mercredi 30 novembre 2011

All Seasons *** - 33 700 Mérignac


Fonctionnel, confortable et « ludique » !

Avec son « air » un peu paumé au milieu de nul part, enfin plutôt du côté de l'aéroport de Mérignac, au beau milieu d'une zone, effectivement, très (trop ?) hôtelière, cet ancien de la chaîne Mercure datant d'une vingtaine d'année, aura changé non pas de « robe », mais de « sous-vêtements » ! Exit donc, la déco précédente, et bienvenue, depuis trois ans, à un style design fonctionnel jouant habilement sur les couleurs vives, anis, taupe, prune, et gris ! Double portes électriques, petits chariots (très maniables) pour nos bagages et accueil hyper affable à la à la réception, sans omettre celui de Philippe Maigné, le directeur, qui, par hasard, ce jour-là, et à cette heure, se trouvait en pleine discussion dans le hall. La suite 14 au rez-de-chaussée, clé classique, pas de ces cartes magnétiques, et nous voilà, non sans une certaine « résistance » de la serrure, plongé en un espace d'une trentaine de mètres carrés, scindé en deux « parts » égales, murs blancs, cloison amovible, sol revêtu d'une moquette vert anis, et gris perle, canapé-lit et pouf de velours gris acier d'un côté, et lit king size, bien moelleux soit-dit en passant, de l'autre, rangements multiples dans l'entrée avec, au sol, un revêtement dans le genre « plage de galets », idem dans les toilettes et la salle de douches ouverte directement sur la chambre !
 Les écrans L.C.D Philipps, un pour chaque pièce, auront le « défaut » (si l'on est vraiment sourcilleux) de ne pas être amovibles, ni orientables ! Sinon, côté équipement, cette suite rassemblera tout ce que l'on pourra souhaiter (ou presque), wifi gratuit, séchoir à cheveux, deux climatisations, coin banquette pour le petit déj' ou l'écriture, et moult lampadaires, appliques ou plafonnier pour un éclairage qui, à mon humble avis, manquera d'un poil d'intimité ! Petite ombre au tableau, si je puis dire, la vue directe sur le parking qui entourera l'hôtel, et pas de voilage pour la journée, mais des rideaux isolants pour la nuit ! Côté petit déj', ce sera en salle, si vous suivez le mouvement, avec un (très) large buffet disponible, et en chambre, si vous avez, comme nous, le courage d'aller vous concocter un plateau de viennoiseries, pain tranché aux céréales, jus d'orange à presser soi-même, café et thés, confitures en gelée intéressantes, le tout servi par un personnel aimable prêt à vous prêter main forte, le cas échéant ! Dommage que tous les All Seasons ne soient pas aussi fonctionnels, confortables et « ludiques » que celui-ci !
Chambre + Petit Déj' + Wifi illimité :
1pers. de 70 à 190 € / 2 pers. de 80 à 210 € / 3 pers. de 100 à 240 € (selon la saison)
Animal 6 €. Parking gratuit

Hôtel All Seasons Bordeaux Aéroport
95, avenue J.F Kennedy
33 700 Mérignac
Tél. : +33 (0)5 56 55 93 42

dimanche 20 novembre 2011

Brasserie Le Noailles - 33 000 Bordeaux


Non sans élégance...

Si le succès de cette brasserie à l'ancienne ne s'est jamais démenti depuis Juin 1932, date de son ouverture, force sera de relever que ce sera, essentiellement, parce que l'on aura su, jalousement, préserver cette ambiance chaleureuse emplie de tradition, sans jamais avoir succombé à la tentation, fort répandue, soit dit en passant, de verser dans le style « lounge » ! Chaises en laqué noir et velours rouge, tables nappées de blanc, vaste comptoir marbré avec vitrine affichant les pâtisseries maison (histoire de vous donner quelques regrets, dés le départ), colonnades d'acier, et autres miroirs muraux camperont là une atmosphère, certes, très bistrot Parisien, mais non sans élégance et discrétion ! Rien que la carte fera plaisir à parcourir ! Souvenir, souvenir ! 
Œufs durs au thon mimosa, filets de harengs pommes tièdes à l'huile, tête de veau ravigote, choucroute de Madame Homar, ou tournedos Rossini, etc, etc... Nous nous contenterons, quant à nous, d'une simple salade de haricots verts au bacon, et vinaigre de framboise, et d'un foie gras (pour changer, non là, je plaisante !) de canard mi-cuit, compotée de figues. L'un comme l'autre ne nous décevrons pas, je puis bien vous l'assurer ! Une demie château Haut Marbuzet-Saint Estéphe rouge – 2006 s'invitera à notre table histoire de ne pas nous contredire ! Les noix de Saint-Jacques fraîches, of course, poêlée de cèpes, raviront des papilles habituellement contestataires, le mignon de veau pomme grand-mère (un poil trop saisi !) aurait convaincu les plus blasés. Quant au tournedos Rossini, foie gras poêlé, il aurait enthousiasmé les plus irréductibles végétariens ! Ce qui devait arriver, arrivât, le plateau de pâtisserie se verra attaqué stratégiquement ! Une tarte citron meringuée « coiffée » façon pétard, un financier cerises hyper moelleux, un Paris-Brest renversant d'honnêteté et une tarte aux figues, et noix caramélisées, très convaincue de ses atouts charmes ! Le café servi dans ses tasses vertes à liseret or rajoutera au côté un tantinet kitch, mais si attachant.
Ouvert tout les jours

