vendredi 20 août 2010

Le blanc noir - 84 000 Avignon



Elle « œuvre » pour vous …

Ce n’est, en général, comme dans la vie, ni tout noir, ni tout blanc, mais ici, tout particulièrement, l’instant se vit en noir et blanc, un « équilibre » que l’on retrouve déjà au niveau de la déco. Un mur « planché » blanc avec photos New-Yorkaises, tables rondes ou rectangulaires, noires ou blanches, sièges à l’identique, appliques hétéroclites chromées, lampadaire sur pied style années 70 et un mur tout gris acier avec des (grandes) photos de Maryline (Monroe, il s’entend !) et des moules à gâteaux, une petite table de jardin avec ses chaises pliantes gris-perle, et puis un comptoir-bar avec ses tabourets (très) seventies. La vision de la cuisine se fait, comme pour une télé, en direct, et le petit couloir sur sa droite mène à des toilettes sur courette très « villageois », avec mini lavabo en plein air ! Pour le choix des mets ce sera à l’ardoise (accrochée au mur), et, comme la maîtresse des lieux, Sandra, cuisine uniquement au feeling avec des produits frais de saison, ne vous impatientez pas trop car elle « œuvre » uniquement pour vous ! Le tartare de Saint-Jacques sur lit de tomates et melon (en dés) surprend très agréablement avec son filet d’huile d’olive au basilic. Le carpaccio de melon et jambon cru, certes « simplissime », fait dans le sélectif au niveau des produits ! Le burger « Blanc noir » au foie gras attisera nos papilles avec une conclusion des plus heureuses ! Le filet mignon de porc, sauce moutarde à l’ancienne, pas assez rosé, n’engagera pas franchement à l’euphorie du fait finalement d’une cuisson quelque peu excessive. La fricassée de volaille, quant à elle, au miel et amandes nous réservera le même « accueil » avec, de surcroît, un excès en miel « maximisant » de manière outrancière l’aspect sucré de la prèparation ! Du côté des douceurs, le « pire » des moments vous pensez bien, nous aurons succombés au moelleux au chocolat, à un croquant aux trois chocolats (blanc, noir et lait), et à une framboisine (pas maison) mais on ne peut plus correct ! Les tasses à cafés, originales au demeurant, ne s’avèreront pas franchement pratiques ! Ceci dit, on est là pour Sandra, pour sa gentillesse et toutes les petites marques d’attention qu’elle ne manque jamais de vous accorder dès que vous pénétrez son « antre » gustatif.



Restaurant Le blanc noir
71, rue Guillaume Puy – 84 000 Avignon- Tél. : 06 01 25 18 65

dimanche 15 août 2010

Café de la Place - Saint-Rémy-de-Provence



Sensibilité et simplicité


Le regard rivé sur la place et l’église Saint-Martin, nous voici en situation, une situation que nous allons tenter d’« affronter », autant que faire se peut ! Il est vrai que là, en terrasse, sous les canisses ombragés, quelques menu rayons de soleil plongeant sur la table et puis l’inévitable (mais persistant) « chant » des cigales, l’on ne peut espérer plus grand bonheur ! N’est-ce pas cela justement, le (véritable) bonheur ? Savoir saisir l’instant, celui où l’on se sent en parfaite osmose avec le lieu ? L’ardoise, et la charmante serveuse Laetitia, nous « invitent » à déguster une assiette du chef, en fait un florilège de produits frais et naturels représentatifs d’un certain savoir-faire local. Tomates (pelées) au basilic, jambon cru (extra) dont la « couleur » est plus que révélatrice, melon en dés, supions, caviar d’aubergine, « purée » de betterave, poivrons huilés, tapenade (excellentissime), et soupe froide à la tomate ( plus couramment nommé gaspacho) servie dans une petite bouteille avec paille ! Un (mini) ouragan de saveurs Saint-Rémoises ! Le tartare (sans oignons), aller-retour, juste poêlé, frites maison (mais quelles frites !), l’entrecôte au grill, frites à peine plus dorées et les fettuccinis à la tomate fraîche et anchois font dans le « simplissime », certes, mais au superlatif ! Le chef, Hervé Sarrazin, ne se prend pas la tête !
Il sait, il ressent et va droit à l’essentiel avec une justesse dans l’ « appréhension » des produits qui force le respect ! Chemin faisant (pour nous laver les mains) nous aurons traversé une salle à la superbe poutraison, au bar « ciselé » d’origine Indienne (issu de la Malle des Indes à Verquières) quelque peu atypique, avec son petit coin salon et lecture fort appréciable en cette période estivale, et son expo de photographies « signées » Jeanne Bayol. Vint finalement le moment tant attendu, celui des desserts, un petit « bijou » d’instant gustatif conçu sur la base d’une Pannacotta (maison) aux pêches émincées, manquant, cependant, d’un poil de sucre, un tiramisu voluptueux et sensitif et d’un mi-cuit au chocolat (maison)-sept minutes d’attente- crème fouettée (maison) et glace vanille artisanale d’anthologie qui nous séduira au point d’en requérir un autre exemplaire !


