mercredi 11 août 2010

Le Prieuré **** (Relais & Châteaux) - 30 400 Villeneuve-Lez-Avignon




Quant une « livrée » se mue en paradis d’un jour…


La traversée de (l’autre) pont d’Avignon, en direction de Villeneuve-Lès-Avignon, via la Tour de Philippe IV le Bel, n’aura d’autre ambition que de « rencontrer » un adorable petit village médiéval dont une « livrée » (on dirait aujourd’hui un Palais) fut construite au XIV siècle sur ordre du neveu du Pape Jean XXII, le cardinal Arnaud de Via. Devenue Prieuré, la « livrée » se muât en pension de famille, et, finalement, en 1943, en hostellerie de tourisme. C’est en 2006 que Jean-André Charial et sa femme (propriétaires de l’Oustau de Baumanière et de la Cabro D’Or aux Baux de Provence), « tombé sous le charme », décidera de le faire passer sous sa propre bannière ! Tout cela, c’est bien beau, me diriez-vous, mais qu’est devenu le Prieuré en ce XXI ème siècle ? Il «trône », sachez-le, toujours aussi majestueusement (quoiqu’un peu effrité par le temps), au cœur du village, et c’est par le parking clients que notre arrivée se fera, oserais-je dire, en toute simplicité ! Une longue allée menant à la réception nous fera déjà prendre « conscience » du lieu, et même si l’accueil se révélera des plus affables avec, notamment, un bagagiste efficace et prompt, ce n’est qu’en franchissant la porte de chêne verni de l’appartement n° 1 avec vue sur le parc et la terrasse, que nous éprouverons un véritable « coup de cœur » pour une suite, que dis-je, un « espace de vie » frisant là l’excellence ! Il est bien dommage que nous n’ayons eus qu’une nuit pour vous dépeindre, et transmettre, l’âme du lieu, mais, promis, je ne serais pas « pingre » de mes mots, ni de mon « ressenti » ! La partie salon fait incontestablement preuve de recherche et de (bon) goût !
Plafond à caisson « revisité », sol en parquet traité au naturel, tapis tressé, sièges blanc cassé et petits coussins rayés (soit noir et beige, soit noir-beige et rouille), canapés (lit) en velours couleur châtaigne, grand sous-verre au superlatif et sa « vision » de lits défait et d’oreillers (cadeau de Peter Lindbergh), tables basses design et leur profusion de bonbon noir, cheminée de marbre gris clair, trumeau à l’ancienne, appliques « enflammées », table demi-lune et son buste « romain » satiné noir, et suspensions lumineuses en forme de housses d’oreiller ! Rien que cela ! C’est là tout un « programme » décoratif qui vous « prend au cœur » !

Deux portes à double-battants, de part et d’autre de la cheminée, vous engagent vers l’espace nuit, celui des rêves !On a su « prolonger » l’effet du premier espace avec une literie grand style, et, surtout, grand confort, une commode d’époque « très » sculptée, un miroir doré qui vous évitera toutes mauvaises excuses pour ne pas être « nickel » dans votre mise, quatre jolies photos en noir et blanc mettant en scène des pistils rouges, des fauteuils marron assez moelleux pour vous assouplir le bas des reins après une ballade dans le Viel Avignon, un mini bar « comblé », un écran LCD Philips posé au milieu d’étagères murales et puis une belle voute de pierre incluant un bureau étagère laqué blanc. Mais le « summum » du « spectacle », si je devais oser, ce sera cette salle, que dis-je, ce salon de bain immaculé tout de faïence blanche et argentée revêtu !La baignoire « domine », (presque) en son milieu, deux lavabos sur pied, et un carrelage beige clair d’« aspect » parquet ! Indéniablement, on se sent comme « transporté » du passé vers un avenir encore bien incertain ! Toutefois, il est regrettable que la fiche pour le petit déjeuner n’ait pas été ramassée et qu’à 8 h 30 (heure requise) il ait été passé à la trappe ! Rectification faites au téléphone, 10 minutes plus tard, deux généreux plateaux se présentaient (mais pas tout seuls !) à la porte ! Salade de fruit (frais), confitures artisanales l’Epicurien (abricots, oranges, cerises-griottes), yaourts artisanaux (ça change !), panière de pain frais, petits croissants et pains aux chocolat, mais également (le luxe à bien des avantages) quatre-quarts et cake au chocolat, et puis deux (belles) théières (breakfast) toutes fumantes !
Tarifé 545 € en haute saison, la demi-pension l’étant à 695 €, le petit déjeuner à 19 €, le lit supplémentaire à 30 € et le toutou à 10 €, vous pouvez, sans encombre, envisager ce qu’il vous faudra débourser pour profiter d’une douce nuit en « livrée » !