Brasserie Le Noailles
12, allées de Tourny
33 000 Bordeaux
Tél./Fax.: +33 (0)5 56 81 94 45


Note 13/20



vendredi 18 novembre 2011

Les Sources de Caudalies ***** & Spa - 33 650 Bordeaux-Martillac


La Belle aux Graves Dormants ...

Notre arrivée en ce « Royaume » voué d'un côté à la viticulture et, de l'autre, au bien-être des sens et de l'esthétique, par une belle journée d'Octobre, se sera faite en toute discrétion, par la route dite du Carrosse ! Pourtant, Dieu sait si le Château Smith Haut Lafitte figé, là, au cœur de soixante hectares de vignobles, reconnaissable à ses deux girouettes en forme d'étendard, et l'hôtel Les Sources de Caudalie, désormais classé *****, en imposeraient d'entrée de jeu à leurs visiteurs d'un jour ou d'un soir ! Entre vignes et forêts, l'univers d'Aline Tourbier, et de sa sœur Mathilde Thomas, le premier Hôtel-Spa vinothérapie au monde, s'affichera en un style affirmé conçu à base de matériaux anciens émanant d'anciennes fermes ou chais Bordelais, et ouvert au public depuis seulement dix ans ! Le résultat, bluffant de réalisme ! On se croirait presque dans un (vieil) hôtel de la Vallée de l'Hudson River, du style Relais & Châteaux ! Les deux sculptures de bronze « la femme de vigneron » et « le Cabaretier » signées Tomek, en hommage à la vigne, nous saluerons bien bas, juste avant que le bagagiste ne vienne, respectueusement, prendre possession de nos effets ! Accueil affable de Véronique à la réception qui nous précisera, compte tenu de l'heure relativement matinale, l'appartement « Cœur de Sources » n'étant pas encore prêt, que nous serions invités à patienter en prenant un café au bar, ou en terrasse !
 Ici, point de cartes magnétiques, mais un bonne « vieille » clé à l'ancienne que Véronique nous remettra à la porte de l'appartement situé de l'autre-côté de l'ancien lavoir devenu La Table champêtre des Sources, où les vendangeuses, au siècle dernier, aimaient à venir laver leur linge ! Un seul (petit) bémol, cependant, que l'on fût contraint de passer devant les cuisines (fenêtres ouvertes) pour accéder à notre « Home » de trois jours ! Deux tours de clé plus tard, et nous voici projetés en un espace de quelques 80 à 90 m² conçu tout en simplicité et humilité, dans un style, somme toute, assez épuré ! Deux chambres (assez) généreuses, une literie d'excellente qualité, modèle king size, ou lits jumeaux, et puis, dans la partie salon, des fauteuils club de cuir caramel vieilli, une table familiale, des guéridons, un bahut et une armoire le tout en une ambiance très chalet montagnard, « orchestré » en un gentil méli-mélo plutôt hétéroclite ! L'après-midi, je la passerais à rédiger mes articles, et rien que, dont celui consacré aux Sources, ce qui m'engagera, notamment, vers 18h30, à une découverte solitaire des lieux ! Le bar « très » British, la terrasse « Louisianesque » flottant par dessus le « miroir d'eau », et ses (gros) cygnes blancs (pas si conciliants que cela, d'ailleurs), la sculpture l'automne ou la grappe de la Terre promise par Yvan Theimer, trônant sur la pelouse, ou cette charmante cabane de bois « Tchanquée » réplique de celles du Bassin d'Arcachon, sur pilotis, abritant la suite l'« île aux oiseaux », une suite dédiée, essentiellement, aux passionnés de nature, et autres amoureux « soucieux » d'isolement ! 
