dimanche 28 mars 2010

In.Stinct - 98 000 Monaco

La générosité est de mise

Au cœur de la rue Princesse Caroline, il est un espace tout de gris clair et foncé « vêtu », dans le style lounge, où vous pouvez, tout à loisir, vous installer soit sur des chaises hautes face à un guéridon, soit plus « classiquement » (si je puis dire) sur des banquettes. En tout état de cause, l’accueil est affable mais un mauvais point concerne cependant l’éclairage beaucoup trop « présent » à notre goût surtout à l’heure du déjeuner, et la coupe d’un champagne, certes récemment ouverte, mais d’une qualité somme toute assez banale. Question gastronomie, le caractère des mets proposés va, par contre, nous étonner d’autant plus que la générosité est de mise ! Le foie gras (l’un des meilleurs tests que l’on puisse être amené à faire pour déterminer le niveau de l’établissement visité) au torchon, mi-cuit « maison », est excellent, ses trois tranches ne nous démentiront pas tant il est juste en saveur avec ce côté mi-ferme mi-onctueux que l’on reconnaît aux meilleurs. Le lapin râble au basilic et à la moutarde ancienne, outre d’être présenté dans un plat à four, est plus que copieux avec ses deux grosses portions « baignant » dans une sauce goûteuse à souhait. Le filet de bœuf, quant à lui, est de belle facture, accompagné de pommes safranées et de courgettes. L’entrecôte, servie bleue, n’a rien à lui envier question qualité et générosité. Mais, vous devez savoir que l’un des tests que nous apprécions le plus concerne les desserts et c’est toujours un doux instant que nous abordons non sans une certaine anxiété. La poire au vin cannelle est certes flatteuse, mais manque singulièrement de sucre ! Les profiteroles, deux spécimens, sont « aguichantes » et ce n’est pas la chantilly, certes « en bombe », qui nous fera changer d’avis d’autant qu’elle demeure parfaitement acceptable, sans toutefois égaler la fraîche. Le clafoutis n’est pas mal non plus mais aurait gagné à être servi tiède ! C’est avec un verre de Château Margaux que nous aurons accompagné ce parcours culinaire, mais, à 14 € le verre, cela demeure plutôt excessif pour le client lambda ! C’est peut-être bien là l’un des points « négatifs » de notre visite qui a mis en exergue une tarification, à notre avis, quelque peu excessive pour nombre de budget.

In.stinct.- wine bar- restaurant -lounge
1, rue Princesse Florentine – 98 000 Monaco – Tel : +377 97 98 20 42

La Pergola - 06 500 Menton

Effet poudre aux yeux

Face au port de Garavan, les pieds (presque) dans l’eau, le lieu aurait tout pour plaire, si, et seulement si, « il » ne se contentait pas d’être « posé » là sur la plage avec sa salle en poutraisons couverte, sa déco (relativement) atypique, ses tables (assez) bien mises et sa terrasse en plein soleil (14° le jour de notre visite). Il est vrai que nombre de clients se laissent séduire par ces « critères » allèchants parfois sans même prêter attention à l’assiette. Et là, justement, il y a un hic ! Si le service est hyper lent, lorsque les plats arrivent, la déception est de mise ! Bien que le jambon Parme mozzarella soit acceptable (rien de transcendant en somme), nous avons été « scotchés » de noter que la taille plus que prometteuse des plats ne relevait que de l’effet « poudre aux yeux » ! On « maquille » de feuilles de salade (parfaitement inutiles), de légumes (carottes et courgettes) à peine cuits soit disant « croquants » et parfaitement immangeables, une (mini) dorade et un (mini) loup grillés que l’on vous prépare maladroitement (restaient moultes arêtes), que l’on « éparpille », une fois préparés, dans votre assiette accompagnés d’une (énorme) portion (encore une fois inutile) de frites immanquablement surgelées …
Serait-ce pour « impressionner » les épicuriens égarés ? Le mix de calamars, crevettes et petits poissons frits ne serait, quant à lui, pas (trop) déplaisant s’il ne « surnageait » pas dans un « océan » de feuilles de salade ! Malheureusement, les desserts n’auront pas relevés le niveau de la « prestation », et ce n’est pas la (pitchounette) crème brûlée, le tiramisu (maison ?) ou la crêpe Michou, « noyée » de Grand Marnier, passée au four (bonjour les dégâts !), avec sa glace malaga et son inévitable chantilly en bombe insipide à souhait, qui leur auront « portés secours », loin s’en faut ! Nous n’aurons pas appréciés ce déjeuner les pieds (presque) dans l’eau et on le comprendra aisément !

La Pergola Beach – restaurant
4, promenade de La Mer – 06 500 Menton – Tel : 04 93 35 44 72

Le Bistrot de la rague - 06 210 Mandelieu



Frissons gustatifs

Le petit port de la Rague possède ce côté « calfeutré au cœur d’une crique », que l’on sait apprécier, dès lors, que l’on est passionné par le nautisme, mais pas seulement ! En effet, on peut venir s’y « réfugier » pour une toute autre raison, à savoir de venir profiter de la vue, des embruns et de la terrasse de ce « bistrot de la mer » que nous avons été « rencontrer ». Le calme, le soleil et l’accueil d’Esther, la maîtresse du lieu, que demander de plus ? Pas grand-chose, sauf que son mari, Didier, mène sa cuisine « tambour battant », pour vous procurer de petits frissons gustatifs ! « Blottis » du côté d’un bow-window, derrière un store vénitien « boisé », sur des chaises « enveloppées » de lin beige, face à une table blanche ou noire, vous vous laissez « bercer » au son d’une musique Brésilienne. Les menus à 29,50 ou 35 €, ou même la carte, permettent des « ivresses » culinaires pondérées, surtout si elles sont accompagnées d’une coupe de champagne de chez Lanson, « le » champagne de la maison. Le « simplissime » cocktail de crevettes haricot verts frais n’a pas pour vocation d’invoquer les superlatifs. Il se contente d’exister entre la fraîcheur des produits et un assaisonnement idoine. La cassolette de Saint- Jacques à la crème de blanc de poireaux, et ses petites crevettes, fleure bon les produits naturels, mais aurait méritée que les noix soient « snackées » histoire de « ponctuer » les arômes. La marmite du pêcheur posée là par une serveuse pour le moins « indifférente » est, au demeurant, fort généreuse, quoique manquant un peu de sel, et met en scène un bel éventail de saumon, daurade, loup, cabillaud et (deux) huitres chaudes évoluant dans une « bisque » de poissons veloutée et parfumée. La daurade Royale, purée de pomme de terre et petits légumes du jour, malheureusement tiède, est copieusement servie (environ 400gr) et bien rosée à l’arête. Le filet de turbot n’est, certes, pas le plus beau spécimen que nous ayons rencontrés, mais il demeure plus qu’honorable et d’une indéniable générosité. Tout ceci représenterait certainement l’un des bons rapports qualité-prix de la région mais, et il y a un mais, ce serait sans compter avec les desserts qui m’apparaissent, le jour de notre « visite », quelque peu en retrait ! Si la crème brûlée, quoique (très) différente en consistance de celles habituellement proposées, s’est finalement révélée (assez) séduisante et onctueuse, il n’en va pas du tout de même s’agissant d’une très « bizarroïde » tarte tatin à la pâte mal cuite et aux pommes émincées et desséchées, que le croquant au chocolat, malgré un (léger) effort de style, ne parviendra pas à sauver du « naufrage », d’autant qu’il « surnage » dans une crème Anglaise parfaitement inconsommable ! Aurait-elle « viré de bord » ? Je ne saurais répondre à une question que seul l’initiateur de l’inopportune préparation est en mesure de « débrouiller » !
Souhaitons, cependant, que nous serons entendus et, surtout, écoutés car il n’est rien de plus regrettable que de terminer un repas sur une fausse note !

