vendredi 23 avril 2010

Au Rendez-vous des Amis - 06 100 Nice


« Primé » en toute humilité…

Là-haut, vers Rimiez, nous affectionnions déjà une (très) bonne table dont la seule évocation du prénom nous fait toujours « frémir » les papilles. Depuis peu, à quelques enjambées de son (très) proche voisin, nous avons succombés aux charmes d’une (autre) table atypique, peut-être bien un poil plus « bucolique » (question de couleurs peut-être ?) que son « confrère » ! Par une pièce intimiste vouée à l’accueil des convives aux murs rayés fuchsias et beiges sur lesquelles « grimpent » des salamandres figées et chromées, au majestueux lustre à pampilles dans le plus pur style Murano, on peut se diriger soit vers les toilettes toutes proches (hyper clean) avec vision « diurne » sur les cuisines (de quoi encourager à l’« exploration » culinaire), soit vers la salle de toutes les « audaces », une salle orangée dés que vous levez les yeux au plafond et dans les tons verts pomme dés que vous plongez le nez vers le sol faïencé à l’ancienne. Entourés d’orchidées en vases tube, de chandeliers peints, de miroirs en S collés de-ci de-là, nous voilà « conditionnés » pour défier une carte « armée jusqu’aux dents ». Il est vrai qu’avec des raviolis à la Niçoise maison qui ne font, certes, pas dans le grandiloquent mais plutôt dans l’efficace, une terrine d’artichauts aussi généreuse, moelleuse et goûteuse, la texture de l’artichaut n’ayant pas été franchement « passée à la trappe », « magnifiée » par une purée de tomates séchées et son mesclun aux pignons, puis des tartines de pain grillé à la mousse de lard fumé, tomates cerise, olives et mâche, votre palais est, d’entrée de jeu, « séduit », charmé, que dis-je, captivé ! Le filet de loup n’est pas de reste. Poêlé à l’huile d’olive vierge, dés de tomate, olives noires, cebette et ail doux, il « émet » des arômes séducteurs en diable. Le filet de bœuf poêlé, sauce aux tomates séchées, olives noires et pignons est assez révélateur du talent de Thierry, le chef et patron. Avec une polenta crémeuse et onctueuse comme on les adore, on est dans le « vrai », dans l’authentique avec des produits de qualité d’une fraîcheur (quasi) incomparable ! Mais là où nous l’attendions, si je puis dire, c’était du côté des desserts et je dois avouer, que, là aussi (ou encore), il sait vous charmer, vous envoûter même ! Comment aurait-il pu en être autrement, d’ailleurs, d’autant que le gâteau au chocolat à « sa » façon, crème de banane s’exprime sans détour ? Un arôme chocolat Nutella indiscutablement prononcé, associé à une crème délicieuse et flatteuse, c’est là toute la rançon du succès ! La mousse de mascarpone aux fruits rouges, certes un peu fluide, révèle des framboises très parfumées, judicieusement alternées avec un coulis de même nature. Le sommet de l’« instant » ce sera un clafoutis tiède aux fruits de saison et amandes d’une suavité sans faille, c’est « le » clafoutis avec un grand C, celui que l’on rêve de « déguster » un jour mais que l’on ne croise que trop rarement ! Et si je vous dis que Thierry et Isabelle ont reçus, récemment, sans tambours ni trompettes, la digne récompense de « Maître Restaurateur » 2009, vous ne serez, j’en suis certain, pas vraiment surpris !
Fermé hors saison, mardi et mercredi et en saison le mercredi.