Tout ne sera finalement que silence et « zénitude », hormis l'intrusion, le soir à peine venu, d'un groupe de « séminaristes » Français, et d'une présentatrice de la Télévision Russe, pas franchement enclins à la discrétion ! L'aspect jardin d'hiver, murs joliment tapissés, fauteuils et canapés d'osier, billard, plantes vertes, et bouquets de roses rouges, ne sera pas pour me déplaire, d'autant que je souhaitais m'isoler, mais pas méditer, rassurez-vous ! Petit détour par le piano, dans le hall (sans tapoter dessus honteusement comme le groupe précité !) un piano en forme de clavecin, de style Louis XV, à la Watteau, acquis par Alice Tourbier lors d'une vente à Drouot, et rencontre, non pas avec les vélos (mis à disposition de la clientèle à l'entrée de la Bastide des Grands Crus), mais l'une des multiples sculptures de Nathalie Decoster, surgissant qui sur la pelouse près de la piscine, qui prés de la Table du Lavoir avec cette (relative) conviction de séduire, propre aux artistes contemporains ! Et, même si je ne fais pas partie de ses « admirateurs », force sera de noter que je l'aurais, toutefois, humblement remarqué ! Assis, là, sur un modeste banc de bois, j'admirerais le coucher du soleil sur les vignes, et la tour du Château s'illuminant ! Pendant que je m'éloignais pour rejoindre ma suite, derrière moi, le hall et la Bâtisse des Grands Crus, s'inscriront, tout illuminés, en une évidente majesté !
 La Table du Lavoir accueillera ses premiers convives, Le Grand'Vigne, en cette soirée, (comme demain soir, d'ailleurs) s'étant « éclipsé » à son profit ! La nuit s'en est venue sur les Sources de Caudalie et le Lièvre de bronze réalisé par Barry Flanagan, un lièvre géant, pattes en avant, à l'apogée de sa foulée, comme « ils » disent ! Le lendemain matin, dés 6 heures, changement d'ambiance, avec (presque) sous les fenêtres, un défilé de camions réfrigérés, de fournisseurs divers, ou de la lingerie Élis, et, cerise sur le gâteau, un commencement d'activité aux cuisines, certainement pour le petit déj' ! Un réveil plutôt brutal et embrumé, le ciel grisâtre s'étant joint à la « fête », où l'on aura dans cet appartement la réelle sensation, malgré une belle générosité de surface, et une terrasse orientée avec vue sur La Grange aux Bateaux, de se trouver mis à l'écart ! Le côté, somme toute, assez « spartiate » de la déco, en tout cas bien différent des chambres, et autres suites figurant au catalogue, quant à elles bien inscrites dans l'esprit de la Bastide des Grands Crus, du Comptoir des Indes, de La Maison du Lièvre, de L'Ile aux Oiseaux, et de La Grange au Bateau, nous laissera, compte tenu du potentiel charme des lieux, quelque peu circonspects ! Fort heureusement, le petit déj', en chambre, s'imposera comme un modèle du genre avec ses jolies viennoiseries, son pain de mie tranché, sa baguette, son pain aux céréales, et son jus d'orange pressé, le tout dans une fraîcheur incontestable, sans omettre le soin du détail avec les petits beurres d'Echiré et Bordier (beaucoup moins connus), les confitures d'Alain Milliat (exceptionnelles) et le quotidien du jour ! 
Un modèle dont le serveur, qui montrera bien quelque agacement à nous l'apporter, en affichant une mine de circonstance assez symptomatique, serait bien heureux de s'inspirer à l'avenir ! Côté Spa, on imaginera aisément que l'idée d'une cabane perchée dans un arbre aura fait son chemin dans l'esprit de ses créateurs ! Matériaux nobles, pierres et bois, cabines en bois blond, teck, ou cèdre rouge, le tout « mis en scène » au milieu des vignes, incontestablement le concept sera novateur, et magique ! Un simple soin du visage, entièrement manuel, du sur mesure comme « ils » disent, aura permis à ma femme d'observer un délassement des traits, un teint radieux, et une sensation de bien-être indéniable ! Mais, pour tout le reste, à vous de « tester » !

Les Sources de Caudalie *****
Châteaux & Hôtels Collection
Small Luxury Hotels of the World
Chemin de Smith Haut Lafitte
33 650 Bordeaux-Martillac
Tél.: +33 (0)5 57 83 83 83 / Fax.: +33 (0)5 57 83 83 84

Spa Vinothérapie Les Sources de Caudalie
Chemin de Smith Haut Lafitte
33 650 Bordeaux-Martillac
Tél.: +33 (0)5 57 83 82 82 / Fax.: +33 (0)5 57 83 82 81
Horaires d'ouverture du Spa:
Du lundi de 10h à 19h.
Du mardi au samedi de 9h à 19h.
Le dimanche de 9h à 13h.


