vendredi 31 mai 2013

Restaurant Hôtel Daniel - 75 008 Paris



Discrétion et rebellion

Le lys des Relais & Châteaux aura toujours (tout du moins je le souhaite) la même aura auprès d'un public de connaisseur si ce n'est de passionnés du beau et du raffiné. Le Daniel (déjà « expérimenté » en 2012) nous offrira là l'occasion d'apprécier une seconde fois le savoir-faire d'un chef, Jérôme Bonnet, que l'on ne pourra taxer, incontestablement, d'amateurisme … Et si vous ne connaissez le lieu, je vous engage à y venir mettre vos papilles à l'épreuve de ce chef tout en discrétion, et rebellion. Ici, point d'étoile au firmament d'un « ciel gastronomique », point de plaque dorée de Maître Restaurateurs, mais l'empreinte du seul vrai talent ! 
Ainsi banquettes damassées, coussins éparpillés, musique susurrée, et lumière tamisée, s'afficheront-ils en toute sobriété, de quoi décontenancer les plus exaltés. Des « suggestions éphémères » nous extrairons les oeufs au plat beurre noisette et copeaux de truffe blanche tout en humilité et suavité, une truffe de Printemps (Tuber Borchi) originaire du Piémont, dans toute sa splendeur expressive, les (deux) asperges vertes Françaises, un poil minimalistes, œuf mollet frit, une note de fraîcheur parfumée, et le foie gras de canard du Périgord rôti et confit, cristaux de sel de Maldon et poivre noir de Penja, un foie plus que respectable, tout cela nous charmera sans, toutefois, atteindre l'hystérie « gustative » ! 
Les coquillettes au jambon Pata Negra de Bellota (36 mois de maturation) une simplicité à l'épreuve du temps et des modes, les gnocchi de pomme de terre Agria aux noisettes, sauce poulette truffée, une séduction toute en douceur, et le filet de bœuf de chez Hugo Desnoyer, rôti, pomme ratte fondante, et jus à la moelle fumée, l'expression du produit dans son plus simple appareil, n'auront nulle difficulté à prouver que Jérôme Bonnet reste et demeure une valeur sûre ! Le plateau de fromages affinés bio, chèvre, Camembert, et Saint-Nectaire, frisera l'excellence. Côté desserts, le plateau de la pâtisserie des Rêves, « oniriquement » conçus et sélectionné par Philippe Conticini, fera une entrée renversante ! Le Saint-Honoré, le meilleur de Paris, le Paris-Brest, tout en superlatif, le grand cru praliné tout doré et l'éclair au café en roulade chocolatée, parviendraient, à eux seuls, à convaincre de pêcher un curé en pleine confession !
Notre dégustation de vins au verre : Cugakus Pays d'Oc Gérard Bertrand 2011, et Saint-Aubin 1er cru « Les Pitengerets » 2009.
Ouvert du lundi au vendredi de 12h à 15h et de 19h à 22h.

Restaurant Hôtel Daniel****
Restaurant Champs-Elysées
8, rue Frédéric Bastia
75 008 Paris
Tél.: 01 42 56 17 00
Note :14,5/20


jeudi 30 mai 2013

Bistrot du 1er - 75 002 Paris



Un savoir-faire (trop) discret

Nous vous avions déjà évoqué ce bistrot du côté des Halles, un exemplaire empli d'exemplarité, le « summum » de l'humanité, et du savoir-faire discret ! Notez qu'avec un chef comme Xavier en cuisine, vous n'êtes pas prêt de vous en lasser. Le « don » à l'état pur, vous dis-je ! L'un de ces (rares) phénomènes qui jalonnent de temps à autre le parcours gustatif d'un besogneux, et sourcilleux, tel que moi. Toutefois, côté déco, les chaises bistrot, les banquettes de simili noir, et les crus exposés, ne feront pas exception à une règle banalisée. Le silence ne sera certes pas de mise (nous eussions été surpris), mais on devinera, entre chaque « claquement » de mâchoire, une sorte de dévotion face à cette cuisine qui fera, indéniablement, l'unanimité … La « Tatin » de boudin noir de Parra à la pomme poêlée, piment d'Espelette, les oeufs brouillés aux asperges et saumon en verrine, et le carpaccio de magret de canard, foie gras et parmesan, s'inscriront dans l'exception de plats généreusement, et intelligemment, interprétés. 
Le foie de veau, vinaigrette Balsamique, au jus d'ironlaguy, sa pomme de terre purée, ses carottes fanes, la côte de porc fermier du Sud-Ouest, environ 350 gr, ses pommes grenailles et le burger façon Basque, sur planche, foie gras, et (grandes) frites maison, tout cela nous transportera d'aisance et de bonheur ! Un instant à déguster, que dis-je à savourer (au moins) à trois histoire de voir la mine réjouie de votre « complice » d'en face ! L'instant des desserts, celui de tous les « dangers », celui que l'on redoute ou, au contraire, que l'on espère, mettra en exergue trois petits « bijoux » conçus par Xavier himself, une Tatin goûteuse et rêveuse, un riz au lait, confiture de fraises et spéculoos frondeur, et un fabuleux pain perdu de ceux qui vous font bondir, et rebondir, de plaisir ! Mais ne vous prenez tout de même pas pour un Marsupilami !
Notre dégustation de vins au verre : Côte de Duros blanc 2008.
Formule « à la carte » 22 et 27 €. Plat seul 16,50 €. Formule « plat du jour » 14,50 et 19,50 €. Formule (permanente) 25 et 32 €. Apéro 19,50 €. Entrées 9,50 €. Plats 19,50 €. Fromages lait cru 9,50 . Desserts 9,50 €.
Ouvert du lundi au samedi.

Bistrot du 1er
Restaurant – Bar à tapas – Cave à vin
45, rue Saint-Honoré
75 002 Paris
Tél.: 01 40 28 02 62
Note : 13,5/20



mercredi 29 mai 2013

L'Iris d'Or - 60 300 Senlis



Les hirondelles seraient-elles de sortie ?