Au Rendez-vous des Amis
176, Av. de Cimiez – 06 100 Nice –Aire Saint-Michel – Tel : 04 93 84 49 66
www.rdvdesamis.fr

jeudi 22 avril 2010

Le Mas des Géraniums - 06 650 Opio


Il suffit à notre bonheur…

Face au vieux village d’Opio, en pleine nature, cette petite maison se « dévoue » corps et âme depuis bien des années pour assouvir votre plaisir gustatif. Deux petites salles rustiques dans les tons roses et fuchsias, rideaux fleuris et tableaux de Gérodez (un peintre local), suffiront à notre bonheur ! Ce qui nous séduit en premier lieu c’est cette indescriptible (quoique !) sensation de bien-être et de quiétude dont on ne saurait se lasser ! Avec Colette Creusot en salle et Michel, son mari, en cuisine, vous êtes là entre de (très) bonnes mains ! Professionnels, ils le sont incontestablement !
J’en veux pour preuves, tout d’abord, l’extrême affabilité de Madame qui sait subtilement vous orienter dans votre choix, et vous conseiller, mais également le savoir-faire de Monsieur. Ce n’est certes pas l’aumônière de saumon fumé et compote de blanc de poireaux, sauce crème à la ciboulette qui me démentira ni son émincé d’artichauts aux gambas grillées (plutôt des grosses crevettes !), sapides à souhait, ni même le foie gras de canard maison, gelée au porto et toast briochés, méritant tous les louanges, qui nous interpelleront à ce point. Non, c’est ce talent, cette dextérité (relativement) méconnus qui vont nous « apostropher » durant plus d’une heure et demie ! La coupe de champagne est de chez Louis de Sacy, un (petit) producteur très talentueux. Le filet de turbot, sauce crème au chorizo, légèrement grillé, révèle une chaire parfaite, saisie fort justement. Le marengo de poulet fermier, sauce écrevisse, met en exergue une « maestria » non « virtuelle » mais bien réelle. Peu de saveurs, certes, mais celles qui sont présentes « explosent » littéralement en bouche ! Le tournedos de filet de bœuf poêlé à la mignonette de poivre, on ne peut plus tendre, épinards en branches, purée mousseline au chou-fleur, et sauce poivre hyper « discrète », séduiront même le plus farouche des végétariens ! Un point tout particulier pour la sélection des fromages de chez Robert Bedot (un nom qui revient de plus en plus souvent ces derniers temps chez les restaurateurs soucieux et « attentifs ») et plus précisément pour ce camembert d’anthologie, crémeux et onctueux à cœur, qui ne méritait aucune, mais alors aucune critique, bien au contraire ! Le Domaine A.F Gros-Pommard Côte d’Or-Vosne Romanée- Maizières-2001 s’en accommodera, d’ailleurs, parfaitement. Et comme un bonheur ne va, dit-on, jamais seul, les desserts, eux aussi, dévoileront des trésors de finesse et de saveurs, avec, entre autres, un gâteau du Prélat au chocolat, écorces d’orange confites assez bien conçu mais un poil en retrait eu égard à la prestation. Le nougat glacé, coulis de fruits rouges, par contre, affiche clairement sa générosité (quatre tranches, rien de moins !) et sa délicatesse de confection. La crème caramel est, certes, « simplissime » mais quel tour de main, quelle justesse. J’aimerais que nombre de restaurateurs prennent ainsi exemple sur Michel Creusot ne serait-ce que pour l’humilité dans l’exécution. Simple, mais bon ! C’est une règle d’or imparable ! La mousse au chocolat amer glacée et tranchée, ne fera pas exception à la règle, loin s’en faut ! Notre favori demeurera indéniablement et « éternellement », oserais-je dire, « son » framboisier qui mérite moultes éloges. Vaporeux, délicat, il est presque « facétieux » en bouche ! Un déjeuner, en somme, presque parfait !
Menus à 22, 33 et 45 €.
Fermé le mardi et le mercredi hors saison. Réservation conseillé.

