dimanche 10 février 2013

Le Poulpry - 75 007 Paris


Pudique, mais prometteur !

Un hôtel particulier, avec coursive intérieure, vieux de trois siècles, en plein cœur de Saint-Germain-des-Près, la rue de Dame Catherine Potier (devenue de Poitiers), passé des Monaco-Valentinois au marquis de Noitel, des Luynes au marquis de Poulpry, un lieutenant général, puis à la Maison des Polytechniciens, ça ne s'invente pas, ça se vit ! Notre arrivée dans le parking de la coursive, compte tenu des quatre jeep de la fourrière qui tournaient dans le coin, ne se fera donc pas dans la plus grande des discrétion. Une « polytechnicienne » (de cire, je vous rassure) en faction, quelques marches à gravir, et nous voici introduits en un salon discret déjà « occupé », ce jour-là, par des éditeurs, et des politiques, car, ici, on se trouvera, ne l'oublions pas, à deux pas de la rue de Solférino, et du partie socialiste ! Sébastien Vai, le directeur depuis deux ans de cette table toute en sobriété, affichera une affabilité contenue mais spontanée. Un personnel un brin emprunté, un silence feutré, et nous de déguster un velouté de petit pois, son carré de saumon fumé, histoire d'estimer la carte d'un chef, Igor Swietlik, assurément pudique mais prometteur. Son clafoutis de cèpes légèrement fumés, et d'autres crus, écume de persil plat et ail doux, sa truffe noire Française et céleris rave comme un risotto, riquette au citron vert, et sa terrine de foie gras de canard fumé et pulpe de dattes Medjoul à l'orange, ses brioches, tout cela procédera d'une belle opiniâtreté et inventivité, un souffle de fraîcheur avec un soupçon de candeur, sans atteindre, toutefois, la naïveté ! 
Il nous faudra attendre de succomber à sa pluma de cochon Bellota au tandoori, oignons rouges, (grosses) frites, et caviar d'aubergine, sa poulette du Bourbonnais en cocotte luthée, escalope de foie gras de canard et spätzles aux morilles, et son ris de veau en croute de noix, écrasé d'agria au vieux comté, jus au macvin et mousserons, pour envisager qu'ici on ne fera, indéniablement, pas dans l'étoilé mais plutôt dans la séduisante authenticité ! Un gage de succès auprès d'une clientèle essentiellement d'habitués plus enclin à venir « négocier » qu'apprécier l'hyper médiatisation, et la virtualisation, d'un chef hyper toqué comme chez certains ... Côté gourmandises, un léger bémol s’insérera dans cette « envolée gustative », notamment, et préjudiciablement, avec des profiteroles aux agrumes et chocolat Manjari, pralines roses, et mousse de mandarines Corses, pas franchement convaincantes dont Sébastien reconnaîtra, malgré tout, que les jours seraient comptés. Ce sera donc à la tarte Bourdaloue et poire pochée au miel, glace safran, gelée cacao et tuile caramélisée, tout comme à la gaufre au sucre glace, confiture de Vieux Garçons, glace au yaourt et crème fouettée, que reviendront la délicate mission de faire chavirer nos sens ! Point d'hésitation, mission accomplie !
Notre dégustation de vin : Une demie Baron de Ladoucette.
Entrées de 17 à 19,50 €. Poissons de 28 à 32 €. Viandes de 25 à 27,50 €. Desserts de 8,50 à 9,50 €.
Ouvert du lundi au vendredi.

Restaurant Le Poulpry
La Maison des Polytechniciens
12, rue de Poitiers
75 007 Paris
Tél.: 01 49 54 74 54
Note : 13,5/20


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