Note : 14/20  

jeudi 17 novembre 2011

La Grand'Vigne * - 33 650 Bordeaux-Martillac


Alchimie des saveurs et respect du produit

Jour d'anniversaire, non pas celui du chef, Nicolas Masse, mais le mien tout simplement (je ne vous préciserais pas l'année !), un anniversaire en toute discrétion, dans un angle de la salle avec vue sur l'étang, le parc, et « La Grange au Bateau », la partie plus « authentique » de l'hébergement de cet hôtel *****, ma préférée soit dit en passant, celle où j'aurais aimé séjourner, et puis un ciel légèrement couvert, un avant-goût d'hiver, mais une réalité d'automne, il n'en fallait pas plus pour « électriser » nos papilles ! La mousseline de panais, truffe d'été, et l'huître de Gillardeau, granité au vinaigre de gingembre, nous engageront, non sans subtilité et délicatesse en une « ronde » de mets et de saveurs ! Le foie gras de Chalosse mi-cuit aux abricots et amandes fraîches, tuiles de pain de campagne, outre l'esthétique flatteuse, se dévoilera hardi et suave à souhait !
 Le crabe Royal rôti, copeaux de légumes et avocat sur une fine gelée d'eau de tomates (kaki ?), jouera une partition inventive et délirante ! Le crabe, et rien (ou presque) que le crabe ! « L'Aquitaine », entendez le caviar, en carpaccio de bœuf et grains de caviar primeur, toasts aux œufs de cailles moelleux, s'exprimera « tièdement », ostensiblement, avec toute la personnalité qui lui incombera ! Le turbot sauvage rôti, girolles au jus de volaille teriyaki, oignons en tempura et jus de carottes fanes, vibrant et sympathisant, se laissera appréhender, titiller, et cajoler. Un château d'Yquem 1996, nous aura subjugué, « hypnotisé », oserais-je dire, d'entrée de jeu ! Le pigeon de Monsieur Le Guen, rôti à l'anis, Rhubarde confite et pommes de terre fondantes, en robe rosée à cœur, il se révèlera, et de suavité il s'enrobera !
 L'agneau de l'Aveyron, le carré rôti, l'épaule confite et caramélisée, s'inviteront en toute humilité, mais non sans pugnacité ! Un poil d'orgueil, un soupçon d'originalité, et un rien d'excellence ! Côté fromages, affinés par leur Maître Fromager Bordelais, Jean d'Alos, le parcours se fera tout en découvertes ! Côté gourmandises, la Noisettine du Médoc, chocolat Araguani, poire Williams, et craquant au miel s'inscrira dans la finesse et l'extrême justesse, la Transparence aux fraises, blanc-manger et sorbet citron-basilic s'inspirera d'un fraisier « version » translucide, et la Sphère chocolat noir Guanaja, cœur menthe glaciale de révéler l'essentiel des saveurs. On regrettera, cependant, que ces derniers ne nous aient pas fait plus rêver ! 
Ceci expliquerait-il cela puisque nous apprendrons peu après que le chef pâtissier aurait été « remercié », et le nouveau « affecté » depuis peu ? Une seconde étoile pourrait bien être envisagée mais il faudra, préalablement, remettre un peu d'ordre dans les « troupes » en salle, des « troupes » qui se laisseraient quelque peu aller, le service à peine terminé !
Menus : Plaisirs Gourmands 65 €, Plaisirs et Dégustation 95 €.
Fermé du lundi au mardi. En semaine ouvert pour le déjeuner du mercredi au samedi. et le soir, pour le dîner, du mercredi au dimanche.

La Grand'Vigne*
Restaurant Gastronomique
Les Sources de Caudalie
Chemin de Smith Haut Lafitte
33 650 Bordeaux-Martillac
Tél.: +33 (0)5 57 83 83 83 / Fax.: +33 (0)5 57 83 83 84

Note : 16 /20

Le Pressoir d'Argent * - 33 000 Bordeaux


Un instant mémorable pour les sens !