Café de la Place
Place de la République-13 210 Saint-Rémy de Provence-Tél. : 04 90 92 02 13
www.cafedelaplace-stremy.fr

samedi 14 août 2010

Le Prieuré Restaurant - Villeneuve-lez-avignon



L’Instant « Prieuré » aura été (beaucoup) trop bref, mais il aura permis de révéler que l’établissement détient des petits trésors de « bienfaits » destinés à la clientèle dont nous aurons pu apprécier le niveau. Autre jour, autre esprit ! En ce 1er Août de « franc » soleil, les cigales s’en donnent à cœur joie ! Le parc du Prieuré est « enchanteur », et ces vestiges à colonnades sur lesquelles grimpent allégrement les Vignoles et autres glycines, lui donneraient presque une « allure » Romaine ! La cour d’ « honneur », en outre entrée principale de l’hôtel, voit, de-ci delà, dispersées des tables où l’on peut être amené à prendre son petit déjeuner ! D’ailleurs, à cette heure tardive (13 h 20), des clients en sont encore à ce stade ! Quant à nous, nous nous serons attablés sous les glycines, juste aux côtés de ce jardin à l’Anglaise fort riche en essences diverses. Le directeur de l’établissement, Monsieur Favier, est venu nous présenter ses respects, et même s’il s’était révélé un poil « fermé » au départ, fera finalement montre d’une certaine « jovialité », que j’oserais qualifier de contenue ! Côté menus, il faut signaler que le chef, Fabien Fage, a concocté, rien que pour vous, des formules (très) abordables à 35 € / personne (entrée+plat ou plat+dessert) avec verre de vin et café, ou 48 € / personne (entrée+plat+dessert) avec deux verres de vin, eau et café. Après cela, aller dire, ou imaginer, que le lieu n’est destiné qu’aux « nantis » m’apparaîtra plus qu’infondé ! J’engage, notamment, la clientèle d’Avignonnais, de Saint-Rémois, de Nîmois et pourquoi pas, d’Aixois, voire d’ailleurs, à vérifier mes allégations ! Quant à la formule à 78 € en ce 1er Août (servie pour l’ensemble de la table) ou celle à 84 € / personne, elles seront beaucoup plus conformes aux solides appétits (entrée, deux plats, fromage et dessert) ! Aujourd’hui nous ne nous seront préoccupés que de nous et rien que de nous avec, cependant, une petite « pensée » pour vous autres lecteurs et épicuriens ! Le service se révèlera un tantinet lent, et même si la qualité requiert que l’on prit son temps, d’aucuns iront, peut-être, imaginer que le chef prend tout son temps ! Que nenni ! S’il le prend, ce ne sera que pour votre (plus grande) satisfaction ! La présentation, mais pas que ! C’est un ravissement pour les yeux et les papilles ! A titre d’amuses-bouche nous aurons eu la chance de percevoir un filet de rouget sur caviar d’aubergines, très fondant et « marin » ! Le cabillaud confit et pommes de terre tièdes à l’huile d’olive et truffe d’été, petite demie baguette à la croque au sel (et truffes) sur ardoise vous convie à un « feu d’artifice » de saveurs ! Léger, subtile, toute en finesse, l’ « alliance » fonctionne à merveille d’entrée de jeu ! La fleur de courgette, et sa brousse du Rove au miel et sarriette, légumes croquants à l’huile d’olive (AOC) du moulin de la Chartreuse (juste à côté), n’aura rien, absolument rien, à lui envier côté subtilité et plaisir des yeux ! L’association s’avèrera, en bouche, fort bien équilibrée, et « intelligente » ! Les deux langoustines saisies à l’huile de fleurs et romarin, tartare de tomates anciennes (vieilles collections), fin carpaccio de courgettes, peut-être bien la plus « simple » des trois entrées, dévoilera un (très) joli savoir-faire que nous aurons, comme chacun des plats proposés, « mémorisés » avec notre portable ! Le bar sauvage de ligne, cuit lentement, brunoise de légumes et céleris comme une fine raviole, girolles et truffe d’été en émulsion légère, sera parfait en tous points !
Cuisson idoine, raviole (géant) incomparable de suavité, mini girolles « croquants » et truffe (quasi) « dominante » ! Quant au Saint-Pierre beurre demi-sel, poireaux snackés au lard de Bigorre, vinaigrette de pomme de terre à l’huile de noix et truffe d’été, si le lard n’est pas trop « présent», il n’ en révèle pas moins un produit idéalement saisi, mis en exergue, notamment, par la combinaison du « demi-sel », de l’huile de noix et de truffe fort opportune, si ce n’est envoûtante ! Le pigeon des costières de la famille Bayza, rôti en croute de verveine, fruits de saison, et foie gras poêlé, jus aux pêches fraîches de pays, excellera quasiment en tous points. Nous aurons « agrémenté » ce déjeuner d’une coupe de champagne de Baumanière (cuvée spéciale de l’Oustau) et d’un verre de Château Saint-Roch, cru de la vallée du Rhône-Lirac- 2006. Le chariot de fromages s’étant permis une « intrusion » sous notre regard alerté, il nous aurait été bien difficile de ne pas succomber à ses « charmes » visuels et olfactifs ! L’Instant des desserts s’étant approché à grand pas, nous n’aurons pu résister à l’appel des « sirènes gourmandes » pour finir sur une mousse chocolat (noir) grand cru, framboises fraîches et sorbet au cream-cheese, un dessert comme on les aime, franc et sincère, une fraise des bois, avec sa crème mascarpone à la vanille des Iles, crumble et sorbet au géranium odorant, tout en douceur, et d’une jolie finesse de goût comme de texture, la dacquoise et son mousseux praliné-noisette, fraîcheur de pomme verte Grany Smith en sorbet, légère et subtile en bouche avec sa dominante pralinée mais également un tartare de pêches de nos paysans en chaud-froid, glace au miel et romarin, un poil « tatin », un tantinet compotée et un soupçon glacé ! Mais, je dois avouer que ce qui nous a conforté dans notre « appréciation », c’est de l’aveu même du chef venu faire le tour des tables à la fin du déjeuner, qu’il envisageait, non sans une certaine humilité, que, tout compte fait, il demeurait, comme nombre d’autres chefs étoilés, un « marchand de soupe » dont la mission consiste essentiellement à « sublimer » le produit ! Ce chef là a du cran et de la personnalité à revendre, il ne m’étonne plus vraiment qu’il ait fait ses « classes » chef Bernard Loiseau, Alain Passard et Alain Ducasse !