Restaurant Bistrot de la Rague
Port de la Rague – 06 210 Mandelieu – Tel 04 93 49 93 48
www.bistrotdelarague.com

Da Laura - 06 400 Cannes

Curiosité gastronomique






La table que je vous « confie » aujourd’hui n’est, à mon humble avis, rien d’autre que le meilleur, et le plus raffiné, « Italien » de toute la Rivera. Avec une déco très cocooning, du velours pourpre (presque) sur tous les murs, des (petites) vitrines style joaillier, un sol en « vieille » faïence, des tables et des chaises bistrot ainsi qu’une superbe machine à trancher Berkel trônant au milieu de la (petite) salle, le lieu représente une « curiosité » gastronomique surtout avec Laura qui lui impose son « empreinte ». Sur son conseil, nous opterons pour une assiette d’antipasti pour trois. Délectable, généreuse, et représentative du savoir-faire transalpin. Un passage obligé ! Avec un verre de Vini Rossi Nero d’Avola Morgante, cela frise la perfection ! Il est vrai que la carte, totalement en Italien, est un peu « déroutante » mais que Laura remédie assez rapidement, et avec le sourire, à cet « incident » de parcours (très) vite oublié. Les raviolis (maison) farcis aux légumes, et leur sauce tomate, sont admirables. Pâtes al dente, fraîcheur incomparable et tour de main « magique » en sont les « ingrédients » incontournables. Le risotto (tant vanté par la patronne) aux truffes d’Alba, avec sa sauce œuf-crème et fromage, est succulent mais, cependant, pour le moins roboratif. Comparativement, les pâtes fraîches, beurre et truffes noires représenteraient un plat très light, mais, pas au point, cependant, de « rivaliser » avec les préparations de Weight Watchers… La sélection des douceurs fait, nous en avons été les heureux témoins, dans le grand Art culinaire ! Le strüdel (dessert du jour), en forme de « chausson », est un modèle du genre tout comme la (vraie) tarte-moelleux au chocolat, velouteuse et séduisante à souhait. La pannacotta est diablement crémeuse et s’associe merveilleusement à la sauce caramel concoctée avec finesse et justesse. Un verre de Moscato d’Asti Ceretto, un vin de dessert, révèle encore un peu plus la subtilité des mets. Et puis, bien évidemment, l’incontournable tiramisu, « le » dessert Italien par excellence, celui que l’on ne peut ignorer. Onctueux, certes, il l’est ! Goûteux, incontestablement ! On aurait aimé qu’il fût un poil moins liquide, mais c’est là affaire de goût ! Il demeure, malgré tout, dans le peloton de tête des meilleurs de la Côte.

Da Laura La Cucina Autentica
Corner rue Hoche & rue du 24 Août – 06 400 Cannes – Tel : 04 93 38 40 51

dimanche 21 mars 2010

Oscar's - 06 600 Antibes




Papilles en émoi …

La table que nous vous suggérons aujourd’hui nous ayant été vantée récemment, c’est le « cœur léger », et les « papilles en émoi », que nous avons pénétrés l’antre culinaire d’un chef issu de l’école de Lausanne, le sieur Iannaccone. L’atmosphère, quoique classique, fait dans le lumineux, même si l’on retrouve les éternelles pierres apparentes, les poutraisons XVIIIème et les tables nappées jusqu’au sol. Il n’est, d’ailleurs, que d’observer les sculptures Gréco-Romaines, notamment celles « nichées » de-ci de-là, pour comprendre que le classicisme n’est pas incompatible avec une créativité de bon aloi. Sa femme sait imposer en salle un service affable et efficace sans être, cependant, pesant. Le conseil est judicieux, et le verbe « choisi ». Un paillasson de courgettes, pyramide de crabe et truffe (au menu à 56 €) vous est proposé à titre de mise en bouche, et l’on ne se plaindra pas de son côté savoureux et raffiné. La parmiggiana d’aubergines, tomate confite, ricotta et basilic, fait dans le même registre avec un soin du détail qui « émeut» les sens gustatifs. Le foie gras de canard poêlé aux poires confites et miel de Provence à la lavande, quant à lui, n’a pas omis d’être généreux, et l’on ne le lui en voudra aucunement. Il est moelleux à cœur, bien que justement saisi. La dentelle de ravioles (un ravioli affiné) au crémeux d’asperges, joue la carte de l’enchantement des yeux, et l’on ne se lasse pas de lui découvrir toutes les vertus, notamment celle de ressembler à un … nénuphar ! Seul un léger manque de sel nous engagera à en rajouter. Le granité de champagne et pamplemousse (sorte de trou Normand) est velouté à souhait et se déguste non sans un réel plaisir. Il ferait un incontestable et ineffable apéritif ! La roulade de filet de lapin farci au foie gras et morilles fait, certes, dans une belle finesse d’exécution, mais, comment oserais-je dire, n’emporte pas, en fin de compte, l’enthousiasme, d’autant qu’il est, à mon humble avis, quelque peu « absent » de l’assiette ! La noix de filet de bœuf poêlée aux truffes, et velouté au fromage Italien, « met en scène » un produit de belle facture, et un savoir-faire indéniable. La sauce fromage légèrement gratinée surprend mais finit, malgré tout, par séduire un palais, pourtant, réfractaire aux combinaisons incongrues. Le carré d’agneau « concocté » à la fleur de sel, fait, quant à lui, dans une relative excellence (d’autant que le chef ne travaille qu’à l’huile d’olive Italienne) avec une (très) appréciable bienveillance quant à l’opulence de la portion. L’assiette du fromager fait partie intégrante du menu et propose, sans réelle « conviction », un éventail de gorgonzola, livarot et autre chèvre cendré. « Chaperonné » par un Château Voselle-Lalande de Pomerol- Isabelle Golin- Simon – 2001, l’« instant » demeurera, cependant, plus que plaisant et très engageant. Avec un tiramisu au ragout d’Amarena, un enrubanné de chocolat noir à la mousseline de noisette et une farandole de dessert, le chef ne joue, certes, pas dans la cour des plus grands (pâtissiers), mais il se hisse toutefois à un niveau plus qu’estimable.
Fermé le dimanche et le lundi