Il fallait oser venir implanter, là, en terre de Rois (de France), une « ambassade » Chinoise ! Shel-Lin Ding, l'heureuse maîtresse de maison (depuis 2006), la jovialité faite femme, lunette vissée sur le nez, léger accent Taïwannais, s'activera dans son antre dont, à l'évidence, l'origine ne penchera pas du côté de l'Empire du Milieu ! Hormis quelques chaises houssées et satinées de nacre, quelques « ombres » au tableau, un dragon de papier aux griffes bien rabotées (en suspension), et des paravents, l'atmosphère ne restituera pas franchement le côté, parfois, un peu mystérieux de nos « voisins » de l'autre bout du monde … Le plateau traditionnel de l'Iris d'Or, beignet de légumes croustillants, crevettes au sésame, nems, et beignets de poissons, et les délices vapeur ravioles aux crevettes, bouchée de porc, et de bœuf ou croissant de porc, tout ceci fleurera bon le raffinement d'une cuisine somme toute assez légère (malgré certains apriori) et raffinée, il faut bien l'avouer. 
Les crevettes sautées aux feuilles de thé, ou au café, un poil tiédis, mais pas soupçonneuses pour un sous, le Guo Ba miam, « le » plat le plus populaire de Chine, noix de Saint-Jacques, crevettes, nouilles croquantes, petits légumes et sauce aigre-douce, une « panoplie » gustative mais un poil dévergondée et le Tai Zong Ya, le filet de canard grillé et tranché, sauce épicée, feuilles de basilic, menthe et piments secs, tout en suavité, préfigureront l'attrait de mets fort honorablement appréhendés par un chef tout en identité, Sin Song Ding, son mari, le second bienheureux de la maison. Et ça se ressentira ! Même côté douceurs les beignets de banane, les perles de coco et les nems au chocolat s'exprimeront assez subtilement, et sincèrement, avec cette petite note « bridée », et pas déplacée, un « éclat » de rire dans les yeux …
Notre dégustation de thés Long Jing et Ti Kuan Yin, et une seule bière Chinoise la Tsingtao.
Menus de midi 13,50 et 14 €. (sauf dimanche et jours fériés) : assiettes déjeuner 8,50 €. Menu variétés 10 €. Menu délices 38 €. Menu des amoureux 58 € (pour 2 pers.) Menu 48 € (les 4 cuisines régionales). Les bouchées gourmandes de l'Iris d'Or (5 choix) 58 € pour 2 pers. Sélectionnés par l'Iris d'Or : entrées de 6,50 à 23 € (pour 2 pers.) Carte : Entrées de 5 à 6 €. Potages de 4,50 à 8,50 €. Hors d'œuvres de 6 à 8,50 €. Plats de 8 à 14 €. Volailles de 7,50 à 10,50 €. Viandes de 7 à 13 €. Plaques chauffantes de 9 à 14,50 €. Plats aux écorces d'oranges pimentées de 10,50 à 13 €. Spécialités Thaïlandaises et Vietnamiennes : entrées de 5 à 8,50 €. Spécialités aux feuilles de basilic fraîches de 8,50 à 13 €. Brochettes et grillades de 9 à 13 €. Accompagnements de 2 à 6,50 €. Les mets les plus célèbres d'aujourd'hui de 9,50 à 29 €. Bou Fen (paëlla Chinoise) de 14 à 35 € (pour 2 pers.). Spécialités maison de 14 à 80 € (canard Pékinois pour 4 pers. 80 €).
Ouvert du mardi au samedi.

L'Iris d'Or (Le Phoenix)
43, rue du Châtel
60 300 Senlis
Tél.: 03 44 54 38 08
Note : 12,5/20

mardi 28 mai 2013

L'Antre d'Eux - 75 006 Paris



Pas très fair-play !

D'un ancien (petit) bar de quartier Anne-Sophie et Jérémy, en associés qui se respectent, auront su exploiter l'aspect rustique, un tantinet désuet, dédié à tout juste une vingtaine de convives (et encore en comptant les « irréductibles » du comptoir) qu'ils semblaient vouloir « bichonner », et cela même au-delà de toutes attentes … Ce samedi de fin Mars nous donnera là l'occasion de le vérifier, et, surtout, d'apprécier. Hormis quelques difficultés à trouver de la place dans le périmètre, et l'exiguïté des places (aussi petits guéridons, je ne savais pas que ça existait), il n'y avait aucun apriori particulier ! A l'ardoise du jour, la ballottine de canard aux pommes et foie gras, le croustillant de gambas, son émulsion verte, et les rougets à l'unilatéral caviar d'aubergine, pas de quoi chavirer dans le délire gustatif, mais une approche honnête de mets concoctés avec justesse sauf pour le caviar d'aubergine qui s'égarera vers l'insipidité. Les côtelettes d'agneau (bien rosées), leur purée maison, et fricassée de légumes, le croustillant de pied de cochon au foie gras et la pastilla de canard jus éclaté pistaches et noisettes, tout cela augurera d'une assez belle volonté, et pugnacité ! De la simplicité, certes, mais dans le respect des produits, et des saveurs. On regrettera, toutefois, un manque évident de générosité ! La tarte citron meringuée, le mi-cuit au chocolat, et le tiramisù, nous ferons part de leur état d'âme. Du soin, de la lucidité, et de l'objectivité, pas franchement de quoi déprimer ! Un conseil, optez pour le mi-cuit et le tiramisù nos préférés histoire de ne pas les oublier ! Un point négatif tout de même, une légère et regrettable « suffisance » du duo dirigeant, surtout Jérémy qui vous la jouera je sais presque tout, pour le « reste » (notamment pour les vins servis au verre) à vous de deviner ! Pas très fair-play !
Ouvert du lundi au samedi.
Suggestions du jour 25 et 27,50 €. Ardoise : Entrées 8 €. Plats 18 €. Desserts 7 €.