Le Prieuré Restaurant *
7, place du chapitre-30 400 Villeneuve-lez-Avignon
Tél. : 33 (0)4 90 15 90 15 / Fax : 33 (0)4 90 25 45 39
www.maisonsdebaulaniere.com / Email : leprieure@relaischateaux.com

mercredi 11 août 2010

Le Prieuré **** (Relais & Châteaux) - 30 400 Villeneuve-Lez-Avignon




Quant une « livrée » se mue en paradis d’un jour…


La traversée de (l’autre) pont d’Avignon, en direction de Villeneuve-Lès-Avignon, via la Tour de Philippe IV le Bel, n’aura d’autre ambition que de « rencontrer » un adorable petit village médiéval dont une « livrée » (on dirait aujourd’hui un Palais) fut construite au XIV siècle sur ordre du neveu du Pape Jean XXII, le cardinal Arnaud de Via. Devenue Prieuré, la « livrée » se muât en pension de famille, et, finalement, en 1943, en hostellerie de tourisme. C’est en 2006 que Jean-André Charial et sa femme (propriétaires de l’Oustau de Baumanière et de la Cabro D’Or aux Baux de Provence), « tombé sous le charme », décidera de le faire passer sous sa propre bannière ! Tout cela, c’est bien beau, me diriez-vous, mais qu’est devenu le Prieuré en ce XXI ème siècle ? Il «trône », sachez-le, toujours aussi majestueusement (quoiqu’un peu effrité par le temps), au cœur du village, et c’est par le parking clients que notre arrivée se fera, oserais-je dire, en toute simplicité ! Une longue allée menant à la réception nous fera déjà prendre « conscience » du lieu, et même si l’accueil se révélera des plus affables avec, notamment, un bagagiste efficace et prompt, ce n’est qu’en franchissant la porte de chêne verni de l’appartement n° 1 avec vue sur le parc et la terrasse, que nous éprouverons un véritable « coup de cœur » pour une suite, que dis-je, un « espace de vie » frisant là l’excellence ! Il est bien dommage que nous n’ayons eus qu’une nuit pour vous dépeindre, et transmettre, l’âme du lieu, mais, promis, je ne serais pas « pingre » de mes mots, ni de mon « ressenti » ! La partie salon fait incontestablement preuve de recherche et de (bon) goût !
Plafond à caisson « revisité », sol en parquet traité au naturel, tapis tressé, sièges blanc cassé et petits coussins rayés (soit noir et beige, soit noir-beige et rouille), canapés (lit) en velours couleur châtaigne, grand sous-verre au superlatif et sa « vision » de lits défait et d’oreillers (cadeau de Peter Lindbergh), tables basses design et leur profusion de bonbon noir, cheminée de marbre gris clair, trumeau à l’ancienne, appliques « enflammées », table demi-lune et son buste « romain » satiné noir, et suspensions lumineuses en forme de housses d’oreiller ! Rien que cela ! C’est là tout un « programme » décoratif qui vous « prend au cœur » !