Oscar’s
Rue Rostan – 06 600 Vieil Antibes- Tel /Fax : 04 93 34 90 14
www.oscars-antibes.com

Les Deux Frères - 06 190 Roquebrune Cap-Martin




Privilège gustatif

Grimper « là-haut » par la petite route qui mène de la basse corniche (côté Roquebrune-Cap-Martin) à la Turbie pour se trouver « propulsé » sur la petite place du vieux village, les yeux « rivés » sur la Principauté de Monaco, c’est déjà une faveur notable. Mais, déjeuner sur la terrasse (bâchée, en ce mois de Mars) de ces « Deux Frères » là relève véritablement du privilège. Assis dans des fauteuils aux coussins « vichy » beige et marron clair, vous prenez, au fil du temps, toute la mesure de cet apanage que vous êtes en train de vivre, à savoir celui de déguster la cuisine d’un chef plus que prometteur, Samuel Foret. Le lobe de foie gras de canard mi-cuit à la glace de viande et mignonettes de poivre attise la « curiosité » de vos papilles. Sa robe marbrée rose et brune, sa texture à la fois ferme et onctueuse, en font un produit (quasi) d’exception. La tomate Roma pelée, cuite au four, farcie à la chaire de crabe, réduction de vinaigre balsamique est « aguichante », et la chaire de crabe de belle « origine ». Par contre, la fraîcheur de légumes et fruits du moment sur lit de mesclun, n’est pas, à mon avis, la plus « captivante » des entrées en matière. Bien qu’harmonieusement « équilibrée », elle n’offre, dirons-nous, pas grand intérêt, hormis l’incontestable « caractère » des fraises, framboises, figues (semi-vertes), et autres tomates cerise. C’est là tout le « charme » que l’on puisse lui trouver ! Il en sera tout autrement, rassurez-vous, du carré d’agneau en croûte de moutarde et herbes fraîches, pour deux, superbement rosé, plantureux autant qu’il soit possible, servi en huit parts (côtelettes) « égales » à elles-mêmes (sic) ! La croûte est (fort) savoureuse et le « flan » de brocolis, haricots verts et haricot plats, judicieux malgré un (léger) surplus d’échalotes. Soyons sourcilleux et audacieux ! Le pavé de turbot poché au court bouillon, asperges vertes de saison, et sauce Hollandaise, nous fait « frémir » de bonheur. La sauce est (quasi) exemplaire, et l’on ne s’en plaindra, certes, pas ! Les asperges légèrement croquantes ne méritent aucune critique, tout autant que la « bête » qui sait se « tenir » et respecte ses « objectifs » gustatifs. Le Bourgogne-Domaine Prieur Brunet- Santenay- Maladière- 1er Cru-2006 a le mérite d’une belle « naissance », et procure d’inoubliables sensations en bouche. Il « titille » vos neurones avec tout le charme qui le caractérise ! Et puis, vient le moment choisi, l’instant de tous les « dangers », celui que l’on peut détester (après coup) ou qui peut devenir mémorable. Les desserts, ce « petit » (ou grand) mot de huit lettres possède de réels pouvoirs de séduction, si ce n’est, parfois, malheureusement, d’aversions. Là, je puis vous garantir que leurs « charmes » sont d’une efficience redoutable ! Si déjà l’opéra, crème au beurre café et ganache, crème Anglaise à la vanille Bourbon, bénéficie d’un caractère bien trempé ( malgré une- relative- fermeté dans la texture), si le sabayon de fraises monté au champagne, et gratiné, friserait (presque) l’excellence, tant il est « velouté » et onctueux en bouche (seul petit grief, une légère « raideur » des fraises, certainement due à la catégorie du produit sélectionné), le moelleux à la poire et amandes, sauce caramel au beurre salé, servi tiède, représente, quant à lui, un admirable, un grandiose, qui dis-je, un fastueux moment de volupté gustatif ! C’est « le » dessert, certes « simplissime », mais tout en superlatif ! Une preuve, s’il en est, nous en avons requis deux fois de suite, rien que pour le plaisir de tremper le doigt dans la sauce caramel, et de n’en pas laisser la moindre miette, c’est tout dire !
Menu à 28 € (demi vin inclus) le midi, et à 48 €.
Restaurant fermé le dimanche soir, lundi et mardi midi.

Hôtel**- Restaurant « Les Deux Frères »
06 190 Roquebrune-Village Cap-Martin – Tel : 04 93 28 99 00 – 09 52 33 05 84
www.lesdeuxfreres.com

Pourquoi Pas - 06 300 Nice



Tendresse et simplicité

Le style « petit » bistrot sympa serait assez répandu et l’on ne sait plus franchement auquel accorder sa confiance. Pourtant, derrière le vieux port, et à quelques encablures du quartier Ségurane (vous savez, celui des antiquaires et autres brocanteurs), il en est un qui « révolutionne » (en souplesse) le genre ! Plafond à caissons et poutres peintes, mûrs mauves, pierres apparentes, chaises bistrot, pendule « mixant » cuillères et fourchettes, et rideaux noirs lui confèrent une ambiance emplie de tendresse et de simplicité à nulle autre pareille… L’accueil de Mathilde est à l’avenant, sans chichis, et tout en spontanéité. La carte, quant à elle, fait dans la singularité, notamment celles des appellations. Le pain perdu aux noix de Saint-Jacques et gambas séduit dès le premier coup d’œil. Les noix sont fort justement saisies, la tranche de pain idéalement « ensaucée », et les (petites) gambas joliment grillées. La tarte fine à la tomate, chèvre frais, olives et pesto fait dans la délicatesse à mi-chemin entre une (mini) bruschetta et une (mini) pizza « nappée » de mesclun. La coupe de champagne Lepreux-Penet (un petit producteur très « doué ») se laisse déguster sans trop de réticence, tout comme le « snob », des raviolis « herculéens » à la truffe blanche, crème de parmesan, généreux, crémeux et goûteux à souhait, sauf que, là, le mesclun qui les « camouflerait » m’apparaît parfaitement incongru ! L’entrecôte grillée (beau produit) est opulente, bleue à cœur avec une « jolie » sauce Béarnaise (à part), des frites maison, une pomme de terre crème et une tomate à la provençale, le tout harmonieusement « exhibé ». Les carrabbiata, piments, olives noires et sauce tomate-basilic m’apparaissent (presque trop) généreux. Il nous sera, d’ailleurs, impossible de les terminer malgré une belle finesse d’exécution. Le moelleux au chocolat et caramel demeure parfaitement honorable et on ne lui reprochera, certes, pas d’exister, mais, par contre, la crème brûlée se « fluidifie » beaucoup trop à mon goût et manque d’« envergure » ! Quant au crumble pomme-figue, il est consistant et savoureux avec un judicieux dosage dans l’association des ingrédients. La petite touche de crème fraîche ne pouvait que le « révéler » ! Comme quoi il est parfaitement envisageable de faire simple mais bon !
Plat du jour 8 €, formule plat du jour + quart de vin + café à 11, 50 €.
Fermé samedi, dimanche et lundi soir. (12 h à 14 h et 19 h 30 à 22 h )