Le Prieuré (Relais & Châteaux)****
7, place du chapitre- 30 400 Villeneuve-Lez-Avignon
Tél. : 33 (0)4 90 15 90 15 / Fax : 33 (0)4 90 25 45 39

www.maisonsdebaumaniere.com / E-mail : leprieure@relaischateaux.com

mardi 10 août 2010

La Ponche - 83 990 Saint-Tropez

L’ « âme » du vieux port

Il est une petite ruelle très (presque trop ?) célèbre qui « décline » lentement, mais sûrement, vers la mer puis, en passant sous le porche, vers la mairie et le vieux port. Elle porte, tout comme l’hôtel objet de notre attention du jour, un patronyme célébrissime. Ici, c’est toute l’âme du vieux Saint-Tropez qui s’exprime ouvertement vers la mer tel un coquillage… Passé un petit restaurant « touristique » à l’angle de la place, on pénètre dans l’espace gustatif de Simone Duckstein, la maîtresse du lieu (quasi) mythique, tout du moins pour les inconditionnels de la cité ! La terrasse, toute dans les tons beiges et jaune d’or, sièges vert d’eau, « retient », en ce mois de Juillet, toute la chaleur ambiante, et c’est bien dommage ! Par contre, la proposition d’une table dressée dans une petite salle intimiste de pas même vingt couverts, avec fenêtre grande ouverte et vue sur l’ancien port de pêcheurs, nous aura intimement touchés. Très heureuse initiative que nous aurons tôt faite d’apprécier d’autant qu’une brise s’engouffrera dans la salle pour nous « rafraîchir » de cette atmosphère pesante (la température frisant ce jour là les 40° au soleil). Aux murs, des cadres design mettant en exergue les œuvres photographiques de Jean-Louis Chaix. Le conseil du maître d’hôtel (femme) est (apparemment) judicieux.

Ainsi, c’est en toute quiétude que nous opterons pour un duo d’asperges vertes et haricots verts (frais) à la vinaigrette de truffe et noix qui se révèlera, cependant, quelque peu minimaliste. La terrine de foie gras de canard aux figues, dévoile une assez belle texture, une saveur respectable, et de la figue sèche en émincé pas franchement idoine. Le marbré de lapereau au cœur de foie gras, et tomates confites, affichera très rapidement des limites de sapidité. Il n’a (quasiment) aucune saveur et se trouve totalement dénué de sel. Le foie gras « domine » dommageablement le lapereau ! Ce n’était certainement pas l’objectif recherché ! Mais voilà, le résultat est là ! Les tomates confites se sont muées en tomates « classiques » sans réel intérêt, et vertes de surcroit ! A contrario, « le » poisson nous apparaîtra beaucoup plus « conforme » à l’esprit du lieu avec une sole meunière (très) généreuse er goûteuse, « désarétée » comme il se doit, pointes de purée maison (il eut été beaucoup plus appréciable qu’elle fut servie en ramequin), un loup de ligne grillé préparé, pointes de purées, et son beurre au vin blanc, bien lié et suave comme on les aime, ainsi qu’une daurade Royale grillée pour le moins « maigrelette » qui, une fois « dépecée » révèlera une chaire, certes goûteuse, mais, comment oserais-je dire, pour le moins « anémiée » ! La quête d’une assiette de frites (maison) n’étonnera nullement et ce ne sera une surprise pour personne de la voir disparaître aussi aisément ! Côté douceur, l’instant fatidique allez ce sera une feuillantine de pommes vertes, glace à la cannelle, sauce caramel, en fait une (toute) petite tarte aux pommes (tièdes) pas franchement désagréable, mais, malgré tout, (assez) décevante d’autant plus que le caramel au beurre salé manquera indéniablement de tenue ! Le croustillant au chocolat noir (là, le maître d’hôtel nous avait prudemment averties !) en mille feuille, et sa crème au thé Earl Grey, n’aura pas cette spontanéité qui aurait du faire « frissonner » nos papilles. Non, seuls trois biscuits chocolatés (certes, pas trop mal « conçus ») entre callés d’une (cependant) jolie crème au thé, feront « office » de mille feuilles sans toutefois nous faire honneur. Quant à la tulipe de sorbets, et sa salade de fruits frais, elle n’aura pas le mérite de « révolutionner » notre perception gustative ! Banale elle sera, banale elle demeurera ! Toutefois ne vous y trompez pas trop, nous aurons su apprécier le lieu et l’instant malgré ces quelques « imperfections » culinaires.
Menu à 26,50 €, entrée, plat, dessert.