L'ultime étape culinaire au sein du Régent, récemment « titré » le « Grand Hôtel de Bordeaux et Spa » par son nouveau propriétaire, portera comme emblème un homard « revisité » symbole d'un pressoir d'argent qui trônera dés l'entrée, un pressoir en argent massif, sur chariot, réalisé par la maison Christofle, dont l'hôtel, ici présent, peut se targuer d'être le cinquième détenteur au monde, et, plus précisément, en Europe ! Un signe distinctif assez évocateur puisque l'« autre » pressoir se trouverait chez Le Divellec à Paris ! Certes, le décor aura été entièrement, et subtilement, envisagé par Jacques Garcia avec tout le raffinement qui le caractérise ! De la discrétion, du feutré, de l'élégance ! Ici, tout n'est que légèreté et finesse dans une belle dominante mauve et orange-vif. Le service frisant la perfection, nous n'aurons qu'à nous louer de l'approche sobre et « intimiste » des différents intervenants « drivés » par Franck Montagon, le maître d'hôtel, tout droit issu du Bristol. 
Même le chef, Pascal Nibaudeau, un ancien du Radisson à Bruxelles, « veillera » de temps à autre, sur ses convives d'un œil attentif, quasi furtif. Un « sondage » dans le vif du sujet, si je puis dire ! Un Dom Pérignon cuvée Prestige 2002 « engagera » les affinités ! Un mini bar de ligne, juste rôti, cresson de fontaine, et caviar d'Aquitaine, marquera le point de départ d'une expédition gustative de près de deux heures trente ! Le foie gras des Landes de chez Lafitte, anguille fumée, spéculoos, truffe, pomme Granny pochée et légèrement dorée, affichera une suavité surprenant due certainement à la forte personnalité de l'alliance. Les langoustines, et caviar Ébène d'Afrique, brillat savarin, cresson de fontaine, dévoileront, entre ses mains, des charmes insoupçonnés !
 En outre, ce caviar légèrement « tiédi » qui me réconciliera avec une denrée, certes, rare avec laquelle j'avais pris, depuis bien longtemps, mes distances ! Le saumon sauvage, juste cuit, mimosa d'œuf, noisette et truffe, se parera de ses plus beaux atours. Un chef sommelier, nouvelle génération, outre le service du bar à champagnes, mènera, non sans une certain talent, le service du vin, avec un Château Dasy-Védrines-Sauternes-2000 puis un Cos d'Estournel Saint-Estéphe 2004, quand à lui judicieusement et minutieusement « carafé ». La sole de nos côtes et coquillages, épinards et branches, risotto à l'encre de seiche, sauce comme une « bonne femme », créera la surprise, si ce n'est un poil de déception ! Au premier coup d'œil, le filet de sole se trouvera bien esseulé, mais à force de perspicacité, la découverte, en « double fond », du risotto ravivera tous nos espoirs ! Le filet de veau, lentilles vertes du Puy, comme un risotto, lard et tomates confites, et jus secs, légèrement fumé, s'affichera tout en émulsion, et en séduction ! 
Viendra l'instant de choix, celui d'un spectacle dont on ne se lassera pas, celui du homard bleu Breton, au naturel, un spécimen que l'on nous présentera sur plateau, en deux versions, soit 850 gr, soit 1,100kg ! Le 850 gr (déjà impressionnant) se verra orienté prestement vers les cuisines. Le pressoir installé, face à nous, le homard viendra s'y « lover » peu après avant que de se voir mis en scène ! L'excellence et rien que … Que dire d'un tel achèvement ? Rien, sauf que ce sera un instant mémorable pour les sens !
Un chef pâtissier, Michel Rogier, viendra joindre ses talents à ceux de Pascal Nibaudeau, avec tout autant de bonheur ! Son cannelloni de nougatine, marrons glacés, sorbet orange sanguine, et aneth,
son citron de Menton, crème de nougat praliné, feuillantine, et granité coco cannelle, et son crumble de fraises, chocolat ivoire, biscuit aéré aux amandes, n'auront d'autre tâche que de convaincre les plus sourcilleux ! 
Mission pleinement réussie, donc, pour une table fascinante à plus d'un titre ! Un seul regret, peut-être bien, qu'il ne lui ait été attribué qu'une seule étoile (et tout de même 3 Toques au Gault et Millau), dès lors que d'autres, beaucoup moins brillants, se seront (suivez mon regard du côté de la Côte d'Azur), curieusement, vu propulsés par le guide rouge en 2011, d'entrée de jeu, dès l'ouverture, vers une double distinction !
Formules déjeuner à 34 € (entrée + plat ou plat + dessert), et 44 € accord mets et vins. Entrées de 26 à 42 €, plats de 36 à 42 €, homard environ 170 € /850 gr, desserts de 23 à 25 €.


Le Pressoir d'Argent *
Restaurant Gastronomique
Le Grand hôtel de Bordeaux et Spa*****
5, cours de l'Intendance
33 000 Bordeaux
Réservation : +33 (0)5 57 30 43 04 / Fax.: +33 (0)5 57 30 43 03

Note : 16 /20

samedi 12 novembre 2011

Comptoir Cuisine - 33 000 Bordeaux


Il défiera tous les apriori !