Pourquoi Pas
9, rue François Guisol – 06 300 Nice – Tel : 04 92 12 80 77

samedi 20 mars 2010

L'Amiral - 06 160 Juan-les-pins


Limpidité et fraîcheur

C’est un ancien « vaisseau » amarré là, à quelques 300 mètres de la mer et des plages, qui vient de changer de capitaine ! Exit donc le « ronron » d’une cuisine un peu « essoufflée » et bienvenue à une « exécution » culinaire beaucoup plus affinée, et en phase avec les goûts du moment. Une déco faisant dans la sobriété, des tables nappées de blanc dont seule celle du milieu de la salle est « faïencée » (très bel effet), assiettes translucides carrées « saupoudrées » de rouge, et verres « ceinturés » de vernis pourpre donnent à cette table une sensation de limpidité et de fraîcheur. Anne et Philippe Tripet (le capitaine) ont des « projets plein la tête » mais ont choisis d’y aller pianissimo ! Des plats « simples » et qualitatifs tels ce velouté de topinambours et son mijoté d’escargots de la Roubine. Crémeux et onctueux, il a la sapidité des mets d’antan dont on raffole le plus souvent ! La poêlée de chanterelles, trompettes de la mort et girolles, « lovée » dans une mini cocotte, rappelle ces inoubliables balades automnales en forêt … La terrine de foie gras, et sa gelée de mangue, est succulente, même si la mangue surprend beaucoup plus qu’elle ne séduit finalement. La cave est également en pleine « évolution » mais offre néanmoins de beaux spécimen tant en petits crus qu’en crus intermédiaires. Une suggestion « personnelle » d’Anne Tripet, ce Bourgogne – Alain Geoffroy – Pinot noir – 2006 plus que flatteur si ce n’est charmeur. Côté viande, le rognon de veau, rosé comme on les aime, et sa purée maison à la lavande (inattendue mais pas choquante), fait référence aux meilleurs, tout comme le filet de bœuf hyper tendre, et son conchiglioni (pâte en forme de coquillage) à la concassée de champignons. A noter que le poulet fermier aux quatre épices faisait, ce jour là, défaut car il aurait été « omis » de cuisson (fâcheux mais pas rédhibitoire !). Question desserts, le chaud froid au miel de lavande, façon omelette norvégienne, est fort aguichant à l’œil, mais laisse un peu sur sa faim question glace à la lavande. Cela demeure, je le dirais toujours, le plus souvent affaire de goût ! La pomme du verger fondante au caramel, et son biscuit à la cannelle, représente un bel exercice de style et de saveurs. Le brownie au chocolat, et sa crème aux zestes d’orange, pour ce qui me concerne, n’est pas le plus affriolant, mais il aura peut-être le mérite d’interpeller le palais de nombre d’épicuriens beaucoup plus amateur de l’orange que votre humble serviteur.

L’Amiral
7, Av. Amiral Courbet – 06 160 Juan-les-Pins – Tel : 04 93 67 34 61
E-mail : restaurant.amiral@yahoo.fr


Maître Restaurateur 2009

Le Vauban - 06 600 Antibes






Il mérite le « voyage » …

Dans une petite ruelle du Vieil Antibes qui relie les remparts à la place Nationale, il est une « table », qui, il faut bien l’avouer, vue de l’extérieur, n’engagerait pas franchement, comment oserais-je dire, à l’euphorie ! Ancienne « propriété » de l’auberge Provençale, elle est aujourd’hui « drivée » par Raymond Cornelissens, le chef, et heureux propriétaire du lieu, ancien de chez Christian Morisset dont il a acquis tout ou partie du savoir-faire, un talent qu’il a su « transcender » au point de l’élever au niveau des plus grands. Dommage d’ailleurs que le « Michelin 2010 », sorti il y a quelques jours, n’ait pas eu la moindre « attention » à son endroit, attention qu’il mérite indéniablement ! Par contre, à l’intérieur, c’est une toute autre « affaire » et, là, on entre véritablement dans une autre dimension ! Je vous avoue avoir été, disons le sans ambages, assez « scotché » de, contrairement à notre attente, faire une authentique « découverte » culinaire. Dans une ambiance « relookée » aux tons saumons, tableaux « horticoles » (nous avons déjeunés sous le figuier !), appliques « feuillues », sièges en osier tressé, le bar et (surtout) la cave en chêne aux portes vitrées (du plus bel effet), donnent une « vision » efficace sur les capacités œnologiques de l’endroit. Le service (et le style) de Cyril est fort courtois et prévenant, notamment s’agissant des conseils œnologiques. Merci donc pour ce Costière de Nîmes – Château Mourgues du Grés rouge et ce Bordeaux-Haut Médoc – Château Saint-Athon – 2004 parfaits en tous points ! Rien que les amuses-bouche méritaient le « voyage » avec son kadaïf de queue de langoustine, son artichaut violet à l’orange sanguine, et son méli-mélo de betterave et saumon fumé servi sous cloche, et enfumé. Seul le beurre proposé en mini beurrier ne nous a pas franchement convaincus, d’autant qu’il était associé à du citron de Menton ! Le foie gras, au menu Vauban à 29 €, est, certes, de belle facture, mais je dois avouer que le chutney d’ananas à l’huile d’olive-vanillée ne le magnifie pas vraiment ! Le velouté de châtaigne, noix de Saint-Jacques rôties et chiffonnade de jambon Serrano, représente une délicieuse « épreuve » gustative tant l’alliance se révèle subtile en bouche. La chaire de crabe, gambas rôtie et confiture de coings aux quatre épices est « camouflée » par une très légère émulsion à l’orange, le tout trônant superbement sur une coquille de crabe renversée… Le pavé de loup en bisque, artichaut violet, carotte fane, céleri branche et olives taggiasches est assez séduisant mais, même si le loup semble « à l’aise » dans sa bisque, il demeure un petit « je ne sais quoi » d’indicible qui n'arrive pas à emporter l’enthousiasme. Serait-ce le cèleri en branche ? Les suprêmes et cuisses de caille, pomme fruit rôtie à la fève de tonka, poêlée de morilles et lardons, interpellent mais vous laisse un peu sur votre faim, la faute en étant certainement due à une cuisson de la caille, à mon goût, très insuffisante. Le filet de bœuf Rossini, pommes grenailles fumées (sous cloche) et son foie gras poêlé, est « heureux d’exister » là, dans sa sauce hyper-bien liée, mais (encore une fois) le foie est un poil trop saisi, et son « cœur » trop fluidifié. Mais, c’est là également affaire de goût ! Nous qui apprécions tant le foie gras l’avons ressenti, comment oserais-je dire, quelque peu « malmené » ! Malgré tout, le moment d’anthologie demeure celui des desserts autour d’une « tarte » au citron (totalement) revisitée, et sa crème glacée au yaourt. Surprenante, mais cependant goûteuse, avec un arôme de citron qui « domine » tous les autres composants. Le moelleux au chocolat, et sa crème glacée à la vanille, clame haut et fort son appellation et « fond » littéralement de plaisir en bouche … Le « clou du spectacle », si je puis dire, ce sera l’Irish coffee à sa façon, cigare au chocolat. La crème façon tiramisu avec sa gelée de café s’insinue en bouche, cajole les papilles et révèle une sorte d’« extase » gustative. Sa sphérification (petites billes) au café « explose » sous le palais. Quant au cigare, il s’identifie parfaitement à une truffe géante légèrement glacée, à croquer avec les doigts ! Avec une formule le midi à 17 €, on est dans le « grand Art », dans l’imbattable, et c’est tant mieux ! Le menu dégustation est à 39 €, et 58 € avec quatre verres de vins assortis.
Fermeture les mardis et mercredis, hors saison