Deux portes à double-battants, de part et d’autre de la cheminée, vous engagent vers l’espace nuit, celui des rêves !On a su « prolonger » l’effet du premier espace avec une literie grand style, et, surtout, grand confort, une commode d’époque « très » sculptée, un miroir doré qui vous évitera toutes mauvaises excuses pour ne pas être « nickel » dans votre mise, quatre jolies photos en noir et blanc mettant en scène des pistils rouges, des fauteuils marron assez moelleux pour vous assouplir le bas des reins après une ballade dans le Viel Avignon, un mini bar « comblé », un écran LCD Philips posé au milieu d’étagères murales et puis une belle voute de pierre incluant un bureau étagère laqué blanc. Mais le « summum » du « spectacle », si je devais oser, ce sera cette salle, que dis-je, ce salon de bain immaculé tout de faïence blanche et argentée revêtu !La baignoire « domine », (presque) en son milieu, deux lavabos sur pied, et un carrelage beige clair d’« aspect » parquet ! Indéniablement, on se sent comme « transporté » du passé vers un avenir encore bien incertain ! Toutefois, il est regrettable que la fiche pour le petit déjeuner n’ait pas été ramassée et qu’à 8 h 30 (heure requise) il ait été passé à la trappe ! Rectification faites au téléphone, 10 minutes plus tard, deux généreux plateaux se présentaient (mais pas tout seuls !) à la porte ! Salade de fruit (frais), confitures artisanales l’Epicurien (abricots, oranges, cerises-griottes), yaourts artisanaux (ça change !), panière de pain frais, petits croissants et pains aux chocolat, mais également (le luxe à bien des avantages) quatre-quarts et cake au chocolat, et puis deux (belles) théières (breakfast) toutes fumantes !
Tarifé 545 € en haute saison, la demi-pension l’étant à 695 €, le petit déjeuner à 19 €, le lit supplémentaire à 30 € et le toutou à 10 €, vous pouvez, sans encombre, envisager ce qu’il vous faudra débourser pour profiter d’une douce nuit en « livrée » !


Le Prieuré (Relais & Châteaux)****
7, place du chapitre- 30 400 Villeneuve-Lez-Avignon
Tél. : 33 (0)4 90 15 90 15 / Fax : 33 (0)4 90 25 45 39

www.maisonsdebaumaniere.com / E-mail : leprieure@relaischateaux.com

mardi 10 août 2010

C02 - 84 000 Avignon


Haut en couleurs gustatives

Cela fait partie de ce genre de « découverte » coup de cœur dont j’aime à vous rendre compte régulièrement et assidument. « Blotti » derrière la rue Joseph Vernet, l’artère « class » d’Avignon, l’atelier culinaire d’Olivier c’est avant tout une atmosphère à nulle autre pareille. Portes « grandissimes » à double battants, sol en parquet, petits bosquet-jardin, et vérandas ouverte en cette saison, mais bâchée à volonté, vous « invitent » à la dégustation. La salle aux murs gris et rouges, miroirs « psyché » et appliques design, pour les frileux ou, au contraire, pour ceux qui craignent les « élévations de températures », est faites pour eux ! Côté cuisine, deux cartes « régissent » soit le déjeuner, soit le dîner !
Côté tarifs, c’est du (quasi) imbattable avec un coût moyen le midi de 15 € (entrée+plat ou plat+dessert) et 27 € (entrée+plat+dessert), et de 39 € le soir, avec deux cartes quasiment différentes. Personnellement, nous aurons « testés » celle du midi avec une assiette melon du pays et jambon de Serrano judicieusement sélectionné, et (très fin) tartare de courgette (vinaigrette assez prononcée) à la tomate. Le tartare de bœuf, sans oignons (à notre demande) se révèle idéalement équilibré, et d’autant plus apprécié qu’il est préparé au couteau ! Une verrine de pommes ratte viendra l’ « étayer » fort opportunément. Les linguines au parmesan, olives et jus de veau, font dans la relative excellence !
Quant à l’entrecôte, servie sur ardoise, elle n’a rien de démesuré mais s’avérera parfaitement suffisante avec, là aussi, ses pommes ratte en verrine.