l'Antre d'eux
16, rue de Mezières
75 006 Paris
Tél.: 01 45 44 55 63
Note : 12/20

lundi 27 mai 2013

Le Village à Neuilly - 92 200 Neuilly-sur-Seine



Mais ça, c'était avant …

Et dire qu'à la révolution Neuilly fut un Village surnommé « Port Neuilly », personne ou presque ne le saurait, mais ça, c'était avant ! Au jour d'aujourd'hui, c'est sur l'avenue Charles de Gaulle, du nom de l'auguste général (du siècle passé), que notre choix se portera et, plus précisément, une brasserie très BCBG, très feutrée, canapés et fauteuils de velours aubergine, suspensions façon goutte électrisées, murs lambrissés, colonnades vitrées, et plafond à caissons, pas de quoi ébranler le « petit monde bistronomique » Parisien, mais plutôt s'inscrire dans le respect d'une cuisine de qualité. Une carte du jour avec trois entrées, deux plats et un desserts, et une carte fixe optimisée dans ses propositions, on serait bien mal inspirés que de contester. Les blancs de poireaux tièdes sauce ravigotte, le foie gras de canard maison rôti aux épices, compotée de coing, et la fraîcheur de rillette de bar maison, salade d'herbes fraîches, ne laisseront planer aucun ambiguïté ! 
Des produits frais, du sérieux et pas de place pour le honteux ! L'entrecôte Hereford, environ 300 gr, sa purée maison, sa sauce Béarnaise, le pavé de veau poêlé aux morilles, sur gratin de Macaron Zita n°18 et les noix de Saint-Jacques à la plancha, risotto crémeux aux crustacés, prouveront que certains sont capables du meilleur, et surtout pas du pire ! Et ce ne sont pas les crêpes façon Suzette, flambées au Grand Marnier (certes Princières, mais pas tout à fait Royales), le millefeuille vanille minute, les chouquettes à la crème fouettée, caramel laitier, et le baba bouchon au Rhum Angostina – 1919, qui fourvoieront un déjeuner assez bien enlevé, mais pas parfaitement « éduqué » … Il lui manquera d'un poil d'assiduité, et de sensibilité, mais rien de rédhibitoire en somme.
Suggestions du jour de 8 à 23 €. Entrées de 9 à 16 €. Les cocottes de saison de 17 à 28 €. Assiettes du moment de 17 à 18 €. Poissons de 18 à 36 €. Viandes de 18 à 28 €. Desserts de 8 à 10 €. Pour les petits 12 €.
Notre dégustation de champagne et vin au verre : Champagne Jacquard Rosé, Sancerre Blanc Jolivet.
Ouvert tout les jours.

Le Village à Neuilly
175, avenue Charles de Gaulle
92 200 Neuilly-sur-Seine
Tél.: 01 46 37 17 56
Note : 12,5/20

dimanche 26 mai 2013

Le Comptoir Marguery - 75 013 Paris



Pourquoi pas vous ?

Le comptoir Marguery c'est l'autre aspect d'un « mythe » de la bistronomie, la version « light », oserais-je dire de son « frangin » et néanmoins voisin, moins onéreux, mais (presque) aussi généreux. Ambiance de briques et de bois affichée, suspensions façon ampoule électrique, miroirs envahis d'annonces de vins conseillés, tout ici respirera l'intimité et la sincérité de plats concoctés par Cédric, le second du chef et mentor d'à côté. Ici, pas de manière ni de nez en l'air, mais une simple « cantine » réservée aux habitués, et aux seuls inconditionnels. Le saumon de Norvège mariné à l'aneth, sa crème légère à l'Avruga, et la terrine de canard marbrée au foie gras, s'afficheront dans le respect de la tradition de mets, certes classiques, mais tout en séduction. Le magret de canard au vieux vinaigre Balsamique, pommes Darphin, le cabillaud rôti à l'huile d'olive, mousseline de céleri et jus de veau, et le tartare (sans) piment d'Espelette, pommes sautées, auront raison d'un appétit quelque peu surestimé, mais pas bafoué. L'ile flottante, crème Anglaise, l'ananas rôti, sablé Breton et glace vanille, la brioche façon pain perdu aux pommes, glace caramel beurre salé et le millefeuille aux mandarines crème légère au chocolat (pas le plus révérencieux qui soit eu égard à l'original, celui à la vanille) régaleront (presque tous) les accrocs de plaisirs pâtissiers ! Alors, pourquoi pas vous ?
Notre dégustation de champagne et vin au verre : Champagne Henry Abelé. Pouilly Fumé Domaine Blondelet 2012.
Formules du jour 16,50 et 20,50 €. Menu saison 26,50 €. Menu tout compris 32,50 €. Entrées de 7,50 à 12 €. Plats de 13 à 14 €. Desserts de 6,50 à 8 €.
Ouvert tout les jours. Service voiturier.

Le Comptoir Marguery
9, boulevard de Port Royal
75 013 Paris
Tél.: 01 42 17 43 43
Note :12,5/20

samedi 25 mai 2013

Café Latin - 75 006 Paris



Un souvenir du temps passé

La rue Saint-André des Arts « la » rue touristique par excellence, ses crêperies, ses cafés, son herboriste, ses hôtels, et puis son Café Latin, initié par le père de Yann et Lætitia Chevance, le frère et la sœur, en 1992 non sans un certain talent, un talent qu'ils auront su perpétuer efficacement. Association de tons rouge et noir, poutraisons et pierres taillées, chaises bistrot et guéridons, vieilles affiches de bières, champagnes et autre apéritifs, et une inimitable atmosphère de bistrot d'époque où l'on savait apprécier l'instant. Au jour d'aujourd'hui, ne resterait plus qu'un vague souvenir de ce temps passé, mais de temps à autres il nous plaît à découvrir quelques « survivants ». La terrine de canard au poivre vert maison conseillée par le « petit » Nicolas, le sommelier, nous ira droit au tripes … Expression virile, et sensation expressive.
 La salade Italienne, sans les poivrons marinés (pour cause d'allergie irrépressible), mozzarella, artichaut, tomates confites et basilic, un exemple de générosité, et les beignets de calamar sauce tartare, n'auront peut-être pas les même convictions mais développeront d'autres options. Le filet de canard au miel et vinaigre de xérès, pommes sautées et le tartare Italien, huile d'olive et copeaux de Parmesan, et le feuilleté de saumon à la duxelle de champignons, un style coulibiac revisité, nous conforterons dans l'idée que le chef, Philippe Guret, un « jeunot » de 22 ans, saura révéler des produits sélectionnés non sans une certaine efficacité. La fonction des desserts, ici, n'aura nul besoin d'être vantée ! Ce sera du spontané et de l'authentique. La Tatin caramélisée, et « beurrée » à cœur, le gâteau de Maman aux pommes et aux poires, en carré découpé, et la crème brûlée, crémeuse et onctueuse à souhait, tout cela procédera d'un réel talent pas franchement galvaudé.
Notre dégustation de Champagne et vins au verre : Drappier Carte Blanche, Bordeaux Blanc – 2011. Château Guirard, Montagne Saint-Emilion 2007 - Les Piliers de Maison Blanche et Muscat Hanepoot Jerepigo – 2012, et un vieux Marc de Champagne de chez Drappier .
Formules 19 et 25 €. Entrées de 7 à 12 €. Salades composées de 10,50 à 12 €. Croque Poilâne 8 €. Plats de 11 à 15 €. Fromages et desserts 7 €.