Le Vauban – Jenny et Raymond
7, bis rue Thuret – 06 600 Antibes – Tel : 04 93 34 33 05 / www.levauban.fr

Pane e Vino - 06 600 Antibes



Attachant et charmeur

Ce petit bistrot à l’italienne d’à peine vingt-cinq places assises fait fièrement face à la mer et au Cap d’Antibes, et vous convie à venir déguster une cuisine transalpine déclinant là ses plus gros « succès ». D’entrée de jeu, vous êtes dans le « vif du sujet » avec, à votre gauche, des étagères murales « bourrées » de crus Italiens rouges ou blancs, voire pétillants si ce n’est des « Vins du Monde » notamment de Californie, du Chili, ou du Sud de l’Afrique. Sur votre droite, un écran plasma diffuse les infos d’une chaîne, bien évidemment, Italienne ! L’endroit est (quasi) minuscule et la fréquentation du midi symptomatique du succès remporté. L’ardoise déposée fort aimablement sur la chaise d’en face, nous informe des plats du jour concoctés à la demande avec des produits non seulement frais mais également de premier choix. L’assortiment de charcuterie que nous nous sommes partagés est un florilège du savoir faire de petits producteurs Italiens, avec jambon de Parma, Coppa, Felino, Speck, saucisse Calabraise et Cacciatorino. Après cela, c’est un festival de saveurs et de goûts. La cuisse de lapin rôtie à la polenta est fort juste en cuisson, mais la polenta aurait méritée d’être un poil plus salée. La Paccheri à la Napolitaine est assez généreuse et goûteuse, et affole, dores et déjà, vos « sens » gustatifs. Quant au risotto aux cèpes il représente un bel «exercice de style » sans omettre l’aspect (très) copieux de la chose, d’autant que les cèpes « seraient » non seulement frais et, fait surprenant, plus que substantiellement représentés. L’ardoise des desserts (i Dolci en Italien) du moment ne fait pas franchement dans la dentelle ! La pannacotta au caramel en verrine serait de belle facture et fort honorable si, et seulement si, le caramel « liquide » n’avait été tiré de l’une de ces (détestables) bouteilles vendues chez certains pros de l’alimentaire. Pas vraiment bon ni réellement catastrophique, il se laisse, cependant, avaler sans trop de désagrément mais il est vrai que l’on reste un petit peu déconcerté ! Le moelleux au chocolat est, quant à lui, joliment « mis en scène » avec sa boule de glace stracciatella (aux pépites de chocolat), sa chantilly (pas franchement maison), et son quartier de mandarine nappé de caramel et saupoudré de sucre glace. Nous ne serions pas vraiment surpris qu’il fut conçu chez un spécialiste Italien des desserts, le « cœur » fondant au chocolat (surgelé) en étant, si je puis dire, l’un des « symptômes » révélateurs ! Par contre, même s’il devait avoir la même « origine », le tiramisu se révèle fort attachant, d’une belle onctuosité et suffisamment « charmeur » pour vous engager à n’en rien laisser !

Pane e Vino
2, Bl. du Maréchal Leclerc – 06 600 Antibes – Tel : 04 93 34 00 21
www.panevino.fr

samedi 13 mars 2010

Le Jarrier - 06 410 Biot






Un virage à 180 °

Il est vrai que ce n’est (peut-être) pas le premier village auquel on serait amené à penser pour aller faire ripailles, et autres bombances. Que nenni ! Dans cet ancien bastion templier qu’est Biot, il est véritablement au moins deus ou trois tables qui méritent certainement votre attention dont l’une d’entre elles nous a particulièrement intriguées. Situé à quelques enjambées de la rue principale, juste en bas d’une petite impasse, l’univers de Laurent Broussier, le nouveau chef (depuis un an), a pris un virage à 180 ° ! Exit donc les « délires » culinaires (et la grosse tête) de ses (trois) prédécesseurs et bienvenue à une plus grande humilité dans l’inspiration et l’élaboration. Avec ses tons rouille sur les murs, les rideaux, la moquette, les sièges, et même sur les jolies appliques en tissu « bouillonné », ses tableaux contemporains d’artistes locaux, le lieu est on ne peut plus attachant. Des tables immaculées (très) judicieusement disposées de-ci de-là « invitent » les convives à passer un doux instant gustatif. Carte en main, nous avons donc optés d’entrée de jeu pour une crème de cèpes et cocos frais, chantilly aux herbes. Elle est « tendre », crémeuse et veloutée, mais la chantilly un poil trop poivrée ! Le fondant d’aubergines au parmesan Reggiano (en « millefeuille ») et truffes fraîches d’hiver, roquette fraîche, copeaux de parmesan, minis chips à l’ail blanche, m’est apparu intelligemment conçu et d’une belle sobriété dans les saveurs. Avec sa tartine finement truffée, il se laisse déguster avec délectation. Le homard Breton, vinaigrette aigre douce, n’a nul besoin d’être décortiqué à grand renfort de pince d’autant qu’il est, là, prêt à nous « livrer » ses secrets de fraîcheur. L’aventure se poursuit avec une « simplissime » daube Provençale aux gnocchis poêlés dont nous n’avons franchement qu’à nous louer. Le médaillon d’agneau (rosé) en croute de graines de pavot, et sa poêlée d’artichauts aux herbes, mérite une mention toute particulière pour sa singularité et sa fantaisie. Le loup de pays poêlé avec son risotto à la coriandre et aux olives noires manque un peu (beaucoup) de générosité, c’est le moins que l’on puisse dire ! Dommage, car le (petit) risotto est fort goûteux et prend (pratiquement) un pas d’avance sur le loup. On peut même dire qu’il le « distance » nettement ! Le champagne Laurent Perrier et le Bordeaux-Château Ramage Bâtisse – 2000, suffiront largement à notre bonheur. La « consécration », ce sera pour les douceurs du chef pâtissier Dimitri, avec des ravioles de crêpes à l’orange crème pâtissière légèrement orangée, hyper séduisants à l’œil et au palais. Le soufflé au chocolat noir amer, sa glace à la vanille Bourbon et sa compotée de poire, est, certes, brûlant mais, la patience étant de mise, il se fera amplement « pardonner » quelques minutes plus tard ! Le duo de chocolat et café, et son croquant aux raisins frais, ne laisse pas, loin s’en faut, indifférent. Il n’en avait, d’ailleurs, pas la vocation ! Les minis macarons (framboise ou fraise, je n’ai pas réussi à départager l’arôme), et les financiers au chocolat qui accompagnaient chaleureusement nos cafés n’ont pas eu leur mot à dire, et c’est très bien ainsi !
Menu retour du marché à 19 et 29 € (le midi), Surprise à 40 €, d’Hiver à 34 €, Jarrier à 55 € et Fraîcheur à 84 €