Le Mas des Géraniums
Quartier San Peyre – 7, route de Nice – 06 650 Opio – Tel : 04 93 77 23 23
www.le-mas-des-geraniums.com

L'auberge de Theo - 06 100 Nice


Pèlerinage gustatif

Si quatorze établissement sur la région ont reçus la précieuse « récompense », dont quatre rien que pour la ville de Nice, Théo et son fils Christophe, ne sont certainement pas les moins représentatifs des « Maîtres Restaurateurs » cuvée 2009 ! « Monter » vers l’Auberge de Théo c’est comme accomplir un pèlerinage mais, cette fois-ci, gustatif ! Dans une ambiance d’auberge transalpine traditionnelle, avec un grand patio et sa toile rétractable pour les beaux jours, ou, beaucoup plus rustique, avec son coin grange, mangeoire et poutraisons, vous êtes conviés à déguster le produit de tout son savoir-faire, et Dieu sait s’il en regorge ! Ainsi, avant même de passer commande, histoire de se rafraîchir les mains, nous découvrons des toilettes hyper clean, dans les tons bleus et or, en pierre de lave. Un soin tout particulier qui est, pour le moins, révélateur ! La pizza Reine, l’une de leurs spécialités, se révélera goûteuse, légère et fine avec une générosité indéniable en épaule. Après quelques franches hésitations, c’est sur un Misto Pesce que nous jetterons notre dévolu. Un mélange d’espadon, de saumon, de bar, de noix de Saint-Jacques et de gambas sur un lit de polenta crémeuse, accompagné de céleri, fenouil, blette, oignon, courgettes, carottes, cornichon émincé et d’olive noires émiettées et écrémées. Il est pourtant regrettable que la lampe chauffe-plat de service ait quelque peu « transit » l’espadon et la noix de Saint-Jacques, car pour ce qui concerne le saumon, et le bar qui étaient en dessous, la cuisson se révélera idéale. Les (minis) Scaloppina alla Sorrentina, sur nid de tagliatelles, « chevauchées » d’une mozzarella fondue et de sauce tomates fraîche, ne sont, certes, pas les plus généreuses qui soient, mais elles ont le méritent d’une belle délicatesse des produits et d’une association aguichante. Le pavé de bœuf en éventail au thym frais (remplacé ce jour là par du persil), et ses raviolis au foie gras (maison), est un bel exercice culinaire tout en subtilité et légèreté. Si les ravioles sont irréprochables, tant au niveau de la texture que de l’arôme persistant, il est bien fâcheux qu’encore une fois la « lampe », déjà incriminée, ait fait à nouveau « œuvre de malveillance », et ce essentiellement sur son flanc gauche ! Le pain de chez Multari (jouxtant le restaurant) est livré toutes les heures et conçu selon une recette préalablement et exclusivement convenue avec Théo Mansi. Tout comme le Sancerre-Domaine Pellé- La Croix au Garde- 2008 choisi pour l’occasion, il a fait l’objet d’une sélection attentive et minutieuse. Côté dessert, la tarte Théo, une tarte fine aux pommes prédécoupée et « noyée » (raisonnablement, il s’entend) d’alcool, n’offre pas grand intérêt ! Elle n’est ni franchement mémorable ni vraiment captivante. C’est, malgré tout, assez fâcheux ! En outre, on aurait pu espérer du café gourmand qu’il fut un moment d’émotion procurant un sentiment de félicité gustative, mais le baba au limoncello se révélera « excessif » en arôme, le kiwi glacé pas franchement convaincant, et le mini croquant aux amandes finalement assez basique ! Seul le canollo au chocolat emportera notre enthousiasme ! Quant au tiramisu, il sera beaucoup plus « civilisé » et préparé, contrairement aux habitudes, pour deux tiers sur la base de biscuits « mouillés » au café, et, pour un tiers, de crème de mascarpone, la boule de glace vanille s’avérant parfaitement « inopportune » en la circonstance. Force est de constater, cependant, que le lieu est séduisant et attachant à plus d’un titre, que le service est affable à souhait et que les quelques « accros » relevés ne sont pas franchement rédhibitoires !

