses maquettes de voiliers, il n’en va pas tout à fait de même avec la terrasse, et sa prolongation, notamment, et plus précisément, par une belle journée ensoleillée. Outre un accueil, et un service très appréciable, ce sont là des petits détails qui font la différence, entre autres ces bouteille d’eau mauves, cognacs, turquoises ou rouges, assorties aux serviettes (malheureusement) en papier ! Noël, le capitaine de ce navire quelque peu « virtuel » dont le nom fut emprunté à ce bâtiment qui sombrât corps et bien un matin du mois de Septembre 1930 en mer d’Islande, n’hésite pas à vérifier « au nez » les vinaigres balsamiques sur chaque table, c’est dire, malgré tout, le soin qu’il tente d’apporter à son établissement mais également au bien-être de son client. Son chef, Arnaud Cometti, aurait pu réaliser là un joli parcours gustatif, certes pas dans la gastronomie mais plutôt dans le « bistronomique » ! Et même si sa pizza Reine pour trois (histoire de faire patienter nos papilles) se révèlera (assez) idéalement cuite, légèrement blonde et moelleuse au cœur, il n’en ira pas tout à fait de la sorte pour la suite. La bavette pomme au four, par contre, aura subie une (petite) « cure d’amincissement » dont même la jolie pomme au four aura un peu de mal à « redorer » le blason ! Le filet de bœuf, pommes pont neuf, se dévoilera (dommageablement) froid en son cœur, mais les « frites », quant à elles, arboreront une belle générosité et une robe dorée affriolante. L’habituelle salade « de circonstance » s’avérera parfaitement incongrue. L’escalope Milanaise révèlera les mêmes défauts que son « prédécesseur » question minceur et côté salade. Toutefois, nous n’aurons pas eu véritablement beaucoup de chance en nous engageant sur des desserts assez banals au demeurant avec quatre mini (mais vraiment mini !) crèmes brûlées pas « émoustillantes » pour un sou, une « Anglaise » (glace Carte d’Or !) menthe et chocolat pour le moins insipide et un chocolat liégeois glace vanille, chocolat et chantilly (en bombe) navrant d’insignifiance ! La maison a beau proposer, par ailleurs, des burgers « bio-végétal », des omelettes (cinq sortes), dont la « Pourquoi Pas », jambon cru Italien, champignons, tomates, artichauts et basilic, et le patron s’afficher avec une affabilité que nous percevons comme non feinte, il n’en demeure pas moins que si ce n’était pour le soleil et la vue directe sur le port de Beaulieu, et les yachts, il n’y aurait là rien de suréminent.


Le Pourquoi Pas
Port de plaisance – 06 310 Beaulieu-sur-Mer – Tel : 04 93 01 32 30

Vegaluna Plage - 06 400 Cannes


Attachant à plus d’un titre

C’est là quatrième plage que nous « visitions » en à peine deux semaines, chacune bien différente de la précédente, mais je dois avouer que celle-ci possédera, côté restauration tout du moins, un petit supplément d’âme plus que notable. Le grand comptoir en S « mosaïqué », les trois coins banquettes, les bouquets de fleurs d’ail, même les toilettes (très) soignés, révèlent un soin apporté tout particulier par Virginie, la charmante directrice du lieu. Déjà, elle nous apportera, à titre d’amuses-bouche, des gambas au sésame façon Thaï, du tartare de daurade à la mangue fraiche et huile vanille, et du thon émincé mariné sauce Vega. Une subtile entrée en matière ! Le chef, Antoine Regnault, ne fait pas franchement dans la dentelle surtout dans l’esthétique. J’en veux pour preuves les Saint-Jacques tièdes sur légumes croquants « Arc en Ciel », confiture de mangue safranée, poêlée de champignons, Julienne de carottes, céleri, et éclats de cacahuètes, et la « simple » tomate mozzarella di Buffala en mille feuille, sauce basilic, au croquant (un grand Tuc) de tapenade représenteront la première « salve » gustative. Dès que la daurade grillée au fenouil préparée avec soin (aucune arête à l’horizon) par un serveur prévenant et actif, se présentera à nos papilles impatientes, nous mesurerons l’étendue des talents de ce chef quelque peu atypique. La sauce beurre blanc est idéalement conçue, rien qu’à l’œil elle « séduit » immanquablement ! La purée qui l’accompagne « respire » l’huile d’olive. Le mi-cuit de thon frais au sésame et beurre d’Asie, nouilles façon Thaï, révèlera, cependant, malgré une cuisson idéale, un « encombrement » du à la sauce crème fraîche au sésame. A ce stade du repas, nous enregistrerons un brouhaha si imposant qu’il nous laissera, l’espace d’un instant, envisager que nous pourrions être à Saint-Tropez, sur le port, en pleine saison ! C’est tout dire ! Toutefois, le millefeuille de daurade Royale, artichauts Barigoule façon tian, « assorti » de courgettes et tomates, outre de nous ramener à la réalité, s’exhibera là, fièrement, dans l’assiette mais la daurade n’aura pas ce côté « fraîcheur » du produit que l’on apprécie tant, il se révèlera un poil « sévère », si ce n’est sec ! Côté douceurs, le constat sera beaucoup plus mitigé ! Si la mousse au chocolat au lait (hummm !) nous envoûtera dès la première cuillérée, malgré une pointe de chantilly à l’After Eight pas franchement antipathique (autant dire que la menthe en pâtisserie, ce n’est pas notre tasse de thé !), si le tiramisu se montrera assez onctueux sans atteindre là, cependant, des sommets, si la tarte fine aux pommes se manifeste copieusement bien que la boule de glace cannelle fut « ennuyeuse », le financier « minute » à la fraise, quant à lui, s’avérera pour le moins « mystificateur » ! Il s’agira ni plus ni moins que d’un sablé nappé de confiture de fraises, et « coiffé » de fraises fraîches ! Mais de financier, il n’aura aucun attribut ! Ceci dit, en pointilleux que nous sommes, il est évident que pas un détail ne nous échapperait ce qui ne fait indéniablement pas du lieu une gargote !
Ouvert toute l’année, 7j/7