Le Jarrier
30, passage de la Bourgade –06 410 Biot - Tel : 04 93 65 11 68
www.lejarrier.com / info@lejarrier.com / b.laurent.21@hotmail.fr

Les Bartavelles - 06 210 La Napoule



Ne vous y trompez pas

Thomas Roussel, le chef et maître du lieu, a su insuffler un air de spontanéité et de créativité sur cette maison qui, il est vrai, précédemment, « ronronnait » sagement, mais infailliblement. Les tons rouilles et blancs dominants, les petites niches à babioles, les colonnes et autres voûtes immaculées, la véranda lumineuse à souhait confèrent à cette table empreinte de rusticité une « âme » incontestable. Le petit coin juste en face du bar, nous est apparu le plus séduisant et chaleureux. Nous nous y poserons donc ! Le service est actif, tout comme la cuisine d’ailleurs ! Les plats se suivent sans vraiment de temps morts ! Tout d’abord, un foie gras au torchon, gelée au muscat de Samos, de réelle et belle facture, généreux, goûteux avec cette incomparable et confondante gelée au muscat, ou cette succulente confiture de figues. La salade de Saint-Jacques poêlées façon thaï fait dans l’authentique tout en s’adaptant à nos coutumes occidentales. Un seul (petit) regret qu’il y ait autant d’échalotes en émincé, car cela n’apporte strictement rien surtout lorsque l’on y est allergique ! Le ris de veau braisé en « escalopine » aux morilles de saison fait dans l’élégance et se pare d’une sauce bien enlevée, totalement en phase avec un produit qui le mérite. Le carré d’agneau, jus au thym et tagliatelles au basilic, aurait pu représenter un bel instant de délectation avec, notamment, des tagliatelles bien « équilibrés » et sapides, malheureusement, le carré requis hyper rosé (et pour cause) s’avère (presque) à point et loin de l’objectif escompté ! Une « omission » pas franchement acceptable ! L’entrecôte de Montbéliard, quant à elle, « parade » dans notre assiette dans sa sauce aux trois poivres, fort honorable au demeurant, mais (et l’on nous en voudra peut-être d’être toujours aussi francs), elle ne parvient pas à nous « envoûter » malgré une chaire souple, et ce côté « rassis » tant recherché. Cependant, pas découragé, ni rancunier pour un sou, nous nous sommes orientés vers un baba au rhum maison, assez réussi, servi avec sa chantilly qui mérite que l’on s’y intéresse. Les quenelles de chocolat blanc au parfum de mandarine, par contre, bien que quelque peu « dissolues » et manquant de tenue, sont goûteuses et onctueuses. Pourquoi n’avoir pas présenté cette « mousse-crémeuse » tel un tiramisu, en verrine ? Cela eut été, à mon humble avis, beaucoup plus judicieux ! Les crêpes façon Suzette, caramel à l’orange, auraient méritées un peu de « mise en scène » toujours appréciée, soit-dit en passant, sur une desserte dans la poêle en cuivre, rien que pour le plaisir des yeux ! Mais ne vous y trompez pas, elles n’ont pourtant pas manquées de nous remémorer ces doux instants gustatifs des auberges d’antan.
Menus à 27, 36 et 42 €
Fermeture, hors saison, mardi et mercredi

Restaurant Les Bartavelles
Face au Château de La Napoule
06 210 La Napoule – Tel / Fax : 04 93 49 95 15

Le Cosy - 06 000 Nice



Il a fière allure…

Des brasseries ce n’est certes pas ce qui manque sur la Côte, mais celle-ci a, peut-être bien, ce petit truc en plus, ce petit « je ne sais quoi » que l’on ressent dès que l’on y pénètre. Avec ses murs mauves et beurres, ses banquettes en peau d’autruche aubergines et beiges, ses murs de soutènement en grosses pierres conservés et repeints à l’identique, ses poutres de métal gris encadrant le bar, lui-même taillé dans la pierre, ses appliques ou lustres chromés aux « branches » un peu folles, il a (très) fière allure ! L’ardoise accrochée aux murs donne le ton avec tous les plats du jour conçus à base de produits frais et du marché. Nous décidons de partager une « simple » tomate (habituellement un cœur de bœuf, mais pas ce jour là) qui s’avère, quelques minutes plus tard, « entrer en scène » sur une ardoise (beaucoup) plus longue que large, tranchée en alternance avec une mozzarella di Buffala, soit dit en passant exquise et goûteuse, et nappée d’un coulis de basilic (d’anthologie !), de tomates séchées et de pignons ! Quelques grains de sel cristallisé et, en toute simplicité, c’est l’extase ! Les choses les plus humbles ne sont-elles pas les meilleures ? C’est très certainement ce que Dominique, notre hôte, et son chef Yoann, souhaitent faire passer comme « message » culinaire ! J’en veux pour preuve ce T. Bone de veau, « opulent » et rosé à cœur (enfin un chef qui l’a compris !), sauce aux (vrais) cèpes savoureuse et délicate, accompagné de son carré de polenta. Le double carpaccio de bœuf, tomates séchées, pistou, copeaux de parmesan, mesclun et carotte râpée à l’huile d’olive, filet de vinaigre balsamique, et frites maison, mérite à lui seul votre attention, tant il est à l’aise dans votre assiette, et vous le « communique » bien ! Le filet de bœuf (environ 250 gr) est de « noble » origine, tranché en deux parts égales, bleu à cœur avec sa sauce poivre vert et ses frites dorées. Une petite brochette « calée » sur le bord de l’assiette présente quelques tranchettes de carotte et courgette croquantes. L’ardoise des desserts « préconise » une huitaine de spécialités desquelles nous retiendrons trois d’entre elles, comme cela, au feeling. La gaufre « géante », servie dans une immense assiette rectangulaire, glace vanille et chocolat, grosses « pointes » de chantilly (pas franchement maison, mais bonne malgré tout), et sauce caramel, est parfaitement « honorable » même si elle n’a de « géante » que le nom ! L’entremet au caramel servi sur une belle et longue ardoise en trois « petites » mignardises se laisse déguster sans difficulté aucune, avec sa « ligne » de chantilly et sa pomme verte émincée. Mais, notre préférence ira indéniablement à ce moelleux (chaud) Bounty au chocolat, cœur fondant à la noix de coco, mini Bounty glacé, surprenant et mémorable !
Plats du jour de 9,90 € à 10,50 €
Formule midi 13,50 € à 14,50 € (Verre de vin + plat du jour + café)
A la carte de 9,90 € à 18 €
Du lundi au mardi, de 8 h à 20 h et du mercredi au samedi de 8 h à minuit.