Côté desserts, le clafoutis aux cerises et son coulis de fruits rouges, verrine de fromage blanc, miel et pistaches grillées, le coulant au chocolat, et sa glace spéculoos, auront retenus notre attention. Si le clafoutis, servi tiède, séduit vos papilles dès la première cuillérée sans que vous n’en laissiez la moindre miette, si le fromage blanc en verrine les « interpelle » sitôt l’association « décryptée », si le coulant au chocolat, et sa glace spéculoos, ne méritent véritablement pas de critique, cela tenterait à signifier que le parcours culinaire de notre hôte s’est fort bien déroulé et même, avouerais-je, bien au-delà ! Autant dire qu’il nous a fait « forte » impression !
Horaires d’ouverture : le midi 12h-14h. Le soir 19h-22h30 et week-end 19h-22h 30.



CO2 La cuisine d’Olivier 2
3 bis, rue Petite Calade – 84 000 Avignon
Tél. : 04 90 86 20 74 / www.la-cuisinedolivier.fr

La Ponche - 83 990 Saint-Tropez

L’ « âme » du vieux port

Il est une petite ruelle très (presque trop ?) célèbre qui « décline » lentement, mais sûrement, vers la mer puis, en passant sous le porche, vers la mairie et le vieux port. Elle porte, tout comme l’hôtel objet de notre attention du jour, un patronyme célébrissime. Ici, c’est toute l’âme du vieux Saint-Tropez qui s’exprime ouvertement vers la mer tel un coquillage… Passé un petit restaurant « touristique » à l’angle de la place, on pénètre dans l’espace gustatif de Simone Duckstein, la maîtresse du lieu (quasi) mythique, tout du moins pour les inconditionnels de la cité ! La terrasse, toute dans les tons beiges et jaune d’or, sièges vert d’eau, « retient », en ce mois de Juillet, toute la chaleur ambiante, et c’est bien dommage ! Par contre, la proposition d’une table dressée dans une petite salle intimiste de pas même vingt couverts, avec fenêtre grande ouverte et vue sur l’ancien port de pêcheurs, nous aura intimement touchés. Très heureuse initiative que nous aurons tôt faite d’apprécier d’autant qu’une brise s’engouffrera dans la salle pour nous « rafraîchir » de cette atmosphère pesante (la température frisant ce jour là les 40° au soleil). Aux murs, des cadres design mettant en exergue les œuvres photographiques de Jean-Louis Chaix. Le conseil du maître d’hôtel (femme) est (apparemment) judicieux.