Vegaluna plage – restaurant- special events
(en face de l’Hôtel Carlton Intercontinental)
06 400 Cannes
Tel : 04 93 43 67 05 / contact@vegaluna.fr / www.vegaluna.com

Miramar Beach - 06 400 Cannes


Sensibilité et félicité

Cette plage là fleure bon « l’esprit de famille », celui des gamins qui gambadent de partout, font des châteaux de sable fin et puis n’en font qu’à leur tête à tel point que vous ne pouvez rester paisiblement sur votre transat plus de dix minutes d’affilée ! Par contre, une fois passés sous la douche, les charmants bambins se métamorphosent inévitablement en petits gloutons prêts à tous les excès ! Eh bien, sachez qu’ici on ne lésinera pour satisfaire vos chères « têtes blondes » sans toutefois vous négliger, bien au contraire. Il est vrai qu’avec le bruit des vagues, le soleil et la vue sur les Iles, vous aurez de quoi vous « retrouver » ! Quant à nous, nous nous sommes attablés là, sous un immense parasol, « choyés » par un serveur affable et surtout attentif. Le service est si diligent que nous verrons arriver, en moins de temps (ou presque) qu’il n’en faut pour le dire, quatre belles gambas panées aux amandes effilées, betteraves en dés, feuilles de menthe, laitue et tomates cerise, un foie gras (encore lui !) généreux et sapide à souhait mais « escorté » d’une scarole pas franchement engageante, et totalement « superfétatoire » ! Sans le moindre temps mort, le loup grillé « débarquera », tout aussi prestement, sur notre table, parfaitement grillé, et présenté avant la découpe, rosé à l’arête, avec ses petits légumes (pour mémoire). Et si le pavé de turbot ne se démentira pas avec une pomme au four idéalement saisie, nappé d’un beurre blanc fort honorable, la salade de la mer bien joliment dotée d’un saumon fumé estimable (sans plus), de crabe, d’avocat, de grosses crevettes incontestablement fraîches, et d’une séduisante, mais minuscule, friture de calamars, se révèlera submergée d’un méli-mélo de salade indéniablement exploité pour « amplifier » l’« influence » visuelle ! Les desserts se dévoileront tout aussi « paradoxaux » avec un succulent moelleux au chocolat (trop bon pour une plage !) dont la pistache annoncée s’était volatilisée au passage , avec une pannacotta à la vanille « dominant » un sablé Breton, et ses quatre mini brochettes de fruits rouges (fraises et framboises), quelque peu compacte et manquant, à l’évidence, de « fluidité », sans omettre la tarte aux pommes, certainement maison , mais faisant montre d’un relatif amateurisme. Cependant, ne vous méprenez pas nous aurons passés là, malgré tout, un délicieux instant de sensibilité et de félicité.

Miramar Beach
Plage – restaurant- Lounge bar
La Croisette – 06 400 Cannes – Tel : 04 93 94 24 74

