dimanche 29 juillet 2012

Le Lumière * - 75 009 Paris


Une résignation doublée d'admiration !

Le 28 Décembre 1895 avait lieu un événement unique, phénoménal diraient certains, l'un de ces événements qui prennent, très rapidement, la direction opposée à celle que l'on envisageait, la première séance publique du cinématographe ! Eh bien, sachez que ce « tour de magie » (à l'époque cela avait crée une belle panique dans la salle) aura eu lieu dans le salon Scribe de l'hôtel du même nom. Louis Lumière l'initiateur de génie donnant, involontairement, d'un siècle l'autre, son nom à un restaurant tout aussi lumineux, « blotti », là, sous une verrière, et face au regard protecteur des Frères Louis et Auguste, les deux « inséparables ». A peine rendus au kiosque, l'ouvreuse, pardon, la préposée à la réception des convives, nous avouera que notre réservation n'aurait pas été enregistrée ! Panique dans la salle ! Non, là je plaisante ! Une table nous sera octroyée sans réticence en moins de temps qu'il ne faut pour vous le traduire ! Tons beige, et chocolat, banquettes de velours Cognac, niches et photogrammes en noir et blanc (tous issus de leurs dix premiers films), et vue ascensionnelle vers les chambres, tout cela confèrera à une certaines excellence de vie dans l'instant ! 
Le « prologue », l'entrée du marché, une canette en filet, sa mousseline de choux fleur, et les langoustines rôties sur carapace, fenouil cuit et cru, zeste de Lime, soupe de poissons de roche glacée, versera dans l'esthétisme assurément, mais, parallèlement, dans le minimalisme (surtout pour la canette). Ceci étant, pour une entrée en matière, on ne pourra pas vraiment en vouloir au chef, Sébastien Crison, lui qui prendrait, semble-t-il, fait et cause pour notre moral, comme pour notre ligne ! Son turbot, filet au beurre salé, pak-choï caramélisé, vermicelles de riz, croustillants fumet émulsionné au curry vert, feuilles de cari, son ris de veau « pomme » cuisiné à la cannelle, et au sautoir, potiron en billes, asperges meunières, jus corsé au citron, ou son pavé de thon rouge mi-cuit (un poil trop saisi, l'auriez-vous oublié sur le feu, chef ?), makis de riz au gingembre (mal cuit et pâteux), avocat caramélisé (curieux, mais pas impétueux) se dévoileront tel le cœur du « scénario terre » auquel ce chef nous aura convié en toute légitimité, pas de quoi nous intimider, évidemment, mais, plutôt nos papilles intriguer. 
Mais, je dois avouer que le « petit dernier » du « scénario », le chef pâtissier, Éric Barnerias, un ex du Westminster, du Warwick, et du Ritz, aura su nous « scotcher » ! Du premier coup d'œil, son chariot nous invitera au « délire » pâtissier, et quoi de plus logique, en somme, que de succomber à son « épilogue » une religieuse Joséphine, thé vert Scribe jasmin, et pamplemousse, une ruche pannacotta, thé noir épicé, et miel (de la ruche de l'hôtel, si, si, c'est pas une blague !), un caramel beurre salé, sablé, mousse caramel, beurre salé, un Davy Crocket, tartelette chocolat blanc, dôme noix de pékan macadamia et sirop d'érable, une religieuse Nutella, et son fameux Paris-Brest, crème praliné light, une résignation doublée d'admiration !
Lumière du jour, menu déjeuner du lundi au vendredi (entrée + plat ou plat + dessert – un verre de vin + café). Menu découverte 90 € au déjeuner et au dîner du lundi au vendredi. Prologue de 17 à 25 €. Histoire de mer de 29 à 37 €. Scénario terre de 27 à 39 €. Dénouement de 10 à 14 €. Épilogue de 5 à 18 €.

Restaurant 
Le Lumière *
Hôtel Scribe Paris
1, rue Scribe
75 009 Paris
Tél.: +33 (0)1 44 71 24 24

Note : 15 /20  

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