Ainsi, c’est en toute quiétude que nous opterons pour un duo d’asperges vertes et haricots verts (frais) à la vinaigrette de truffe et noix qui se révèlera, cependant, quelque peu minimaliste. La terrine de foie gras de canard aux figues, dévoile une assez belle texture, une saveur respectable, et de la figue sèche en émincé pas franchement idoine. Le marbré de lapereau au cœur de foie gras, et tomates confites, affichera très rapidement des limites de sapidité. Il n’a (quasiment) aucune saveur et se trouve totalement dénué de sel. Le foie gras « domine » dommageablement le lapereau ! Ce n’était certainement pas l’objectif recherché ! Mais voilà, le résultat est là ! Les tomates confites se sont muées en tomates « classiques » sans réel intérêt, et vertes de surcroit ! A contrario, « le » poisson nous apparaîtra beaucoup plus « conforme » à l’esprit du lieu avec une sole meunière (très) généreuse er goûteuse, « désarétée » comme il se doit, pointes de purée maison (il eut été beaucoup plus appréciable qu’elle fut servie en ramequin), un loup de ligne grillé préparé, pointes de purées, et son beurre au vin blanc, bien lié et suave comme on les aime, ainsi qu’une daurade Royale grillée pour le moins « maigrelette » qui, une fois « dépecée » révèlera une chaire, certes goûteuse, mais, comment oserais-je dire, pour le moins « anémiée » ! La quête d’une assiette de frites (maison) n’étonnera nullement et ce ne sera une surprise pour personne de la voir disparaître aussi aisément ! Côté douceur, l’instant fatidique allez ce sera une feuillantine de pommes vertes, glace à la cannelle, sauce caramel, en fait une (toute) petite tarte aux pommes (tièdes) pas franchement désagréable, mais, malgré tout, (assez) décevante d’autant plus que le caramel au beurre salé manquera indéniablement de tenue ! Le croustillant au chocolat noir (là, le maître d’hôtel nous avait prudemment averties !) en mille feuille, et sa crème au thé Earl Grey, n’aura pas cette spontanéité qui aurait du faire « frissonner » nos papilles. Non, seuls trois biscuits chocolatés (certes, pas trop mal « conçus ») entre callés d’une (cependant) jolie crème au thé, feront « office » de mille feuilles sans toutefois nous faire honneur. Quant à la tulipe de sorbets, et sa salade de fruits frais, elle n’aura pas le mérite de « révolutionner » notre perception gustative ! Banale elle sera, banale elle demeurera ! Toutefois ne vous y trompez pas trop, nous aurons su apprécier le lieu et l’instant malgré ces quelques « imperfections » culinaires.
Menu à 26,50 €, entrée, plat, dessert.

La Ponche Hôtel **** Restaurant
3, rue des Remparts – 83 990 Saint-Tropez
Tél : 04 94 97 02 53 / Restaurant : 04 94 97 09 29
www.laponche.com / E-mail : hotel@laponche.com

Sixième Sens - 83 310 Cogolin



Un sens inné du gustatif


Un sixième sens, il en fallait bien un pour dégoter une table aussi « subtile », là-bas, en plein cœur du « fief » de la pipe Varoise. Petite terrasse « cannissée », tables bistrot, et bientôt un verre de Pastis frais qui vous tend les bras ! Non, tout de même pas ! Mais, on s’y croirait presque d’autant qu’à quelques dizaines de pas, « trône » le musée consacré à un immense acteur très « provençal », Raimu. On pénètre finalement dans l’antre de Monsieur et Madame Gréco. Lui en salle, et elle en cuisine au côté du chef Wilfried. Une « conjugaison » des tâches très efficace en somme. La première salle (climatisée) s’affiche dans les tons gris, plafond à rosaces, mûrs de pierres semi-taillées, bar surmonté d’un cadre de fer forgé représentant l’enseigne elle-même, et puis, une immense grille à porte close abritant deux « Eurocave » ainsi que des étagères bourrées de crus régionaux. Quelques marches plus haut, vous voici « propulsé » vers une seconde salle encore plus conviviale avec ses poutraisons, ses appliques diffusant une lumière tamisée, et ses meubles que l’on imagine tout droit sorti d’une brocante locale. Nous nous calerons donc sur des chaises tressées face à une table nappée de beige avec ses sets en métal façon ardoise. Carte en mains, et ardoise posée sur la chaise, nous optons pour les formules du midi à 13 et 15 € (le soir, la carte est plus étoffée, si ce n’est raffinée). Le melon- jambon cru fera bien l’affaire en cette chaude journée. Le choix du produit est juste et aucune critique n’est méritée. Le pavé de saumon qui suit a vraiment de quoi surprendre pour une table, malgré tout, assez modeste. Généreux, il l’est indéniablement. C’est un produit issu d’un pêcheur Toulonnais qui le livre quotidiennement. Un (très) joli beurre blanc l’« encadre », mais également des courgettes, des carottes poêlées et des herbes qui agrémentent l’ensemble avec bonheur. Le travers de porc caramélisé au miel sur lit de frites maison, gros sel d’un côté et gros poivre de l’autre, est un doux instant gustatif d’autant mieux si l’on apprécie le porc ! Même si, personnellement, je ne suis pas un fan, je dois avouer avoir réellement apprécié le met proposé en plat du jour (quasiment) unique. Question desserts, le problème, comment dirais-je, sera vite « résolu » avec un double choix, soit salade de fruits frais, soit crème caramel (non renversée). Ils auront le mérite, fort heureusement, d’être du jour et, ce qui ne gâche rien, de belle facture ! Gageons que le soir le lieu sera digne des plus fervents épicuriens.
Ouvert midi et soir du mardi au dimanche midi