www.miramar-plage-cannes.com / contactmiramar@yahoo.fr

Le Festival - 06 400 Cannes


Une autre orientation…

C’est marrant, j’avais l’impression de retrouver ce lieu quasiment comme je l’avais « laissé » il y a bien des années ! Les murs sont toujours « plaqués » de bois verni, l’aquarium trône toujours dans la salle face aux convives, les cloisons de verre sablé demeurent inchangées, sauf que des chaises rayées marron, rouille et blanc, et des tables gris acier, ont fait leur apparition en lieu et place des anciennes, tout comme les vases-tube à orchidées, et un écran plasma branché, en permanence, sur MTV. Du côté des cuisines de Dominique Cellier qui officie là depuis près de trois décennies, on a finalement pris, sous l’impulsion du nouveau et charmant directeur, Vincenzo Testaverde, un ancien « cadre » du Zest à Monaco, comment oserais-je dire, une « autre » orientation ! La salade de tomate et mozzarella s’affiche « chichement » côté tomate, une « erreur » (relativement) impardonnable d’autant plus qu’a contrario la mozzarella di Buffala se révélera excellente, et suave en bouche. Le foie gras de canard mi-cuit, quant à lui, fera montre d’une exceptionnelle authenticité, et d’une délicatesse réellement bluffante ! Et si le « sommelier » (de circonstance) aura la franchise de nous avouer cordialement n’y pas connaître grand-chose en matière œnologique, il n’empêche que l’Aloxe Corton – Domaine Louis Latour – 2006 choisi par nos soins s’avèrera un choix idoine. Côté poisson, le pavé de turbot grillé et ses frites maison (tout du moins, j’ose l’espérer !) fera montre d’une belle prestance et d’une insolence indiscutable. Cuisson parfaite et générosité de mise ! Le loup pour deux tentera bien de lui ravir la prééminence mais, malgré une cuisson quasi idyllique, n’aura pas assez des pommes vapeur, des haricots verts frais et du mini gratin Dauphinois (un peu cheap, soit dit en passant !) pour se l’attribuer. Un manquement à tout discernement concernera, fort malheureusement, la vitrine réfrigérée où séjournent les pâtisseries, et autres crèmes desserts, tournée vers le comptoir, de surcroît ! Pourquoi n’avoir pas prévu plutôt un chariot beaucoup plus ludique à passer entre les tables (l’espace le permettant à l’évidence) ou , au moins, un plateau à présenter au « regard » des convives ? Pourtant l’opéra l’aurait bien mérité lui qui affiche fièrement la maestria du chef pâtissier, tout comme le baba au rhum chantilly maison, le pailleté feuillantine au chocolat, ou le millefeuille à la crème vanille. Un petit reproche concernera, cependant, cette obsession de poser de-ci de-là des pointes de crèmes chantilly, certes, délicieuse mais pas toujours en accord avec le produit.
Plat du jour, formule Business et carte de vins pléthorique.


Le festival
52, La Croisette – 06 400 Cannes – Tel : 04 93 38 04 81
www.lefestival.fr / contact@lefestival.fr

jeudi 17 juin 2010

La Brasserie - 06 600 Antibes


Une cuisine plaisir

Des brasseries, ce n’est certes pas ce qui manque sur la Riviera, de Menton à Théoule, mais lorsqu’il s’agit d’un « spécimen », excusez du peu, aussi soigné, il y a vraiment de quoi vous « chambouler » les papilles, et de mettre vos sens en (grand) émoi ! Tout d’abord, l’accueil de Monsieur et Madame Gonzales, « bienveillantissime » et authentique qui vous « perçoivent » comme s’ils vous recevaient « chez eux » dans une ambiance d’ancien P.M.U (je vous rassure tout de suite !) totalement « revisité ». Murs couleur taupe, banquettes de skaï chocolat noir, écran plasma (branché sur la chaîne voyage), interminable bar noir en bois Wengé, vitrine de desserts et Eurocave en chêne à tiroirs confèrent à ce lieu une « aura » indéniable. « Leur brasserie, c’est avant tout un état d’esprit » se plaisent-ils à dire ! Remarquez qu’avec un chef tel que Jean-Laurent Depoil, un « ex » du Belle Rives, on découvre une cuisine passion, une cuisine de marché révélant des plats simples, certes, mais délectables en diable ! Quant à nous, nous aurons la chance de pouvoir « éprouver » (ne vous méprenez pas !) un fois gras de canard du Sud - Ouest, cuisiné au naturel, « texturellement » hyper-fiable, généreusement servi avec sa poire pochée au vin et à la cannelle, et sa compotée de mangue, un saumon d’Ecosse mariné à l’aneth (digne des plus grands), huile d’olive, aneth et feuille de bananier. Toutefois, le nid de soja pour le fois gras à la sauce moutarde et le mesclun pour le saumon se révèleront parfaitement inopportuns, et pas spécialement décoratifs ! Allez, soyons « magnanimes » !
Le rognon de veau entier à la graine de moutarde, et ses pommes grenailles forcera le respect avec un produit exceptionnel, sélectionné avec l’amour du goût, rosé comme il se doit, il bluffera nos papilles. Le foie de veau (pas si aisé d’en trouver !) en persillade (servi sans ail à notre requête) se verra gratifié de très jolies frites maison et d’un plat en fonte Staub. Un « petit plus » qui en rajoutera au charme ambiant. La côte de bœuf (450 gr), et son gratin Dauphinois (en mini plat de Pyrex) se présente sous de superbes atours, un produit majestueux en somme agrémenté d’une exquise sauce Béarnaise. Jusqu’ici, ce sera quasiment un « sans » fautes, et, il est vrai, qu’avec une formule le midi à 15,80 € (plat du jour, dessert, eau et café inclus), un ticket moyen de 12 à 18 € pour les entrées, de 19 à 29 € pour les plats et de 8 € pour les desserts on frise le remarquable !
L’assiette du fromager est de chez Robert Bedot, c’est dire le soin apporté même aux produits laitiers ! Avec un Château Saint Julien d’Aille – Impérator – Côte de Provence – 2007 c’est le bonheur (œnologique) assuré ! Pour le « nirvana », il faudrait passer au cran supérieur ! Qu’à cela ne tienne, cependant, la tarte aux fraises, bien que goûteuse et assez flatteuse, ne remplira pas totalement sa « mission », tout comme, d’ailleurs, la tarte au citron, ou le tiramisu qui ne soulèveront pas l’enthousiasme ! Seule la tarte Tatin ne méritera absolument aucun reproche, mieux que cela, elle démontrera, a contrario, une jolie « maîtrise » de l’art de la pâtisserie.