Café Latin
30, rue Saint-Andra des Arts
75 006 Paris
Tél.: 01 46 33 02 06
Note : 12,5/20


vendredi 24 mai 2013

Sormani - 75 017 Paris



Un hymne à l'amour …

Devrais-je vous (re)confier que Sormani, c'est le plus respectable, et touchant, des « Italiens » de Paris, outre un patron, Pascal Fayet, hyper sensible, du genre qui n'existe pratiquement jamais en restauration mais qui friserait l'exception celle d'une institution (28 ans d'âge) digne d'un vieux millésime qui aura l'avantage de la maturation, et de l'exposition. Une rue (légèrement) pentue, un rayon de soleil, une légère brise et nous voici propulsés en ce lieu hors du commun, celui d'un homme tout à la fois âme, que dis-je « colonne vertébrale » d'un lieu à nul autre pareil ! Tout ce petit « microcosme » s'affichera efficacement, mais, toutefois, discrètement autour des tables, s'éclipsant comme par enchantement leur « mission à peine accomplie. 
La mortadelle (très) finement tranchée, l'amuse-bouche maison, précédera d'un pas les oeufs au plat, polenta en habit de truffe noire, « magiques » d'humilité, l'assiette de jambon « Culatello di Zibello », sa noix de beurre demi-sel, et le damier de coquilles Saint-Jacques crues et truffe noire émincée, des « classiques » fort appréciés et merveilleusement interprétés. Les tagliatelle à la truffe noire, crème et savoir-faire du chef, le rognon de veau grillé, son gratin de macaroni au lard, et le veau farci à la truffe noire (entière, une première sur Paris), ses tortellini, joueront la carte de la dextérité sans excentricité ! De la justesse, de la finesse et du bon sens ! Une recette infaillible. C'est là tout l'esprit de Pascal Fayet ! 
De la rigueur, certes, mais non sans (un réel) bonheur ! Même le gorgonzola, filet d'huile d'olive et roquette, se révélera incomparable d'onctuosité et de perspicacité. Ici, l'instant des desserts ne se verra pas galvaudé ! Mieux encore, il sera magnifié ! Le moelleux au chocolat Araguani pur Venezuela, glace café, façon Fort Boyard, sourcilleux mais pas pompeux, le tiramisù Sormani, glace caramel, la tarte aux fraises acidulées, éclats de meringue, glace pistache, œuvres de Pascal Starderoli, le chef pâtissier, choisiront les saveurs pour nous l'exprimer et la ferveur pour nous motiver.
La dégustation de Franck Potier, le chef sommelier : Champagne Billecart-Salmon Rosé.
Entrées de 25 à 30 €. Poissons de 38 à 40 €. Pâtes et risotto de 25 à 60 €. Viandes de 30 à 42 €. Fromages : assiettes, ou tarte fine au Gorgonzola 11 €. Desserts de 12 à 30 €.
Ouvert du lundi au vendredi.

Sormani
4, rue du Général Lanzerac
75 017 Paris
Tél.: 01 43 80 13 91
Note : 15/20

jeudi 23 mai 2013

Le Mauzac - 75 005 Paris



Un instant de séduction bien affirmé

Une (femme) chef de 21 printemps, ça ne court pas les restos sur Paris, mais ça s'apprécie, surtout, quant il s'agira de la propriétaire du lieu ! Chloé ne se montrera pas franchement en salle, préférant exercer ses talents en cuisine et laisser le soin de la salle à ses compères Benjamin et Frédéric, une collaboration qui trouverait son point d'orgue avec la satisfaction … du client ! Dans un décor de vieux zinc, un poil alambiqué, chaises de rotin, tables faïencées, comptoir zinqué et crus à déguster, on ne pourra pas dire que vous vous sentirez délaissé. D'ailleurs, le Mauzac (l'enseigne du bar à vins) ne fait-il pas référence à un cépage traditionnel du Gaillacois qui excellerait dans le blanc sec, doux, et effervescent. L'assiette de dégustation de foies gras, mariné au Cognac, au pain d'épices puis aux figues, s'inscrira en un belle excellence de produits maison appréhendés avec subtilité. Des saveurs, et rien que, mais point trop (une règle d'or). 
L'entrecôte sur planche, ses frites maison en cocotte, et le tajine d'épaule d'agneau au miel, et épices douces, semoule aux amandes, démontreront, s'il en était besoin, qu'il n'est nul nécessité d'avoir du « vécu au compteur » pour offrir un instant de séduction bien affirmé. Pourquoi devrait-on, systématiquement, occulter (comme certain « confrères ») des « âmes » naissantes, des talents non révélés par « le » microcosme gastronomique et ses (grands) « adeptes » chroniqueurs ou critiques ? Ici point de strass, point de luxe ostentatoire et point de « pétage de plomb », rien que du vrai ! Côté desserts (du jour), le tiramisù praliné aux éclats de cookie chocolat, les figues rôties, leur glace au miel, et le crumble aux pommes, crème fraîche à la cannelle, du fait minute (avec un poil d'attente), se trouveront bien pourvus et conçus, de la bel ouvrage !
Notre dégustation de vins au verre : Domaine des Gravennes 2011 blanc Côte du Rhône. Bithon- Paille « 4 Vents » 2010 blanc Côteaux du Layon.
Pour commencer de 6,50 à 9,50 €. Le plaisir est dans nos grandes assiettes … de 16,50 à 19,50 €.
Le bonheur des papilles est dans le coin, coin des Landes de 16,80 à 27,80 €. Là on passe aux choses sérieuses … de 17,50 à 59 €. Les entrées du jour … de 7,50 à 24 €. Les plats du jour de 17,50 à 21,50 €. Les desserts du jour de 9,50 à 10 €. Vous avez dit … j'aime le fromage (!) de 7 à
10 €. Vous prendrez bien une douceur de 6,50 à 9,50 €.
Ouvert du lundi au samedi de 12h à 14h30 / de 19h30 à 22h30.

