dimanche 23 septembre 2012

La Table à Manger - 75 116 Paris



Comme un doute sur ses convictions !

Il nous tardait de « rencontrer » l'un des lieux préféré de Serge Gainsbourg, l'homme à la « tête de chou », celui où il aimait à se retirer tel un hermite pour se ressourcer, et s'isoler ! Et, là, je ne plaisante pas, car l'endroit, situé prés de l'Arc de Triomphe, méritera que l'on s'y attardât ne serait-ce que l'instant d'une dégustation, sans la moindre dévotion ! Quelques marches, et le hall tout de bois sculpté de ravir nos sens, direction la salle à manger, une salle quasi « privée », (presque) comme chez soi, à l'ancienne, moulures, lustres à pampilles, délicieusement passéistes, et, pourtant, si réalistes ! Accueil éloquent, sans excès, de quoi s'engager vers notre table du moment sans s'attendre, obligatoirement, à de l'extravagant. Ceci étant, détrompez-vous, ici on ne comptera pas son temps, bien au contraire y dégustera-ton le précieux temps de vivre, celui où l'on sait (encore) faire le distinguo entre virtuel, et réel ! Le tourteau décortiqué pour vous, copeaux de pêche blanche, huile de coriandre, s'affichera dans un relatif ennui. Le caneton de Vendée, mariné selon Apicius, les filets en chaud froid, les cuisses en pannequets (où kaddaïf), ni ne convaincront, ni ne décevront, banals, fort malheureusement, ils se dévoileront ! L'échine de porc fermier de la Sarthe, confite, jus et garniture d'un navarin, selon la tradition, n'interviendra pas trop dans la tentative de médiation, on ne pourra l'envisager telle une révolution ! Le T-bone de veau, rôti en solo (ou à partager, ce sera selon), une pomme Anna, présenté sur plateau dans son entier, se verra occulté pour ne réapparaître qu'une fois tranché ! Rosé, à l'évidence, il sera, mais une cure d'amaigrissement subi, incontestablement, il aura ! La sole en Viennoise, petits pois à la Française, crème d'oignons nouveaux au lard, validera cette fâcheuse sensation que la nouvelle « chef », Amandine Chaignot, outre de minimiser ses proportions, s'adonnera à un savant équilibre entre amateurisme (plus ou moins) éclairé, et professionnalisme déficient ! Outre un service quelque peu décousu, si ce n'est dépassé par les événementiels (sa lenteur frisera l'indécence), et même si le maître d'hôtel, un rital sur le départ (nous avouera-t-il), fera bien son possible pour masquer un malaise perceptible, force sera de relever qu'on aura la nette sensation d'une jolie désorientation ! Seule la « belle tartelette aux fraises des bois », à partager en duo, chantilly vanillée, et sorbet basilic, s'en sortira plus qu'honorablement, hormis ce sorbet basilic-menthe beaucoup trop puissant ! La « pomme Granny mentholée pour vous rafraîchir », toute en fraicheur nous précisera-t-on, s'inscrira dans la déception ! Si l'on aura, l'espace d'un instant, la sensation d'avoir, là, la prestation d'un candidat de Top Chef (ou avoisinant), c'est qu'il planera comme un (sérieux) doute sur ses convictions !
Menus affaires 58 € au déjeuner, dégustation au dîner 90 €. Entrées de 27 à 32 €. Poissons de 32 à 40 €. Viandes de 33 à 72 €. Desserts de 12 à 32 €.

Hôtel Raphaël « La Table à Manger »
17, avenue Kléber
75 116 Paris
Tél.: +33 (0)1 53 64 32 43
Service voiturier

Note : 13,5 /20


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