La Brasserie
24, Boulevard Maréchal Leclerc – 06 600 Antibes Juans-les-Pins
Tel : 04 93 63 00 00 / www.labrasserie-antibes.fr / contact@labrasserie-antibes.fr

Les Terraillers - 06 410 Biot



Authenticité et sincérité


C’est en « grimpant » vers le vieux village médiéval de Biot que cette ancestrale bâtisse du XVI ème siècle, en fait une ancienne fabrique de jarres, nous est apparue à la suite d’un virage, un « choc », tout d’abord, esthétique avant que de devenir culinaire. Nous ne descendrons que quelques marches pour pouvoir finalement pénétrer l’« antre » de Chantal, Pierre et Michaël Fulci, un univers empreint d’authenticité et de sincérité. L’atmosphère est quasiment « magique » et nous n’aurons aucune difficulté à y succomber ! La salle est uniformément voûtée et emplie de poutraisons, des gerbes de fleurs foisonnent dans des jarres et puis, de-ci de-là, sur des étagères, dans des niches ou des alcôves, de ravissantes et radieuses lampes, et appliques, en pâte de verre soufflé issues de la verrerie du village. Au centre, trône un majestueux guéridon à champagne et autres apéritifs, puis un autre pour les fromages. Le service est (très) affable et idéalement stylé. Pas une fausse note ne jalonnera notre repas ! D’ailleurs, ce ne sont pas les trois « somptueuses » coquilles Saint-Jacques rôties aux condiments tartare sur sa tombée de pousses de salade betteraves, émulsion citronnée (très présente en bouche), qui me démentiront ! Même le service du pain est, ici, un rituel attachant avec ses petits pains aux olives noires ou vertes, aux lardons, ou ses minis baguettes. Le champagne est de chez Lallier-Grand réserve-Grand cru- une cuvée sélectionnée par la famille Fulci chez une autre famille, celle-ci champenoise, et remontant au XIX ème siècle, 1855 très précisément. Un classique, les gnocchis, me direz-vous, certes, mais un méli-mélo de gnocchis aux morilles, et copeaux d’asperges, dentelle de parmesan, feuille d’or et jus corsé, cela devient beaucoup plus captivant, d’autant que les morilles se révèlent totalement ensorcelantes !
Rien que pour le plaisir des yeux ! Le Foie gras au canard (tout simplement) poêlé, sa réduction de porto à la vanille, mangue rôtie et tuiles de Werther’s original (vous savez les petits bonbons caramélisés de la pub télé), fait montre d’une indéniable maestria, le foie étant parfaitement saisie et ferme, les mangues rôties en compotée fort engageantes. Seules les tuiles de Werther’s nous laisseront assez circonspect ! Désossé, farci de semoule vaporeuse à la tomate, le pigeon de Mickaël Fulci, le chef (étoilé) et fils de la maison, est intégralement découpé et baigné dans son jus corsé. Il atteindrait presque la perfection si nous n’étions si exigeants ! Le filet de bœuf s’exhibe en pavé épais et se pare d’un léger parfum d’épices Joelito d’asperges vertes et morilles fraîches, jus de bœuf réduit aux morilles dans une subtile mise en scène. La sole, bien évidemment, est ici de ligne et proposée en « nobles » filets, accompagnés d’un croustillant de condiments Niçois sur lit de fenouil à l’anis étoilé, qui aura l’infortune, si je puis me permettre d’« occire » la bête, malgré une émulsion à la Badiane fort délectable. Le sommelier n’aura de cesse que notre satiété et de nous orienter vers un Savigny les Beaunes- 1er cru - Mongeard Migneret-2006, un vin structuré, généreux, élégant et aromatique. Le « chariot » du maître fromager, en l’occurrence robert Bedot lui-même, est pléthorique en la matière. Le choix des produits est idéal. Ils sont à cœur, tout en générosité et en arôme, un mariage parfait avec le pain tranché aux noix maison.
Une mousse mi-chocolat lait mi-chocolat blanc vient ouvrir, « en trois actes », les festivités des gourmandises.
Le tradition, un soufflé au râpé de citron du pays et (surtout) Grand Marnier, sa verrine exotique de mangues et passion en infusion de thé vert, vanille et Badiane est à lui seul un grand moment d’autant que le serveur vient rajouter quelques « rincées » de la dite liqueur créée par Louis-Alexandre Marnier – Lapostolle en 1880. Tout est dans la mise en scène, vous disais-je ! L’exotisme, banane en fine enveloppe de chocolat blanc ne correspond pas franchement à son intitulé sur la carte, mais, par contre, côté exécution, la main du maître (pâtissier) est passée par là ! La banane en mousse est caramélisée au sucre de muscovado et élégamment révélée en un tube de chocolat blanc avec sa glace maison rhum-raisin. Et puis, finalement, la Passion, une sphère chocolat extra bitter, son financier au chocolat, son croustillant de rose des sables, sa mousse chocolat, et son sorbet de cacao amer. Le coulant de chocolat chaud versé sur la sphère vaut à lui seul le spectacle ! Une trilogie dont on ne se lassera pas !
Fermé le mercredi et jeudi. Réservation recommandée.