Le Mauzac
Bar à vins – Restaurant
7, rue de l'Abbé de l'épée
75 005 Paris
Tél.: 01 46 33 75 22
Note : 12,5/20


mercredi 22 mai 2013

Ciel de Paris - 75 015 Paris



Les « aventuriers » de la Tour Montparnasse ...

Top départ pour le 56ème, un vent violent, et, en arrivant, une légère sensation d'oreilles bouchées, mis à part ça, rien à signaler, sauf une (infime) impression de vacillement ! La jeune femme au desk ne l'envisagera même pas. Une table au « balcon », histoire d'occulter ce vertige qui me « colle à la peau », et nous voici prêts à toutes les audaces car ici, c'est le chef, Christophe Marchais, qu'il vous faudra « rencontrer » gustativement et subjectivement … Ses cuisses de grenouilles, patate douce, et chips de manioc, beurre léger à l'ail, n'auront pas grand chose à déclarer sauf l'excellence dont elles feront l'objet ! On leur attribuera, malgré tout, une origine « indéterminée » ! Renseignement pris, son C.V s'affichera, l'Aquitaine ! 
Le foie gras Septième ciel, la spécialité de l'hiver, bouchées poêlées, sot l'y laisse, vrai-faux risotto de pommes de terre à la truffe tout en subtilité et opiniâtreté et les poireaux pressés mi-croquants, au foie gras, vinaigrette aux noisettes, pas présomptueux mais ingénieux, feront mieux que de se révéler ! Une évolution des mœurs gustatives pourtant bien encrées dans les mentalités. Le cœur de filet de bœuf, rattes du Touquet au beurre salé, sauce truffes, le boudin noir « Christian Para », compotée de chou rouge et chutney de pommes, et la selle d'agneau (en canon) farcie aux olives noires, croute de pistache, panais poêlés et purée maison, se dévoileront très séducteurs, et pas spécialement frimeurs. 
Le Saint-Marcellin de chez Marie Quatrehomme, voluptueux et onctueux, ne décevra que les intrigants. L'irrésistible Paris-Brest, style Ciel de Paris, praliné à l'ancienne sur sablé Breton revisité par Baptiste Methivier, le chef pâtissier, le millefeuille classique, crème légère à la vanille Bourbon, bouleversant de séduction, la pomme Tatin, pommes fondantes au beurre salé, chantilly à la vanille Bourbon, glamour on ne peux mieux, et le chocolat grands crus, crémeux Dulcey, mousse Araguani, chantilly Jivara, émoustillant et enivrant, mais un tantinet « violent », tout cela nous chamboulera sans qu'il nous soit possible d'y résister...
Notre dégustation de champagnes, et vins au verre : Champagne rosé Ultra brut Laurent-Perrier, Louis Roederer brut 2007 et « R » de Ruinart, Blanc de blanc. Grand cru Château Léoville Las Cases 1988 Deuxième cru classé.
Déjeuner gourmand (uniquement en déjeuner sauf dimanches et jours fériés) : Menu 2 plats 29 €. Menu 3 plats 38 €. Carte : Un (entrées) de 25 à 99 €. Deux (poissons) de 29 à 58 €. Trois (viandes) de 22 à 44 €. Quatre (fromage et desserts) de 13 à 15 €. Le bar à Millefeuille version salée 24 €, version sucrée 13 €.

Ciel de Paris
33, Avenue du Maine
75 015 Paris
Tél. : 01 40 64 77 64
Note : 15,5/20

mardi 21 mai 2013

Au Chien Qui Fume - 75 001 Paris



Une tradition qui perdure …

« J'ai l'exclusivité de l'enseigne » nous précisera de son accent Tropézien Jean-François Llana, le maître des lieux, une (modeste) auberge du XVIIIème siècle, 1740 pour être très précis, « rivée » là face aux anciennes Halles du Roi où marchands, et autres employés, aimaient à se rafraîchir et évoquer un certain Jean-Baptiste Poquelin dit Molière qui naissait à deux pas de là, en 1622, rue de la Tonnellerie … Dans les années 1920, le nouvel ayant droit, propriétaire d'un caniche et d'un griffon bien dressés, l'un à fumer le cigare et l'autre la pipe, l'enseigne était toute trouvée ! 
Et si l'on y rencontrait essentiellement mandataires, et forts des Halles, ce sont les gourmets qui forgeront la clientèle n'hésitant pas à se « mêler » autour de tables communes. Exit les Halles de l'époque et bienvenue à une table un poil canaille où le monde du cinéma aimera à se délecter de plats dévergondés « fumants et odorants ». Il est vrai que ce jour là nous aurons quelques difficultés à choisir à la carte, Jean-François Llane nous narrant ses souvenirs Tropéziens du temps où tout gamin, rue de la Ponche, il s'endormait au son du jazz de Charlie Parker, Dizzy Gillespie, et bien d'autres encore … 
D'ailleurs, quand il en parlera son sourire s'irradira, et ses yeux pétilleront … Il est vrai qu'avec son côté un tantinet désuet, son comptoir de bar « dédié à la gente canine », ses globes lumineux, ses photos d'acteurs en noir et blanc, ses tableaux animaliers, et ses colonnades, il saura vous prendre par les sentiments ! Côté carte, pléiade de mets « enluminés », trois huîtres Gillardeau revigorantes, un foie gras de canard frais maison exemplaire, et un saucisson chaud pistaché aux lentilles du Puy en toute humilité suffiront à nous émouvoir … 
Le cochon de lait rôti grand-mère, en cocotte de cuivre, un revival des années passées, du temps où l'on savait bien manger, et se restaurer, les tagliatelle aux truffes, leur sauce Périgourdine au foie gras délicieusement interprétés en toutes sommité, et le filet de bœuf simplement grillé, sa sauce Béarnaise au poivre maison, ses haricots verts frais, feront mieux que de séduire, même les plus grincheux et teigneux des habitués … Un Saint-Marcelin plus tard (un peu ferme, mais convaincant), le macaron au chocolat, crème légère à la pistache, la tarte Tatin toute en tradition, et le baba au Rhum, sa crème fouettée, fruits confits, mettront un terme à un instant plus que stimulant. Et si les forts des Halles était encore parmi nous, nous aurions pu rester toute
l'après-midi ...
Notre dégustation de champagne et vin au verre : Champagne Réserve du « Chien qui fume ». Macon Uchizy.
Menu déjeuner « Le Chien qui Fume » 19,90 €. Menue Bazil 36,50 €. Menu « Le Chien Coquin » 28,60 €. Menu Complet 47 et 37,20 €. Carte : Entrées de 9,20 à 17,70 €. Pâtes de 13,70 à 24 €. Plateaux de fruits de mer de 30,20 à 115,90 € (2 pers.). Poissons de 22,30 à 26,40 €. Les marmites 23 €. Les plats de 18,70 à 32 €. Fromages de 8,50 à 9,50 €. Desserts de 8,70 à 10,50 €.
Ouvert tous les jours jusqu'à 2 heures du matin.