Le Cosy
26, rue Hôtel des Postes – 06 000 Nice – Tel : 04 93 62 02 85

Chez Simon - 06 100 Nice



Compétence et dévotion ou indéfectible prévenance

Un second passage « Chez Simon » ne s’imposait peut-être pas mais, vous en conviendrez, il est de ces endroits où l’on aime, de temps à autres, se « ressourcer », ne serait-ce que le temps d’un repas, et surtout à bonne distance des tracas quotidiens. « Là-haut », c’est tout autre chose, une manière différente d’appréhender la vie … Et puis, il y a Christine, toujours « fidèle au poste », et surtout son indéfectible prévenance. Ce jour là (en plein mois de Février), la terrasse ombragée de glycines s’est faite beaucoup plus « discrète », et c’est au premier étage, vers la salle rustique aux murs de pierres taillées, cheminée, vieille armoire Provençale, poutraisons, vue sur la vallée et le village de Falicon, que nous nous transporterons. La carte (en main) m’amène, dores et déjà, à relever que cet établissement est, à notre connaissance, le seul sur toute la région à pratiquer une « réelle » baisse de la T.V.A, notamment sur quatre entrées, quatre poissons, trois viandes et sur l’ensemble des desserts, et non, comme à l’accoutumée chez nombre de « restaurateurs », sporadiquement à leur seule convenance ! Mais, revenons-en à nos « agapes » ! L’ardoise du jour « suggère » des mets conçus avec des produits du marché sélectionnés avec compétence et « dévotion ». La salade de crabe frais, asperges vertes, mesclun et dès de betterave, fait, certes, dans la simplicité mais non sans une certaine excellence ! Le crabe est succulent, et puis avec un tel « tour de main », il en devient presque « envoûtant ». La terrine de foie gras maison fait (quasiment) dans l’exemplaire avec cependant, une note surprenante, et inattendue, le foie est « allongé » sur une fine tranche de beurre … ce n’est pourtant pas ce que j’aurais envisagé en pareille situation ! Le Vosne Romanée – Georges Noëllat – 2002 fera, quant à lui, dans la rondeur et la « flatterie » ! Les petits farcis Niçois sont déconcertants de finesse. Tomate, oignon doux et courgette font dans la grande délicatesse. Quant à cette daube aux raviolis maisons, suave et rustique, elle « respire » l’authenticité ! La (mini) côte de bœuf (400 gr malgré tout), bleue à cœur, rassurerait les plus « voraces » d’entre vous, et ce n’est pas le gratin dauphinois « à sa façon », onctueux et goûteux, qui me démentira ! La marmite du pêcheur (pourtant servie en assiette), s’« exprime » divinement en bouche avec ce léger arôme de pastis qui « sublime » un peu plus le rouget, la lotte et la noix de Saint-Jacques. Quant à la rouille, elle se révèle très « accomplie » ! Mais, ce qui allait nous « scotcher », c’est le « contraste » saisissant entre les desserts d’« hier », et ceux du jour de notre visite. D’une suavité et d’un raffinement (assez) inattendus, notamment le duo de chocolat noir et blanc, blancs en neige (furtivement doré au chalumeau) et coulant de chocolat blanc, le tiramisu « vaporeux » et aérien, ou le millefeuille framboises à la crème pâtissière (indéniablement) maison qui méritent à eux seuls amplement nos « louanges ». Ils ne « dépareilleraient » certainement pas chez un « congratulé» du Michelin !
Chez Simon
182, Av. de Rimiez – 06 100 Nice – Tel : 04 93 84 40 61
www.restaurant-simon.com

vendredi 12 mars 2010

Le Bistro de Valbonne - 06 560 Valbonne



Un « faiseur » de cuisine

Au cœur du vieux village, à mi-chemin de la rue centrale, il est un petit bistrot qui en animerait la « vie » gustative. Descendez quelques marches, et vous êtes rendu dans l’antre de Christophe Bozzano, celui d’un « faiseur » de cuisine, d’un passionné d’art culinaire. Poutres vernies, murs dans les tons gris perle, chaises bistrot, banquette et alcôve « pour trois » lui octroient ce petit « je ne sais quoi » que l’on sait apprécier en maintes occasions. Et ce ne sont pas ces « attachants » amuses-bouche qui me désavoueront avec tout d’abord une « rustique » planchette de fromage de tête maison, saucisson, olives noires et pain de campagne légèrement grillé, puis une salade d’écrevisses, roquette et copeaux de parmesan, quant à elle, beaucoup plus « bourgeoise » ! L’ardoise, et la carte, avec une formule le midi à 18 €, mais également à 36 €, sont de « bonne consistance » et ne peuvent que répondre à l’« impatience » de vos papilles. Des plats certes classiques mais dont on ne finit pas de se lasser, telle cette douzaine d’escargots fermiers au beurre d’ail à l’ancienne (hyper chauds) on ne peut plus goûteux. Les noix de Saint-Jacques sont saisies juste à point et « généreuses », d’aucuns les auraient envisagées en plat principal. Par contre, la julienne de poireaux n’était pas franchement indispensable ! Le foie gras maison préparé en mi-cuit est d’un rose-marbré fort séduisant et très « flatteur » en bouche. Cependant, une seconde tranche eut été la bienvenue ! Le thon rouge, parfaitement saisi à l’huile d’olive, « respire » largement dans l’assiette aux côtés d’un riz basmati moelleux à souhait. Le magret de canard rôti au sautoir tranché et rosé à cœur « fait la fête» au mini flan de courgettes et autres petites carottes, il les « apprécie » et leur « fait même la cour » ! Quant au carré d’agneau rôti aux herbes, jus léger au thym, saignant comme on les aime, il « fond », certes, en bouche, mais aurait mérité d’être un peu plus « joufflu » ! Le jeune (et tout récent) serveur se démène comme il peut, mais ne parvient pas à « rattraper » un certain retard pris en cuisine, ce qui « prolonge » d’autant le service des vingt-six convives. Gageons que ce léger et ponctuel « handicap » sera vite résolu ! Le champagne Pelletier servi à la coupe par notre hôte a, malgré tout, tendance à estomper le « tracas » d’autant qu’arrivent finalement les douceurs. La crème brûlée à la fleur d’oranger (très léger arôme) vous « cajole » les papilles tout comme la pannacotta à la vanille Bourbon et à la mangue. Le moelleux au chocolat sauce caramel beurre salé est idéalement « bichonné » et (quasiment) irréprochable. Une manière comme une autre, fort appréciée au demeurant, de « compenser » notre attente…