Les Terraillers
11, route du Chemin Neuf- 06 410 Biot – Tel : 04 93 65 01 59
www.lesterraillers.com / e-mail : lesterraillers@orange.fr

Bleu Lavande - 06 370 Mouans-Sartoux


Une relative sobriété

Tout d’abord, c’est une enseigne (très) « tape-à-l’œil » qui fait face au rond point des Fauvettes, peut-être même un peu trop, puis une fois gravie l’allée qui y conduit, une bâtisse somme toute assez modeste. A l’intérieur, on devine une relative sobriété du lieu avec, cependant, quelques touches Provençales, notamment, des peintures sur toiles de Mary Olivia Cork. L’accueil de la maîtresse des lieux est affable, juste ce qu’il faut, sans friser toutefois l’exubérance. On perçoit immédiatement une quiétude absolue ! Le service s’il est « effacé » demeure malgré tout efficace. La carte ne fait, certes, pas dans le grandiloquent, ni d’ailleurs les menus à 38 et 45 €, mais elle m’apparaît engageante, si ce n’est même séduisante à plus d’un titre. Le saumon de Norvège mariné à l’huile d’olive comme le GravLaks, blinis et crème Tzaziki engage, non pas les hostilités, mais, bien au contraire, la bienveillance de l’épicurien que je suis. Outre un saumon hyper attachant, une crème Tzaziki digne de chez nos amis Grecs, le chef, Bernard Leclerc, ancien propriétaire de la Poêle d’Or à Cannes, réussit là un tour de force avec des blinis au Sarazin « excellentissimes » et mémorables… Chemin (gustatif) faisant, et coupe de Champagne Veuve Pelletier en main auquel nous serons « fidèles » tout au long du repas, le foie gras de canard maison, haricots verts, brioche mousseline aux mendiants révèle un foie généreux quasi parfait et des haricots indéniablement frais servis « al dente ». La mini brioche vaporeuse comme on les aime s’accommode idéalement à la marmelade de mendiants préparés non sans une évidente subtilité. Même les mini tomates sont livrées par un producteur Italien, c’est dire le soin apporté à votre assiette. Le filet de Saint-Pierre façon meunière, petits légumes au basilic, ne nous laissant pas franchement envisagée un produit aussi qualitatif et plantureux. Les asperges vertes, et artichauts violets, se révèlent croquants et « craquants ». La côte de veau braisée, morilles à la crème, « charme » dés le premier coup d’œil, cependant, le veau bien que « désossé » (ce qui est appréciable), s’avère un poil (trop) saisi, après avoir été requis rosé ! Les légumes fidèles à eux-mêmes « remplacent » au pied levé la purée de pommes de terre initialement prévue, mais l’on en tiendra certainement pas rigueur au chef de les lui avoir préférés. Le carré d’agneau rôti au romarin (toujours) accompagné de ses légumes frais au basilic est idéalement « tronçonné » par « couple » de deux côtelettes rosées à cœur, une jolie formule de présentation qui séduira plus d’un gourmet. Côté gourmandises, c’est encore un « succès » ! La poire Belle Hélène que nous avions observée se dirigeant chez notre voisin de table, est servie, non en coupe, mais dans une assiette creuse avec sa poire pochée, sa chantilly (maison ?) et sa sauce chocolat chaud que la maîtresse du lieu répand avec une véritable chocolatière en argent.
Un détail qui est symptomatique du soin apporté. La tarte tatin, c’est une vraie, pas une de ces « surgelées » ou précuites que l’on rencontre beaucoup trop souvent, fort malheureusement, chez des restaurateurs (ou considérés comme tels) pas vraiment scrupuleux du « bien-être » de leurs clients ! Caramélisée et « embeurrée », elle l’est incontestablement ! Mais, et vous nous pardonnerez du peu, Monsieur Leclerc, la petite boule de glace vanille de chez Carte d’Or, cela n’est pas digne de vous ! Un petit artisan local eut, à l’évidence, été plus idoine ! La mousse au chocolat, par contre, elle se révèlera exquise, ferme et moelleuse à la fois.
Fermé le lundi



Restaurant Bleu Lavande
28, chemin de Pinchinade – 06 370 Mouans-Sartoux
Tél : 04 93 12 28 01
www.restaurant-bleu-lavande.fr

dimanche 6 juin 2010

Le Pavillon Croisette - 06 400 Cannes


De noble provenance ?