Au Chien qui Fume
cuisine traditionnelle
33, rue du Pont Neuf
75 001 Paris
Tél.: 01 42 36 07 42
Note : 13,5/20


Le Temps au Temps ... - 75 011 Paris



Il faut laisser le temps au temps …

Un temps que nous n'avions pas (pour x raisons) eu pour venir « encanailler » nos papilles chez Denis Savarots, un chef très discret du quartier Paul Bert voisin du Chardenoux de Cyril Lignac, et qui œuvrerait en toute humilité pour seulement vingt quatre convives, rien que des privilégiés ! Seul en cuisine, il consacrera toute son énergie, et son savoir-faire, à votre seul plaisir, le plaisir des mets … La grosse horloge, l'affiche de Véli Kovic, et la demie douzaine d'ardoises, vous souhaiterons la bienvenue dans un mini espace en « prise directe » avec la cuisine, et son chef. Le croustillant d'agneau, sa petite salade, un clin d'œil aux mets moyen-orientaux, délicats et goûteux et les oeufs brouillés sur fondue de tomate, ne feront, certes, pas dans l'esthétique mais plutôt dans le bucolique. Le pavé de cabillaud, ses endives braisées au chorizo, et le sauté de veau purée de pommes de terre, procéderont d'une belle exactitude de conception et d'un souci prononcé pour les petits budgets. Du simple, du bon et tout pour satisfaire une clientèle d'habitués ! A 15 € la (première) formule, on ne pourra taxer, Denis Savarots, de pingrerie ! Côté desserts, la charlotte aux poires, et crème pistache, revisitée, en verrine, et la tarte Tatin, feront montre d'une jolie prouesse sur Paris, vous donner l'envie d'y revenir !
Formules midi 14,50 et 18 €. Formules menu 23, 27 et 30 €.
Ouvert du Mardi au samedi.

Le Temps au Temps …
13, rue Paul Bert
75 011 Paris
Tél.: 01 43 79 63 40
Note : 12/20

lundi 20 mai 2013

Cap Seguin - 92 100 Boulogne-Billancourt



Pas de feu sacré !

A peine plus éloigné de l'Ile Seguin qu'un départ de jogging, face au péniches enneigées, et à la Seine déprimée, avec vue sur le Parc de Saint-Cloud aux « reflets » immaculés, ce restaurant aux allures de péniche ancrée, fera montre d'une certaine perspicacité ! D'ailleurs, au moment où j'écris ces lignes, la neige s'est remise à tomber magnifiant une vision déjà assez enchanteresse ! Fauteuils d'osier tressé, moquette rayée, « ciel » bâché, rideaux en décliné, et orchidées « empotées », le maître du lieu, Manuel Heurtier, un poil préoccupé par un chauffage capricieux, viendra à notre table, quelques minutes, présenter « sa » carte, et « son » chef, Bertrand Martin, avec force détails exprimés. Une cuisine privilégiant les produits frais issus de petits commerçants, le pain de chez Poujauran, les fromages de chez Escudier, la viande de chez André, et l'Ibérique de la maison Byzance. Que de jolies références ! Histoire, peut-être, de nous montrer les capacités du chef, il nous amènera, personnellement, une crème brûlée au citron, effeuillé de confit de canard à la coriandre, une alliance osée mais, somme toute, assez rien enlevée ! Sa (simple) salade de cœurs de laitues et roquette, œuf mimosa et Parmesan, filet d'huile d'olive, sa terrine de foie gras au naturel et gelée de piment d'Espelette et un velouté de châtaigne, foie gras poêlé, mériteront notre attention, mais pas de véritable admiration !
 Et ce n'est pas la Pluma et joue de cochon Ibérique confite, tranche de potiron en aller-retour à peine consommable (faut aimer), et purée maison, la tarte fine de boudin Basque et Saint-Jacques, pomme fruit et émulsion dont la combinaison restera à démontrer, et l'entrecôte, purée et mâche, franchement maigrelette (à peine 200 gr), défaitiste en diable, qui dérideront des papilles sur la défensive ! Aurons-nous droit à un peu plus de séduction côté desserts ? Que nenni ! On pourra même affirmer que le chef pâtissier ferait mieux de se
ré-orienter ! Aucun intérêt à son financier noisette dominé par une chantilly à la mandarine, un mille-feuille de poires pochées, crème d'amandes amères, crème au thé, « démoli » (et non déstructuré) dont la crème affichera une insipidité démoralisante, et un sablé à la pomme rôtie, caramel beurre salé, et glace vanille, affligeant de banalité et d'insipidité. En résumé, on ne sentira pas chez ces chefs le côté feu sacré !
Formule 35 €. L'Express du midi 20 €. Menu enfant 5 €. Entrées de 8 à 16 €. Plats de 18 à 28 €. Desserts de 9 à 12 €.