Sixième Sens
28, rue Gambetta-83 310 Cogolin-Tél. : 04 94 82 81 16

lundi 9 août 2010

L'aile ou la cuisse - 13 210 Saint-Rémy-de-Provence


Faveurs culinaires…

Très jolie « entrée en matière », belle déco, accueil jovial, mais affable, de Jean-Pierre, le maître des lieux, tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si, et seulement si, l’ardoise du jour, la formule du midi si vous préférez, n’était un poil « restrictive » avec (seulement) deux entrées, trois plats, fromage ou dessert (une pâtisserie de la vitrine au choix) ! Fort heureusement, la superbe salle voutée (avec clé de voute), et lustre en étain, les murs à grosses rayures beiges et mauves, le bar en chêne « noir », les chaises (hautes et basses) bistrot, le miroir doré au dessus de la commode (et tous les petits détails qui vont avec), mais surtout, cette aguichante, oserais-je même dire, envoûtante vitrine à gauche dés la porte d’entrée, visible, de surcroît, de la rue passante, avec « son » florilège du savoir-faire d’un maître pâtissier d’exception, Olivier Sauvageau, dont Jean-Pierre, serait bien inspiré de « conserver » les faveurs culinaires, révèle une séduction indiscutable. Melon fraîcheur et jambon de Serrano auront l’insigne honneur de nous faire patienter jusqu’au plat de « résistance » (oh, que je déteste cette expression !). L’ardoise (hyper chaude) de filet de bœuf (beau produit), bleu, avec sa sauce crème aux morilles et sa mini cocotte (Emile Henry) de pommes sautées, fait dans la succulence de bon aloi ! Tout est dans la présentation même si, effectivement, la sauce aurait méritée d’être un peu plus « liée » ! Le pavé de saumon, cuit à l’unilatérale (fort justement), riz Thaï et crème fraîche, ne risquait pas de décevoir tant la cuisson est idoine. Quant au coquelet (plutôt gros poussin), il dévoile une belle chaire, cuite à point, ni trop, ni trop peu, associée à des pommes sautées et à une sauce aux morilles fraîches, au demeurant fort aguichante. Mais l’instant fatidique, celui auquel on ne cesse de penser depuis le début du repas, celui destiné aux sucreries et autres douceurs, celui lors duquel on aura été amenés à faire son « choix » face à la vitrine, celui-là même est advenu ! La tarte crumble, pâte sablée à la rhubarbe, la religieuse à la violette, la pannacotta aux fruits de la passion, la mousse chocolat, biscuit Breton au citron, la tarte meringuée et celle à la framboise révèlent un talent pâtissier, à mon avis, « hors du commun », une finesse de réalisation et d’exécution incomparable, allant bien au-delà (quoique !) de ce que mon œil avait supputé (n’omettons pas que nous sommes dans le fief natal de Michel de Nostredame) ! La coupe de champagne était de Joseph Perrier un petit producteur assez doué. Malgré certaines (fausses) rumeurs qui courent sur Saint-Rémy même, si le lieu a récemment (Avril 2010) changé de main, il n’en demeure pas moins au fait de la qualité et ne mérite pas franchement de véritables critiques sauf, peut-être, il est vrai, le côté un peu succinct de la formule au déjeuner.
Formule le midi à 17,90 € et 22,90 €, le soir à la carte.


L’Aile ou la Cuisse-bistrot
5, rue de la Commune-13 210 Saint-Rémy de Provence-Tél. : 04 32 62 00 25

Chez Christophe Boudier - 84 000 Avignon

Pour ne plus vous laisser partir…

La rue des Teinturiers qui, auparavant, s’intitulait la rue du Cheval Blanc, ne « possède » plus que trois roues à eau, dès lors qu’elle en détenait préalablement vingt-trois ! Autre temps, autre mœurs, mais là la municipalité ne s’est pas trouvée vraiment bien « inspirée » en les supprimant ! Le lieu « respire », « vit », et puis, vous « aspire » pour ne plus vous « laisser » partir ! Cette ambiance boulangerie (toujours en activité) vieille de plus de sept décennies (1936, très précisément) est, presque, demeurée dans son jus ! Depuis peu, Christophe Boudier (l’un des « acteurs » du dîner presque parfait sur M6), en a repris les rênes, pour lui donner une toute autre « destinée » ! Sa « Cave à Manger », comme il se plaît à la nommer, « offre » (si je puis dire), tout le produit de son savoir-faire ! Du bel « Art » culinaire, mais tout en simplicité !