Je ne suis pas convaincu que les convives de cette grande brasserie sachent qu’ils sont attablés là à l’emplacement même où, autrefois (dans les années 70), un hôtel**** « trônait » fièrement face aux îles de Lérins, le Gonnet et de la Reine ! Depuis lors, changement de destinée et de décor avec une table comme il en existe tant, partout ailleurs, malheureusement ! Pourtant, la terrasse est « arrogante » et généreuse tout comme la salle décorée de bois verni et de dorures tels un yacht « dodelinant » dans le port de Cannes… Assis sur des banquettes de velours caramel et beige, au son d’une musique très Motown , nous voici conseillés par un serveur affable et une ancienne caviste devenue sommelière en titre. Les tomates grappes grillées, mozzarella et mesclun au pistou ne font pas dans le pompeux, certes, mais elles ont le mérite de distraire gentiment nos papilles le temps de passer aux choses sérieuses ! Le foie gras mi-cuit, pain de campagne et sa compotée de raisin est fort honnête sans toutefois pulvériser, tout comme les mens au crabe, des records de séduction. L’entrecôte Simmental, grillée au sel de Guérande, n’a peut-être de Simmental que le nom, mais elle « joue » son rôle loyalement notamment accompagnée d’une purée tout aussi respectable, d’une roquette, par contre, parfaitement inopportun et d’une sauce béarnaise dont il vaudra mieux oublier qu’elle existât ! Le filet de bœuf grillé, pomme de terre au four révèle un beau produit, saisi à cœur, mais ne parvient pas à dynamiser un constat des plus mitigé. L’escalope Milanaise s’en sortira presque mieux, rosée fort justement, elle séduira nos papilles avec des légumes (apparemment) frais, poivrons, aubergines, courgettes de saison grillés, et son petit brin de romarin. Même les desserts ne parviendront pas à faire chavirer les cœurs, et ce n’est, certes, pas la gaufre au chocolat chaud, crème fouettée pourtant moelleuse et goûteuse, ni l’Ile flottante au caramel pas convaincante pour un sou, et encore moins un tiramisu à la framboise (un fruit que je n’envisageais pas franchement avec la crème de mascarpone et les biscuits au café) qui interpelleront nos sens gustatifs ! Seul le Pommard-1er cru Pierre André-2006 aura le mérite de prouver qu’il est judicieux en la matière d’utiliser des produits de noble provenance !

Le Pavillon Croisette
42, La Croisette – 06 400 Cannes- Tel : 04 92 59 06 90
www.pavillon-croisette.com

Cannelle - 06 400 Cannes


Un concept novateur

On imaginerait presque un parfum de cannelle « flottant » sur ce lieu « bistronomique » situé sur le passage « stratégique » de la galerie du Gray d’Albion, juste à côté de l’hôtel du même nom, et face au fleuron de la chaîne Barrière, le Majestic. Exit donc la décoration « poussive » et « ampoulée » des prédécesseurs, et bienvenue à un concept novateur imaginé (avec l’appui tactique d’un architecte, bien sûr) par Noël Mantel, tout à la fois chef et (nouveau) propriétaire des lieux. A l’intérieur, les tons gris dominent, on est là tout à la fois dans une épicerie de luxe avec ses étagères et autres présentoirs « bondés » de biscuits, confitures, miels, condiments, ou champagnes de chez Fauchon, ses vins régionaux ou de petits producteurs scrupuleusement sélectionnés par Noël Mantel lui-même, comme dans un « design-bistrot » avec, cependant, une petite note d’originalité s’agissant de la vitrine réfrigérée en milieu de salle d’où les pâtisseries, macarons et autres chocolateries maison « narguent » vos papilles ! Ce jour là, nous choisirons de déjeuner en terrasse, côté ombre ! Les sièges tressés ou les fauteuils de skaï gris offrent une assise généreuse, et nous en profiterons largement. La carte est assez pléthorique et offre moultes possibilités, notamment au niveau de plats simples que l’on aime à redécouvrir de temps à autres. La salade de petits artichauts violets et asperges vertes au parmesan se révèle sous une belle parure avec son mesclun, son parmesan en copeaux et ses petites fleurs d’ail. Le foie gras de canard maison, cuit au naturel, offre de jolies sensations gustatives. Ferme, il l’est indéniablement, peut-être est-il même un poil trop frais ! L’assiette scandinave, saumon fumé, saumon sauvage, tarama et œufs de saumon dévoile des produits, certes, qualitatifs, homogènes et goûteux mais elle manque, toutefois, d’un peu d’« opulence » ! Le mesclun y est, comment dirais-je, beaucoup trop présent ! Rien à redire, en revanche, s’agissant d’un dos de cabillaud poêlé, saisi impeccablement, au gros sel, qui laisse une sensation d’onctuosité et de « fraîcheur » en bouche indéniable ! Le filet de bœuf au gros sel, une jolie pièce (sans être excessive), sauce Bordelaise, pommes grenailles et légumes sautés (carottes, choux fleurs, brocolis et jeunes navets) démontre un savoir-faire indiscutable avec un respect de cuisson des produits frisant l’excellence ! Son chef pâtissier ne démériterait pas non plus mais, bien que le service sur plateau soit des plus aguichants avec un florilège de ses « talents », nous ne parviendrons pas à atteindre l’ « extase » gustative tant attendue ! La tarte au citron meringuée ne « décoifferait pas une nonne », le tiramisu fait dans le minimalisme, et la (relative) « siccité » ! Il est totalement dépourvu de cette onctuosité propre au plus séduisants. Le croustillant au chocolat « divulgue » une intensité en crème de cacao, pour le moins, excessive. Quant à la Tropézienne, elle est à la peine. Il lui manque ce « petit » supplément d’âme qui ferait toute la différence avec les pâtisseries lambda.