Restaurant Cap Seguin
Face au 27, quai le Gallo
92 100 Boulogne-Billancourt
Tél.: 01 46 05 06 07
Note : 11/20


dimanche 12 mai 2013

Yayin - 75 017 Paris



Une « maîtrise » totalement inattendue

Une sommelière qui tiendrait une table (et non un bar, nuance) à vins dans le XVIIème cela ne surprendra personne. Mais, si je vous confiais que Yaëlle Ifram s'investirait en une (nouvelle) cuisine essentiellement juive, et connaitrait les vignobles du plateau du Golan, des Monts de Judée ou de la Haute Galilée comme d'autre la Loire, le Bordelais ou la Bourgogne, je ne crois pas m'aventurer en terre inconnue … Depuis quatre ans, Yaëlle met toute son énergie (il n'est que de l'observer courir des cuisines vers les tables), et son savoir-faire, au service d'une clientèle avertie, juive évidemment, mais pas que (la preuve), soucieuse de s'évader des chemins culinaires pré-tracés … Côté ambiance, on aura fait dans la sobriété de tons framboisés, de rideaux rayés, de miroirs dorés, de lustre alambiqué, de suspensions cubiques, et d'un sol façon parquet (plus vrai que nature). 
Côté cuisine, le velouté d'artichauts de Jérusalem (oh, le velouté), et fines tranches de Boutargue, les makis de foie de volaille, omelette Japonaise, et oignons confits, et le Strudel aux champignons sauvages, crème de cèpes, friseront l'excellence, une « maîtrise » totalement inattendue et un chef pas vraiment pris au dépourvu ! Le magret de canard à la haroset, polenta crémeuse, le veau fondant façon pot-au-feu en cocotte, aux petits légumes, raifort et la cocotte de pargit « comme à Bombay », riz parfumé aux épices, confirmeront que cette cuisine « revisitée » ne se discréditera pas. Une conviction menée « tambour battant » sans la moindre hésitation. Le millefeuille, la (vraie) Tatin aux coings tièdes, crème épicée, mikado de Granny et l'ananas rôti aux quatre épices, marqueront d'une trace de spatule appuyée, et d'un coup de douille enflammé, le territoire d'un chef devenu, pour l'occasion, pâtissier …
Notre dégustation de vins au verre : Chardonnay « Odem Vignoble Bio » Yarden 2009 caves du Golan, un vin issu du vignoble bio, résolument fruité, ananas et pêche, boisé, avec des notes de pain grillé et de beurre.
Plat du jour 13,90 €. Formules 21,50 et 80 €. Entrées de 14 à 24 €. Plats de 22 à 31 €. Desserts 11 €.
Ouvert du dimanche au vendredi.

Yayin
Restaurant à vins & Nouvelle cuisine juive
33, rue Cardinet
75 017 Paris
Tel.: 01 43 80 63 60
Note :13/20

vendredi 10 mai 2013

De l'Autre Côté - 75 010 Paris



Un vrai philosophe

Dans le style « petit » bistrot de quartier, à deux pas de la République, et du Boulevard Magenta, il y a les authentiques, et les « bénéfiques » (pour la caisse du patron), et pas vraiment de place pour l'entre deux ! Mais, chez Ali Dogan Racai on versera dans une toute autre catégorie, à mi-chemin du décontracté et du bridé. Pas de prise de tête, mais une simplicité bien ancrée. Son foie gras maison, confiture de figues, toasts grillés, ne décevra pas, même si la graisse l'envahira un peu trop à mon goût. Le coq au vin, ses coquillettes, non empli de siccité, son magret de canard entier, rôti au miel, à la mangue, son dôme de purée maison, et le tartare à l'Italienne, au couteau, filet d'huile d'olive et frites maison, trouveront tous les mots pour le dire. Un langage vrai, direct, sincère, pas de ces « gloubi-boulga » envahissant la pseudo-bistronomie. Côté dessert, la tarte au citron, et la Normande, clameront d'une seule voix leur envie de se laisser déguster sans protester ! Avec la bonhommie d'Ali, et sa philosophie toute de générosité, pourquoi faudrait-il encore hésiter ?
Formules 13,50 et 19 €. Plat unique 14 €. Salades gourmandes de 12 à 13 €. Entrées de 6 à 10 €. Viandes de 13 à 16 €. Poissons de 14 à 22 €. Fromages de 4,50 à 10 €. Desserts de 6 à 8 €.
Ouvert du lundi au samedi.

De L'Autre Côté
Restaurant – Café – Concerts
7, rue Léon Jouhaux
75 010 Paris
Tél.: 01 42 02 86 82
Note : 11,5/20

jeudi 9 mai 2013

Gontran - 75 009 Paris



Il prend là de sérieux risques …

L'ouverture d'une brasserie au cœur d'un quartier comme celui de la rue Lafayette c'est toujours un petit événement, d'autant que toute une clientèle de bureau, et (de futurs) habitués, s'y engouffreront bruyamment. Les tons gris et jaune paille (moucheté de noir) s'imposeront en un style très seventies de quoi séduire plus d'un amateur du genre. Seulement voilà, si Jacky, la maîtresse du lieu, se montrera très attentive, si ce n'est inquiète, force sera de relever qu'elle se trouvera quelque peu dépassée ! Mais, c'est surtout du côté des cuisines que résidera notre inquiétude, une inquiétude qui se confirmera rien qu'en passant devant ! Un « amateurisme » évident, une approche négligente, et des produits pas franchement de premier choix ! D'ailleurs, ce ne sont pas la chiffonnade de Serrano sortie de la cellophane, et les rillettes en verrine banales à pleurer qui nous démentiront … Côté hamburger, la « spécialité » de la maison, le Fernand, pain de la boulangerie Moisan, viande hachée, tranche de (bloc) de foie gras de canard, et sauce Porto, ne cassera pas trois pattes à un volatile ! Affligeant, si ce n'est consternant ! (Question hamburger, Alain, allez faire un tour au BB6, au Diner, au « Camion qui fume », ou au Ralph's à Saint-Germain-des-Près). Le Ernest, pain, viande hachée, mayonnaise, tomate, fromage à raclette, œuf au plat, ne fera guère mieux ! Le « simple » tartare à l'Italienne, filet d'huile d'olive, semblera poser un gros problème au chef ! Viande (très, très) quelconque (pourtant annoncée sur la carte d'origine Hugo Desnoyer !), frites pas vraiment emballantes, et salade parfaitement inutile ! Côté desserts, Alain tentera bien de relever le niveau avec une tarte au citron façon « déstructurée » pas flamboyante, un pain perdu maigrelet, une Charlotte chocolat démoralisée, et un baba au Rhum pas franchement au top de sa forme. Il aura omis, indéniablement, que qualité et sincérité des produits sont essentiels et qu'en omettant cette règle prioritaire, il prend de (sérieux) risques...
Apéros, tapas de 4,50 à 8 €. Salades de 12 à 13 €.Viandes Hugo Desnoyer de 14 à 19 €. Spécialités de hamburgers de 12,50 à 15 €. Desserts de 4,50 à 9 €. Les gourmands de 7,50 à 8 €.