La Ponche Hôtel **** Restaurant
3, rue des Remparts – 83 990 Saint-Tropez
Tél : 04 94 97 02 53 / Restaurant : 04 94 97 09 29
www.laponche.com / E-mail : hotel@laponche.com

Sixième Sens - 83 310 Cogolin



Un sens inné du gustatif


Un sixième sens, il en fallait bien un pour dégoter une table aussi « subtile », là-bas, en plein cœur du « fief » de la pipe Varoise. Petite terrasse « cannissée », tables bistrot, et bientôt un verre de Pastis frais qui vous tend les bras ! Non, tout de même pas ! Mais, on s’y croirait presque d’autant qu’à quelques dizaines de pas, « trône » le musée consacré à un immense acteur très « provençal », Raimu. On pénètre finalement dans l’antre de Monsieur et Madame Gréco. Lui en salle, et elle en cuisine au côté du chef Wilfried. Une « conjugaison » des tâches très efficace en somme. La première salle (climatisée) s’affiche dans les tons gris, plafond à rosaces, mûrs de pierres semi-taillées, bar surmonté d’un cadre de fer forgé représentant l’enseigne elle-même, et puis, une immense grille à porte close abritant deux « Eurocave » ainsi que des étagères bourrées de crus régionaux. Quelques marches plus haut, vous voici « propulsé » vers une seconde salle encore plus conviviale avec ses poutraisons, ses appliques diffusant une lumière tamisée, et ses meubles que l’on imagine tout droit sorti d’une brocante locale. Nous nous calerons donc sur des chaises tressées face à une table nappée de beige avec ses sets en métal façon ardoise. Carte en mains, et ardoise posée sur la chaise, nous optons pour les formules du midi à 13 et 15 € (le soir, la carte est plus étoffée, si ce n’est raffinée). Le melon- jambon cru fera bien l’affaire en cette chaude journée. Le choix du produit est juste et aucune critique n’est méritée. Le pavé de saumon qui suit a vraiment de quoi surprendre pour une table, malgré tout, assez modeste. Généreux, il l’est indéniablement. C’est un produit issu d’un pêcheur Toulonnais qui le livre quotidiennement. Un (très) joli beurre blanc l’« encadre », mais également des courgettes, des carottes poêlées et des herbes qui agrémentent l’ensemble avec bonheur. Le travers de porc caramélisé au miel sur lit de frites maison, gros sel d’un côté et gros poivre de l’autre, est un doux instant gustatif d’autant mieux si l’on apprécie le porc ! Même si, personnellement, je ne suis pas un fan, je dois avouer avoir réellement apprécié le met proposé en plat du jour (quasiment) unique. Question desserts, le problème, comment dirais-je, sera vite « résolu » avec un double choix, soit salade de fruits frais, soit crème caramel (non renversée). Ils auront le mérite, fort heureusement, d’être du jour et, ce qui ne gâche rien, de belle facture ! Gageons que le soir le lieu sera digne des plus fervents épicuriens.
Ouvert midi et soir du mardi au dimanche midi

Sixième Sens
28, rue Gambetta-83 310 Cogolin-Tél. : 04 94 82 81 16

lundi 9 août 2010

Sorelle - 83 990 Saint-Tropez


Heureux détour


Reprise depuis quelques années cette « petite » institution du vieux port offre, à l’encontre de tous ses propres « voisins », un service « snack-chic » (dixit sa propriétaire Jacqueline Fluixa) est-ce-à dire un service rapide et qualitatif de « mets » très Italo-Français à déguster « sur le pouce » ou presque… La déco (hyper) design aux tons gris acier, vitrine emplies de crus rosés de la région Varoise, tables rayées noir, gris foncé et gris clair, sièges et tabourets tressés, confère à ce lieu quelque peu déroutant un petit « je ne sais quoi » qui vous titille d’entrée de jeu. Carte en main (une pour le midi, et une pour le soir, plus élaborée), concoctée par un chef Italien, face aux yachts, nous opterons pour une (relative) simplicité avec un cheeseburger (assez) honorable omettant, malgré tout, les indispensables oignons et autres cornichons, un spaghetti à la Norma, sauce tomates, aubergine, mozzarella et basilic, bien appréciable (l’une de leurs spécialités) mais également une salade Mare Monti assez généreuse en concombre, salade, tomate (pas trop), maïs, thon, champignon de Paris, émincé de gambas, à laquelle manquait, indéniablement, un (gros) filet d’huile d’olive.
Le service est assez lent, et le serveur vite débordé, avec une nette prédisposition pour l’omission ! Il est vrai que, curieusement, plus nous approcherons l’instant des desserts plus il se révèlera aimable et attentif ! Côté desserts, allez, la tarte tatin fera bien l’affaire avec, certes, une cuisson un poil excessive et une boule de glace au yaourt goûteuse mais pas franchement idoine en la circonstance ! Le chocolat liégeois, uniquement glace chocolat et chantilly, aura tôt fait de « régler » le problème avec une incontestable désinvolture. Le banana Split tant attendue « décevra » (tout est relatif) presque autant avec un manque de générosité évident des éléments « majeurs », banane et crèmes glacées. Par contre, le tiramisu « réveillera », in extrémis, nos papilles quelque peu endormies avant de sombrer, fort malheureusement, dans la désillusion !

Sorelle
Sur le port-23, quai Suffren-83 990 Saint-Tropez-Tél. : 04 94 43 87 78
www.sorelle-saint-tropez.com