Cannelle restaurant- salon de thé – épicerie fine
Partenaire agréé Fauchon
17, Bd de la Croisette – Le Gray d’Albion – 06 400 Cannes

Tel : 04 93 38 72 79 / www.cannelle-cannes.com / contact@cannelle-cannes.com

La Belle Epoque - 06 230 Villefranche sur Mer


Du flottement dans l’air


Le lieu a récemment changé de « mains », mais, malgré une déco aux murs bleus clairs et simili cuir marron, et une très belle terrasse ensoleillée, on ressent très nettement, d’entrée de jeu, comme un flottement dans l’accueil et le service. La jeune « préposée » aux commandes mettra un temps infini avant que de s’intéresser à nous ! Nous irons donc (profitons de sa courte attention) droit à l’essentiel en requérant une daurade au four qui s’en retournera prestement vers les cuisines faute d’avoir été préparée ! Le produit est de choix mais l’accommodement manque sérieusement de fantaisie ! La Milanaise de veau respire quelque peu la « tristesse » malgré des frites assez généreusement conçues. Le filet de bœuf et sa forestière de légumes fait dans le traditionnel mais pas vraiment dans le sensationnel ! On notera, cependant, un (très) bel effort du côté des gourmandises qui nous laissera envisager que nous n’aurons plus affaire là au même chef, ou alors se trouve-t-il beaucoup mieux inspiré dans ce domaine ! La crème brûlée se « tient » idéalement avec ses arômes de vanille bien prononcés, le tiramisu crémeux et onctueux en diable dévoile des « fragrances » café très significatives et « ensorceleuses », la tarte au citron meringuée révèle une superbe pâte sablée « blondie » mais pas trop cuite, vaporeuse à souhait, ainsi qu’une mousse au chocolat (très) consistante, opulente et magnanime côté cacao. Dommage que notre épilogue gustatif soit finalement assez sévère, malgré une légère reprise en main vers la fin de la prestation.

La Belle Epoque
2, place D’Anjou – 06 230 Villefranche-sur-Mer – Tel : 04 93 54 77 70

La Mandala - 06 400 Cannes


Coquillages et crustacés …

De temps à autres, il est bienheureux de pouvoir enfoncer les pieds dans le sable fin et faire « rougir » notre (joli) minois face à la grande bleue. En ce mois d’Avril, c’est le regard tourné vers les îles de Lérins que nous avons décidés de profiter de ces premiers rayons de soleil, tout autant que des talents du chef dont nous ignorions, jusqu’à ce jour, presque tout. Si ce n’est l’accueil de Déborah et Jérémy, fort aimable au demeurant, nous n’aurions probablement pas opté pour cette plage qui ne se distingue, au premier coup d’œil, pas franchement de ses « voisines », malgré une « mise en scène » décorative (assez) soignée. Il est évident que nous avons là une plage « classée » familiale, et que les cris d’enfants nous le rappellent volontiers, peut-être même un peu trop ! Ici, on ne s’attend pas à du gastronomique, mais plus exactement à une cuisine traditionnelle. La bruschetta, tapenade, tomate, mozzarella, Panceta et basilico, servie tiède, révèle une tapenade véritablement « maison » (olives hachées) et une belle association des produits. L’antipasti al Italiana décline, certes, les traditionnelles tomates, poivrons farcis, mozzarella, jambon cru Italien, thon blanc et cœur d’artichauts, mais, cette fois-ci, avec un réel savoir-faire. Et même si la mozzarella n’était pas vraiment convaincante (trop granuleuse), le mesclun et les cœurs d’artichauts, quant à eux, fleuraient bon le produit (assez) scrupuleusement choisi. Un loup grillé, cela n’a rien d’exceptionnel, mais des légumes au waterzoï, rien que pour l’appellation, cela interpelle ! En fait, il s’agit de légumes poêlés au wok, très digestes, qui ne risquent pas de vous faire prendre le moindre gramme ! Un beurre blanc eut été le bienvenu, mais le loup, de jolie facture, aurait (presque) pu se suffire à lui-même, quoique ! La sole meunière, malheureusement, beaucoup trop saisie, révélera finalement une chaire « asséchée » et ce n’est pas le Château Maïmé-rosé, qui « réveillera » la « bête » ! Côté douceurs, le cheese-cake, glace au yaourt de brebis, peut séduire tout comme il peut, également, choquer vos papilles ! Une chose est sûre, il ne les laissera pas de marbre ! Le moelleux au chocolat de Cuba, glace vanille, n’était pas si « dérisoire » que cela, mais pas non plus le meilleur qui soit ! Par contre, une mention toute particulière sera décernée au chef, s’il en est l’auteur, pour « sa » tarte crémeuse au citron, juste caramélisée, dont la pâte sablée à peine cuite dévoile un joli tour de main, ainsi qu’à son tiramisu biscuit au café. Néanmoins, la tarte citron, réflexion (bien) faites, dominera largement la prestation laissant ainsi un doux souvenir gustatif dont il sera bien difficile de se défaire…
Ouvert le midi toute l’année et le soir durant les mois de juillet et Août.