Jouxtant le fameux Régent, « l »'hôtel***** de Bordeaux, et le Grand Théâtre juste en face, ce comptoir là « défiera » tous les apriori ! Ambiance design, tons gris acier, tables et chaises hautes, comptoir où l'on pourra déjeuner en solitaire, et mezzanine vers laquelle nous nous trouverons aimablement conviés par Olivier Boyer, le maître du lieu, indéniablement soucieux du bien-être de ses convives. Côté carte, la simplicité et rien que la simplicité de produits sélectionnés avec le perfectionnisme d'un professionnel qui n'arbore pas, in-élégamment, son curriculum vitae !
 Le jambon Ibaïona, 15 à 21 mois d'affinage, s'affichera tout en excellence, tout comme le Jabugo Bellota Pata Negra, 36 mois d'affinage, d'une suavité incomparable et si généreusement proposé (pas de cet « échantillonnage » trop souvent rencontré). Les raviolis au fromage, ricotta, gorgonzolla et parmesan dévoileront une sauce crémeuse et onctueuse en diable ! Quel tour de
main ! L'agneau en carré, cuit à basse température, pointe de mousseline de pommes de terre, obtiendra notre totale adhésion ! Quant au filet de bœuf façon Wellington, foie gras et confit d'échalotes, en croute (scindé en deux tronçons), il s'inscrira dans une excellence difficilement contestable !
 Le choix d'un la Moussière – Sancerre Blanc-2010 et d'un Sauternes « Jeunes Pousses » de Raymond-Lagon-2005 favorisera idéalement les mets concoctés. L'aspect desserts du lieu n'aura pas à rougir eu égard à ses « prédécesseurs », loin s'en faut ! Un baba au Rhum de chez fauchon (eh oui, vous pourrez tout à loisir choisir parmi les spécimens exposés juste à côté), un tiramisu à la framboise, une tarte soufflée au chocolat et un millefeuille vanille (quant à eux conçus par le chef pâtissier de la maison) magnifieront, véritablement, l'instant des desserts, d'autant qu'ils s'afficheront tout en subtilité, finesse et dextérité !
Menu retour du marché le 3 en 1, le midi du lundi au vendredi à 17 €, et carte.
Ouvert tout les jours.

Comptoir cuisine
2, place de la Comédie
33 000 Bordeaux
Tél.: +33 (0)5 56 22 33

l'Avenue Carnot - 33 000 Bordeaux


Tout à la fois simple et sophistiqué !

Le parc Bordelais demeurera bien « son » point de repère s'agissant d'une table (très) orientée sur la mer, une table où les habitués aimeraient à se rendre, en famille, en couple, ou pour affaire, pour déjeuner ou dîner à l'ombre d'un jardin-patio ampli de bambous, ou, quelques marches plus haut, en salle, en un espace résolument design, mais néanmoins chaleureux. Cathy Lombard, la maîtresse du lieu, toute pimpante et sourire, ira, alertement, de table en table, saluer ses convives, une « mission » qui s'imposera à elle, tout naturellement ! Question service, on fera ici dans le bien huilé mais pas (franchement) « ampoulé » avec cette petite pointe de décontraction qui séduit (presque) toujours ! La carte jouera une séduction de bon aloi avec cette alternance de mets simples et relativement « sophistiqués ». Six huitres du parc de l'Impératrice n°2, goûteuses à souhait, et des noix de Saint-Jacques, purée de champignons, petits pains tièdes au beurre de corail et cappuccino, aguichantes au possible, ouvriront le bal gustatif. Une sole entière, cuite au beurre, courgette émincée, conquérante et séduisante, un petit rôti de bœuf, foie gras de canard poêlé, purée de pommes de terre aux épices douces, éminent et savoureux, et une poêlée de Saint-Jacques, et cèpes, polenta crémeuse, et son velouté, des plus désarmante, « libèreront » toutes leurs saveurs, en outre sublimés par un Château Larrivet - Haut Brion, blanc-2008.
Côté desserts, « pour finir tout en douceurs » comme ils disent, la vraie tarte Tatin, son petit pot de crème épaisse, le financier aux éclats de pistache figues et raisins pochés, petite crème brûlée à la vanille, les figues rôties, île flottante et crème glacée au chocolat blanc, et le gâteau Basque (encore tiède) s'inscriront dans l'excellence d'un chef, Pascal Chollet, œuvrant tout autant en « cuisine » qu'en pâtisserie ! Cela se verra, et se ressentira !
Menu en ligne tous les matins (menu du jour 18 €).
Ouvert tout les jours.