Côté « planches » (cela pourrait, par exemple, si vous êtes nombreux, être une vieille porte), nous aurons optés pour une planche «Dali de la Sommellerie » regroupant la « 100 % Groin », et la « 100 % Meuh et Bêêêh » (dixit le maître des lieux). Un florilège des « dons » de cet autodidacte dont le parcours ferait rêver les plus audacieux épicuriens ! Maître sommelier ou maître d’hôtel notamment chez Pierre Gagnaire, Michel Chabrand, puis Marc Veyrat, et, pour « conclure », chez Edouard Loubet (à Lourmarin).
Ainsi démotivé par les « étoilés » du Michelin, il cuisinera dorénavant à domicile et s’installera, pour se faire, et vous faire plaisir, tout comme pour nous, d’ailleurs, en ce jour du mois d’Août d’après Festival, à son propre compte. Son apéro-dînatoire « mettra en scène » une terrine Ardéchoise à déguster au couteau sur pain tranché maison (à la bonne franquette !), au porc et aux châtaignes. Son « plateau », quant à lui, nous engagera vers une « orgie » (non ne vous méprenez pas !) de jambon cru, poitrine fumée, saucisson, caillette tiède, de macarons tomate-basilic, chocolat-foie gras ou saumon, de tatin de joue de porc et de clafoutis camembert-andouille et pomme … Une palette de saveurs multiples, parfois opposées, parfois « épousées »… Avec un fromage Mas de Carles Pelardon fermier des Embrumes (Villeneuve-Lès Avignon), et un Domaine de la Charité, cuvée Bastien- Côte du Rhône village, « tout baignera » ! Seul l’aspect gourmandises aurait mérité d’être « approfondi » car même si les macarons et autres mignardises s’avéreront (assez) séduisants, il n’en demeure pas moins que l’on aurait envisagé quelque chose de plus révélateur, de plus construit et de plus conforme au talent du « Dali de la gastronomie » !


Chez Christophe Boudier-Cave à Manger-bistroquet
67, rue des Teinturiers- 84 000 Avignon- tél. : 06 61 64 07 66
www.christopheboudier.com / contact@christopheboudier.com

Sorelle - 83 990 Saint-Tropez


Heureux détour


Reprise depuis quelques années cette « petite » institution du vieux port offre, à l’encontre de tous ses propres « voisins », un service « snack-chic » (dixit sa propriétaire Jacqueline Fluixa) est-ce-à dire un service rapide et qualitatif de « mets » très Italo-Français à déguster « sur le pouce » ou presque… La déco (hyper) design aux tons gris acier, vitrine emplies de crus rosés de la région Varoise, tables rayées noir, gris foncé et gris clair, sièges et tabourets tressés, confère à ce lieu quelque peu déroutant un petit « je ne sais quoi » qui vous titille d’entrée de jeu. Carte en main (une pour le midi, et une pour le soir, plus élaborée), concoctée par un chef Italien, face aux yachts, nous opterons pour une (relative) simplicité avec un cheeseburger (assez) honorable omettant, malgré tout, les indispensables oignons et autres cornichons, un spaghetti à la Norma, sauce tomates, aubergine, mozzarella et basilic, bien appréciable (l’une de leurs spécialités) mais également une salade Mare Monti assez généreuse en concombre, salade, tomate (pas trop), maïs, thon, champignon de Paris, émincé de gambas, à laquelle manquait, indéniablement, un (gros) filet d’huile d’olive.
Le service est assez lent, et le serveur vite débordé, avec une nette prédisposition pour l’omission ! Il est vrai que, curieusement, plus nous approcherons l’instant des desserts plus il se révèlera aimable et attentif ! Côté desserts, allez, la tarte tatin fera bien l’affaire avec, certes, une cuisson un poil excessive et une boule de glace au yaourt goûteuse mais pas franchement idoine en la circonstance ! Le chocolat liégeois, uniquement glace chocolat et chantilly, aura tôt fait de « régler » le problème avec une incontestable désinvolture. Le banana Split tant attendue « décevra » (tout est relatif) presque autant avec un manque de générosité évident des éléments « majeurs », banane et crèmes glacées. Par contre, le tiramisu « réveillera », in extrémis, nos papilles quelque peu endormies avant de sombrer, fort malheureusement, dans la désillusion !

Sorelle
Sur le port-23, quai Suffren-83 990 Saint-Tropez-Tél. : 04 94 43 87 78
www.sorelle-saint-tropez.com