Le Bistro de Valbonne
11, rue de la Fontaine – 06 560 Valbonne – Tel : 04 93 12 05 59
www.bistro-valbonne.com

mercredi 10 mars 2010

Le Riad - 06 400 Cannes




Orientale à souhait

Au fond d’une petite impasse de la rue du Commandant André, il est une table orientale à souhait, et Marocaine dans l’âme, qui fait, certes, dans le traditionnel, mais avec une « once » de design. Dès la porte d’entrée en bois ciselée, vous évoluez sur des tapis orientaux avant que de vous « affaler » sur l’une des banquettes en fer forgé recouverte de douillets coussins. De superbes tableaux d’un peintre Hollandais ayant vécu au Maroc, une douce mélodie orientaliste, des lampes de métal ciselé ne sont que quelques un des nombreux atouts de charme du lieu. Et si vous envisagiez un quelconque régime passez votre chemin car, assurément, c’est vers un véritable « festin » que vous vous orientez ! La Pastilla au pigeon, une subtile conjugaison de sucré-salé, servie habituellement et lors des grandes occasions, préparée à base d’œuf, de coriandre et de multiples « ingrédients » transmis de génération, en génération, même partagée en trois parts égales, demeure une délectable « expérience ». Je ne pensais pas que le méchoui d’épaule d’agneau rôtie fût aussi copieusement préparé et généreusement proposé. Le couscous Royal frise la perfection, avec une semoule légère (un mélange de petit et gros grain), si légère qu’elle se déguste sans la moindre réticence, accompagnée de ses légumes en pot de terre, de ses raisins secs, de l’agneau, des merguez, de boulettes de viande et de poulet. Quant au tajine d’agneau, celui qui fût choisi, confiture de tomates et miel, il est renversant de finesse et de sapidité. Mais là, je dois avouer que le moment qui allait emporter mon « enthousiasme », fût celui des douceurs orientales, notamment avec une assiette de pâtisseries Marocaines incomparables de délicatesse, un savant moelleux au chocolat maison, crème Anglaise (eh oui ! pas très Marocain !), et puis, surtout, cette magistrale Pastilla sucrée aux fraises, crème pâtissière tiède servie tel un millefeuille. Quel enchantement ! Quel régal : Un pur moment de félicité ! Le thé à la menthe, sans pignons, joliment présenté, m’est, cependant, apparu quelque peu « léger ». Mais, ne nous y trompons pas, ce Riad là demeure la meilleure table du genre sur toute la Riviera !

Le Riad - restaurant - salon de thé
6, impasse Florian – 06 400 Cannes - Tel. / Fax : 04 93 38 60 95
www.restaurant-le-riad.fr / contact@restaurant-le-riad.fr

samedi 6 mars 2010

La Farandole - 06 500 Menton





Cosy à souhait

Si je puis me permettre, je vous recommanderais de faire, à l’occasion, un petit détour par cette toute petite pâtisserie-viennoiserie, et, à l’heure du déjeuner, sandwicherie. L’ambiance est cosy à souhait, tout dans les tons noirs, gris clairs et foncés, la banquette est couverte de coussins gris métallisés où il fait bon s’installer pour déguster l’un de leurs délicieux sandwiches saumon fumé salade, soit dit en passant, très réussi. Mais, le point fort de cette (petite) « institution » Mentonnaise, c’est, tout d’abord, « sa » création (labélisée et déposée), la brioche Mentonnaise, une brioche moelleuse à cœur, crème pâtissière et écorces d’orange, un réel ravissement gustatif ! Autres points forts, le pavé aux pépites de chocolats, la tarte aux poires et chocolat, la verrine aux deux chocolats (noir et lait) et framboises, voire le marronnier ou le (fameux) merveilleux, un coulant moulé aux trois chocolats (noir-blanc et lait) en forme de pyramide. Je ne vous dis que cela ! Je crois pouvoir dire que cette pâtisserie là est l’une, si ce n’est la plus avisée, compétente et « respectable » de Menton …
Du lundi au samedi – snacking à toute heure

La Farandole – Pâtisserie – salon de thé
1, Av. de Verdun – 06 500 Menton – Tel : 04 93 35 65 23

La Boucherie - 06 500 Menton


Sans réel enthousiasme

Un décor d’ancienne boucherie, style années 60, avec carrelage émaillé blanc aux murs, moquette rouge au sol et tableaux « anatomiques » de bœuf en « éclaté » qui fait chaud au cœur, tant et si bien que l’on souhaite rentrer au plus tôt dans le vif du sujet. Si les entrées ne sont pas vraiment de nature à « révolutionner » la gastronomie Mentonnaise avec un foie gras somme toute des plus banal, une terrine de campagne insipide à souhait, servie avec une compotée d’oignons fade et peu « engageante », un simplissime œuf dur, et sa mayonnaise en boîte (ou tube), force est de reconnaître que la « clé de voute » de cette table, située face au marché couvert, c’est la viande, et rien que la viande…
Cependant, si l’entrecôte de 270 gr est assez généreuse, quoique un peu « nerveuse », servie bien bleue comme souhaité, que la béarnaise ne soit pas vraiment d’anthologie, si le trésor du Loucheben, en fait une entrecôte de 350 gr (on n’a pas vraiment reconnu le cœur d’aloyau tant annoncé à la carte !), si le pot-au-feu, pourtant (sympathiquement) servi dans un poêlon n’emportait pas l’enthousiasme avec ses pommes de terres un peu trop « industrielles » à notre goût, et son (très) maigre paleron sans (réelle) saveur, il est indéniable que l’on est là dans le créneau des Buffalos Grill et autres Courte Paille, rien de plus ! Dommage, car avec des produits (réellement) frais et surtout (beaucoup) mieux « sélectionnés » ont atteindrait certainement un niveau tout à fait honorable. Mais, et il y a un mais, ce ne semble pas être, dans cette « enseigne nationale », l’ultime priorité et c’est au demeurant très regrettable ! Ce n’est certes pas le moulin à vent 2007 (assez honnête) qui « sauvera les meubles », et encore moins la « carte des desserts » avec photos (détail qui a le mérite de me hérisser le poil !). Il est conseillé de ne se cantonner qu’à la tarte aux pommes (honorable sans plus) et de ne surtout pas s’aventurer vers des appellations « accrocheuses » qui n’ont vraiment rien d’authentique. Le serveur, non sans rire, aura tenté de vous « expliquer » qu’en bas de la carte (en tout petit, et illisible) il est bien stipulé que les photos ne sont pas contractuelles et que vous ne pouvez donc protester ! Discours auquel le patron aura quant même la délicatesse de mettre fin malgré son évident embarras !

La Boucherie restaurant
7, rue des Marins – 06 500 Menton – Tel : 04 93 35 74 67