Restaurant l'avenue carnot
2, avenue Carnot
33 000 Bordeaux
Réservation au 05 56 02 20 27 / www.avenue-carnot.com

vendredi 4 novembre 2011

Grand Hôtel de Bordeaux ***** & Spa - 33 000 Bordeaux


Un véritable mythe ?

Pour un séjour d'essai, ce fut un séjour de maître ! Depuis onze années que nous n'étions plus revenus à Bordeaux, la rencontre avec ce fleuron de l'hôtellerie, quelque peu « retiré du jeu » durant prés de neuf années pour cause de travaux pharaoniques, neuf ans qui l'auront vu occulté du « paysage » au point que les Bordelais l'auraient quasiment effacé de leur mémoire, se fera, pourtant, sous les meilleurs hospices ! Un courageux promoteur Bordelais, Michel Ohayon, assez perspicace au demeurant, aura relevé le défi en ne conservant que la structure de base, la coque en terme clair, pour, en acquérant les bâtiments voisins, s'étendre au point d'en faire le seul ***** au sein du quartier Des Grands Hommes. Il est vrai que dans son « face à face » perpétuel avec l'Opéra, situé de l'autre côté de la place de la Comédie, il semblera jouer de sa similarité, si ce n'est de sa parenté ! La porte à tourniquet (électrique à ses heures perdues) révélera d'entrée de jeu ce côté délicieusement suranné des palaces d'antan que nous affectionnons tout particulièrement !
 Le voiturier, tricorne sur la tête, l'engagera, et le bagagiste d'amener nos affaires à la suite 315, au troisième étage, une suite-junior de quelques 65 m², avec vue sur le Grand Théâtre, un théâtre conçu en 1776 par Victor Louis, un architecte-initiateur inspiré qui renouvellera son trait de génie, sur le Régent, avec une façade néo-classique à l'identique, colonnade de style corinthien, et un « effet miroir » souvent évoqué ! Côté déco, on frisera l'excellence avec le « coup de crayon », et le don, de Jacques Garcia, « le » décorateur des stars, et la star des décorateurs comme diraient certains ! Le résultat, une suite-junior cosy à souhait, « sensible » même, avec un coin salon à la décoration bien affirmée, et un autre sommeil, lit king size « géantissime », et écran mural Loewe, le tout dans une ambiance décorative très XVIIIe aux tons bleu clair et bordeaux du plus bel effet ! 
L'aspect mini bar, machine à café (et ses dosettes Nespresso), dressing (très bien) équipé et fignolé, et salle de bains aux marbres précieux et rares ( attention, toutefois, au manque total d'étanchéité de la douche et à l'obligation d'utiliser nombre de serviettes pour éponger les dégâts) fonctionnera à merveille ! Élégance et raffinement des lignes, et des matières, indéniables ! Chapeau bas, Monsieur Garcia ! C'est de la bel ouvrage ! Côté service, que ce soit à la réception, à l'Orangerie, à la Brasserie l'Europe, au Pressoir d'Argent, la table gastronomique du lieu ou en chambre, nous n'aurons eu qu'à nous louer de l'extrême discrétion, et gentillesse, d'un personnel professionnel jusqu'au bout des ongles ! 
Allez, avouons-le franchement, cela sera toujours doux à l'oreille d'entendre son patronyme prononcé par une femme de chambre, ou un serveur frappant, dés 8h30, à votre porte (même si l'on sait qu'ils auront été briefés préalablement) pour vous amener le guéridon du petit déj' ! Parlons-en, d'ailleurs, de ce petit déj', un « spécimen » bien peaufiné avec table ronde, nappe blanche, panière de viennoiseries maison, et mini baguettes fraiches, beurres d'Isigny, confitures, par contre, là, pas franchement maison (une erreur à réparer prestement), thés Ronnefeldt très aromatisés, café idoine et jus d'orange fraîchement pressé, un souhait et un soin du détail fort appréciable, et apprécié, soyez-en sûr !
 Soit dit en passant, curieusement, le simple fait de sortir de sa chambre, de déambuler dans les couloirs, de prendre l'ascenseur, de passer via l'Orangerie, le jardin d'hiver, véritable îlot de fraîcheur sous la verrière, et le patio à l'imposante mappemonde, pour finalement traverser un hall tout en marbre et pierre Bordelaise, mobilier très XVIIIe, tissus mauve, prune ou rouge, et créations florales personnalisées, vous donnera une pêche d'enfer pour toute la journée !
Maintenant, pour la bien terminer, si je puis me permettre, je vous conseillerais soit un passage par le Victor Bar (ainsi « baptisé » par respect pour Victor Louis, l'architecte, et Victor Hugo, l'écrivain) et ses 697 culots de bouteilles à l'effet luminescent, si ce n'est fluorescent, délicieusement calé dans l'un des fauteuils de cuir or mat pour siroter l'un des multiples cocktails concoctés par le barman, soit par Les Bains de Léa, le Spa Nuxe, un espace à connotation Romaine, Byzantine, ou Grecque d'au moins mille mètres carrés , sur deux étages, au top de l'hôtel (entendez par là les deux derniers étages), avec un espace « humide », comme ils disent, celui de la piscine à colonnade dans les tons corail, gris et noir, un hammam, un sauna, une fontaine à pluie de fine glace, et une multitude de salons voués aux modelages et autres soins, à la relaxation et au voyage des sens !
Vous me direz que l'un n'a que peu de rapport avec l'autre ! Et moi de vous répondre que ce n'est pas si sûr, car ils procèdent tout deux de l'excellence !
128 chambres supérieures ou « deluxes », 16 suites junior avec salon, 5 suites prestige, et une suite Royale,