Gontran
Café – Resto
43, rue le Peletier
75 009 Paris
Tél.: 09 54 44 15 27
Note : 10 /20

mercredi 8 mai 2013

Diner - 75 007 Paris



Y'a le même sur Brooklyn !

Hello, ici pas de « pseudos », mais une ambiance très seventies voulue, imaginée, et « mise en boîte » par Hadrien, Yann et Alex, trois « inséparables », mieux que des potes, liés par un même objectif, la réussite de leur dernière trouvaille, un « Happy Diner » style New-Yorkais qui, depuis le mois d'Octobre dernier, ne désemplira pas ! (Gros) carrelages en décalé, chaises bistrot, guéridons, et boxs style vieilles banquettes de métro (de seconde classe, en bois) Juke-Box, et les inévitables étagères de produits « made in U.S.A », avec le parquet et le comptoir revisité en noir et blanc, un petit « Strawberry Fields Forever » des Beatles par là-dessus et nous voilà prêts pour une dégustation toutes papilles dehors ! Le New-York hot dog, le Royal Bedford, un French Cheeseburger avec cheddar fondu, viande hachée (et sélectionnée), le Oh Yeah Burger, un buns au pavot, compotée d'oignons, sauce maison au Comté, et le Chuck Norris Burger une version XXL, pimentée, ses 250 gr de steak, tout pour caler, constitueront l'essentiel d'un déjeuner version U.S à (presque) 100 % ! Ne manquera plus que le country, les Harley garées devant, et la serveuse en Stetsons, pour faire un peu plus couleur locale … Car réveillez-vous, point d'U.S.A à l'horizon, et le seul 7ème Arrondissement de Paris ! Du côté des desserts, l'orgie ne sera pas loin ! Le French Toast, sirop d'érable, un pain perdu revisité à l'U.S, le cheesecake au Philadesphia, la tarte au citron meringuée et le muffin au chocolat, le tout « fait maison, mais pas maison » comme le précisera la serveuse (non sans une pointe d'humour), laisseront planer un réel souhait de recherche et de soin. Ici on ne galvaudera pas, on assurera !
Notre dégustation : Coca light only !!!!
Breakfast 8 €. Burgers de 6 à 15 €. Bagels de 10 à 14 €. Eggs de 10 à 133,50 €. Salads de 12,50 à
14 €. Desserts de 5 à 7 €.
Open 7 days a week 8 am to 2 pm

Diner
12, rue du Champ de Mars
75 007 Paris
Tél.: 014 – 555 – 0279
Note : 11,5/20


mardi 7 mai 2013

Un Dimanche à Paris - 75 006 Paris



Philippe Auguste aurait bien pu attendre …

La table la plus « historique » de Paris, le patron le plus attentif, et l'un des chefs les plus doués de sa génération, Williams Caussimon, que demander de plus ! Rien, sauf d'y déjeuner en bonne compagnie comme ce fut le cas en ce mois de Février, après avoir tourné durant deux heures histoire de nous débarrasser de notre « carrosse » ! Philippe Auguste aurait bien pu attendre, mais nous, non ! A 14h bien tassées, le miracle (Simon, c'en est un !) se produira, une place ! 
Et nous voilà en train de courir, et de remercier, le chef de nous avoir attendu ! La salade de haricots verts œuf poché et Parmesan, une bouffée de mets basics, et le foie gras marbré au chocolat pur Vénézuela, sucrine et tiramisù cacao, et truffe, tout en onctuosité et suavité prononcées, tout cela nous « parlera », nous « évoquera », sans sombrer dans la mièvrerie de conceptions alambiquées. La viande « mijotée » du jour, la joue de porc caramélisée, sabayon de chocolat blanc tout en somptuosité et félicité, nous l'interprétera mi-Asiatique, mi-bucolique, un juste équilibre entre saveur sucrée et salée, le porc fondant littéralement bouche. 

Et puis « le » moment (presque) phare du lieu, celui où vous projetterez à l'autre bout du lieu, dans un tout autre univers, dans le petit monde pâtissier d'un tout nouveau chef (le second du précédent), Manuel Bouillet, pour succomber aux charmes plus ou moins ravageurs de ses créations de rêves. Un plateau argenté d'une dizaine de spécimen qui fera s'écarquiller les yeux de notre voisine, une Cannoise de passage prête à parier que nous ne serions pas à même d'assouvir notre pêché mignon, celui des gourmandises …
Suggestion de champagne, et vins au verre : Ayala brut rosé nature. Chablis AOC « Premier cru Les Vaillons » Domaine Laroche 2008. Gewurztraminer AOC Vendanges Tardives 2009 (blanc). « Les Voluptueux » Domaine Kuehn.
Carte du déjeuner Hiver 2013 : Suggestions 19, 24, 25 et 31 €. Les entrées 12 €. Les plats 17 €. Les desserts de 9 à 11 €.
Carte du soir : Suggestions 32 et 39 €. Menu mystère en cinq temps (selon l'inspiration du chef)
62 €, avec accords mets & vins 88 €. Carte : Les entrées de 11 à 18 €. Les plats de 25 à 34 €. Fromages 11 €. Desserts de 9 à 12 €.

Un Dimanche à Paris
L'Art Gourmand Chocolat
4-6-8, cour du Commerce Saint-André
(Saint-Germain des Près)
75 006 Paris
Tél.: 01 56 81 18 18
Note : 15/20