La Mandala
Bd. De la Croisette (entre le Carlton et le Martinez) – 06 400 Cannes- Tel : 04 93 94 24 22
www.plage-lamandala.com

Le Bienvenue - 06 300 Nice


Humilité et dextérité

Il est de ces « adresses » culinaires que l’on « bénit » surtout lorsqu’après une seconde visite on se rend finalement compte qu’hormis la déco (presque) tout a finalement (très) bien changé ! L’ « atmosphère » demeure, certes, dans le style rustico-Niçois avec, en surplus une expo permanente de toiles (le jour de notre visite début Mai celles de Gilson) du plus bel effet polychrome. L’accueil de Cédric et Laurence (excusez-nous de l’erreur, s’agissant de leurs prénoms dans notre précédent test) se situe toujours au top de l’affabilité, et cela s’apprécie indéniablement ! Mais le « choc » va venir du tout nouveau chef, Frédéric Quénard, un disciple du (grand) chef Maximin, qui a pris d’assaut, « à la hussarde », la cuisine et la carte. Non seulement il a (radicalement) métamorphosé l’approche des produits, mais surtout il leur « insuffle » ce « supplément d’âme » que l’on reconnaît aux (très) grands. De l’humilité, de la dextérité, il en a à revendre et ce ne sera une surprise pour personne si on le ressent dés le premier coup de fourchette, si ce n’est au premier coup d’œil ! La terrine de campagne (maison) fleure bon l’authenticité. Légère, goûteuse, avec ses petits cornichons, elle séduit sur son ardoise jusqu’à vous faire « pétiller » les papilles. Le foie gras de canard mi-cuit révèle un produit de très belle facture, idéalement conçu, généreusement proposé à température parfaite. L’ardoise nous « suggérait » du poisson livré directement par un pêcheur local, il était donc logique que nous « testions » le Saint-Pierre grillé, redoutable de finesse et de suavité. Le magret de canard demeurera lui aussi un grand instant gustatif avec un morceau de premier choix, saisi juste comme il se doit, rosé à cœur, et puis une sauce au miel qui fleure bon un miel de lavande « séducteur » à souhait, presque trop oserais-je dire ! On en oublierait bientôt le magret lui-même ! L’assiette du boucher, bœuf, veau, poulet, saucisse, dévoile certes une réelle simplicité d’exécution mais, surtout, une « sincérité » incontestable ! C’est là vraiment un plat « spontané » qui n’a nul besoin d’artifices pour « exister » et ce ne sont pas les (superbes) frites maison, les artichauts, endives, carottes et autres courgettes poêlés qui le contrediront ! Le Château de Jamproye-Mercurey grand clos Fortoul- 1er cru- 2005 n’aura pas fait mentir Cédric qui nous l’aura chaleureusement recommandé. L’un des instants les plus « attendus », celui des douceurs, finira par mettre nos papilles en ébullition avec une crème brûlée affriolante et désirable en diable, un tiramisu onctueux (c’est un doux euphémisme), d’une « rondeur » et d’un « jovialité » en bouche « suffocante » ! Très certainement l’un des meilleurs que nous ayons eu à déguster sur toute la région (les « autres » n’ont qu’à bien se tenir, dorénavant !). Le mi-cuit au chocolat, pas l’une de ces pseudo-mignardises « industrielles » réchauffée pour l’occasion, non, mais plutôt un spécimen de choix, qui se révèle « radieux », charmeur avec un « taux » de cacao totalement inavouable ! Avec une formule à 12 € le midi et deux menus à 16 et 29 €, le rapport qualité prix fait dans l’invulnérabilité !
Fermé le lundi et mardi midi.


Restaurant Le Bienvenue
5, Place Saint François- 06 300 Nice (vieux Nice)- Tel : 04 93 79 84 40
www.bien-venue.net