Grand Hôtel de Bordeaux***** & Spa
2-5, place de la Comédie
33 000 Bordeaux
Tél.: +33 (0)5 57 30 44 44 / Fax.: +33 (0)5 57 30 44 45

Brasserie l'Europe - 33 000 Bordeaux


Le grand frisson ?

Le face à face, que dis-je le « reflet » du théâtre vers cet hôtel ***** mythique, et vice versa, ne laissera finalement qu'une minuscule place à la terrasse pourtant imposante de la brasserie de L'Europe, l'autre table, certes, moins gastronomique, de cet hôtel entièrement voué à sa clientèle ! L'accès se fera soit par le hall, soit, directement, par la place de la Comédie, et il ne se passera que quelques brèves secondes pour qu'une jeune femme nous plaçât sous un parasol gris avec vue sur l'horloge, et le carrousel de la place Tourny. Côté service, rien à redire ! Bien orchestré, discret, et efficace comme on les aime ! Côté carte, elle aura été conçue par le chef étoilé Pascal Nibaudeau, « le » Maître queue des « pianos » du Pressoir d'Argent. J'ai tendance à penser que cela se limitera uniquement à la seule conception de la carte ! J'en veux pour preuves des « disparités » suffisamment scotchantes pour être notifiées ! Si le jambon Ibèrico de Bellota « Gran Reserva » (48 mois de maturité) en tête, et la tomate cœur de bœuf, mozzarella di Buffala se révéleront extrêmement respectables, il faudra toutefois regretter que le choix de la mozzarella n'ait pas été un peu plus pointu ! Une Buratta des Pouilles eut été, à mon humble avis, compte tenu du lieu ne l'oublions pas, beaucoup plus appropriée ! Le risotto de foie gras, tomates confites, pesto, jus brun fera par contre référence, avec une alliance subtile, et un foie séduisant. Le hamburger de bœuf, salade coleslaw, frites au couteau, la jouera simple, mais efficace. Mais, le plus stupéfiant ce sera surtout l'entrecôte de bœuf, frites au couteau, qui n'aura le mérite que de nous indigner (tout est relatif, bien évidemment), non pas tant par sa purée d'échalotes (non signalée) auxquelles je suis sérieusement allergique, mais plutôt par une absence totale de qualité et un manque de générosité d'un produit on ne peu plus banal, outre une cuisson pour le moins galvaudée ! Nous la retournerons donc avant qu'elle ne revienne, quelques minutes plus tard, à peu prés dans le même état ! Finalement, assez désabusé, nous la laisserons s'en aller, pour ses 2/3, vers d'autres horizons ! Côté desserts, le millefeuille croustillant vanille, glace yaourt au lait de Brebis, le gros macaron pistache, framboise, sorbet cacao, le blanc-manger, et le café gourmand s'inscriront d'office dans la déception ! Il leur manquera, indéniablement, ce petit « supplément d'âme », ce je ne sais quoi d'indescriptible que l'on attendra d'un chef pâtissier sensé vous procurer le grand frisson !
Menu marché à 22 € (le midi du lundi au vendredi, hors jours fériés 12h à 14h30).
Menu du soir à 35 €.

Brasserie L'Europe
Grand Hôtel Bordeaux & Spa*****
2-5, place de la Comédie
33 000 Bordeaux
Tél.: +33 (0)5 57 30 44 44