Restaurant L’Auberge de Théo
52, Av. Cap de Croix- 06 100 Nice Cimiez – Tel : 04 93 81 26 19
www.auberge-de-theo.com / E-mail : aubergedetheo@wanadoo.fr

mercredi 21 avril 2010

Le Repaire de la Flibuste - 06 270 Villeneuve-Loubet


Il a tout pour plaire…

L’on ne peut pas dire que Port Marina Baie des Anges soit vraiment « la » destination culinaire la plus « courue » ! Mais, il est une (petite) révélation dans ce domaine que nous souhaitions partager avec vous. Si l’ensemble de la déco a été totalement revisité avec des tentures de style « toile à matelas » grise et beige, des murs rouge Cartier, des chaises laquées de blanc et des lustres de fer forgé, si l’endroit exposait le jour de notre visite des œuvres de Geneviève Gazan-Choby, et des tableaux de José Curti ou Hélène Sauval, des artistes locaux, ce n’est franchement pas pour eux, excusez du peu, que l’on viendra ici, mais plus précisément pour les talents d’un chef en devenir, Roger Martin. D’ailleurs, sa friture de calamars frais, sauce tartare maison, idéale pour deux, est révélatrice d’un don en effervescence !
Ses « escalopines » de foie gras poêlé sur pain d’épices tranché, et éventail de poire en émincé, confirment une dextérité indéniable outre une sélection (très) rigoureuse des produits. Le petit verre de Barsac Sauternes-AOC- Grand vin de Sauternes « encense » votre palais et divulgue un foie gras exemplaire à plus d’un titre. La sole meunière (environ 400 gr) est rosée à l’arête et se suffit à elle-même dans un jus « pur beurre » qui lui sied à ravir. Le gâteau de filet de bœuf (en « millefeuilles ») aux cèpes, et aubergines grillées, sauce à la Bordelaise, est « enjôleur » et attachant. Il n’est « perturbé », si je puis dire, que par la présence des dés de poivrons, en l’espèce, parfaitement incongrus !
Un carré d’agneau, c’est un carré d’agneau me diriez-vous, mais là, avec un tel jus au romarin, il « bouscule » les idées reçues non sans une certaine finesse et une « opiniâtreté » dans les saveurs indéniable. Les talents de ce jeune chef ne lui font, certes, pas défaut pour la conception des desserts, notamment avec un fondant au chocolat noir, sauce Arabica minute, exquis (presque) en tous points, sauf pour la sauce Arabica qui m’apparaît un peu insipide. La crème brûlée à la vanille Bourbon, quoique « classique », est goûteuse et révèle bien l’arôme de vanille. La mousse passion et kiwi sur son biscuit coco et coulis de mûre manque, cependant, un poil d’onctuosité ! Le dôme Arabica en croustillant de chocolat, façon « mystère », coule d’un séduisant chocolat au lait, ravageur en diable ! Le café est de chez Illy et le champagne Taittinger, un point de plus pour cette table dont on ne saurait se lasser.
Menus du chef à 25 et 30 €, Business lunch à 30 et 35 €.
Spécialités poissons sauvages




Le repaire de la Flibuste
Port Marina Baie Des Anges – 06 270 Villeneuve-Loubet – Tel : 04 93 20 59 02
www.lerapairedelaflibuste.fr


2 fourchettes au guide Michelin

lundi 12 avril 2010

Le Cenac - 06 000 Nice



De main de « Maître Restaurateur »…

Quasiment « accolé » au centre commercial de Nice-Etoile, mais avec, cependant, une large terrasse pour profiter de la moindre embellie climatique, ce bistrot très « Parisien » avec cave murale tempérée, banquettes de cuir rouge, style wagon de train, pointeuse début du XXème, et de multiples coins et recoins très intimistes, est dirigé de main de « Maître Restaurateur » (un label phare de la restauration Française qui lui a été tout récemment décerné) par le sieur Alain Layrisse qui préside à sa destinée depuis une décennie.
Ainsi, côté accueil, hygiène, propreté et service n’a-t-il (quasiment) rien à redouter d’autant qu’il est « tenu », de la sorte, à ne travailler essentiellement qu’avec des produits frais (au moins 80 %) de saison. Nous voici donc attablés au fond, à droite, juste à côté de la « précieuse » plaque en cuivre qui atteste de sa « récompense », mais qui, je tiens là à le préciser, n’aura absolument aucune incidence sur notre évaluation. Bien au contraire, oserais-je dire, car cela ne l’engage-t-il pas, à mon humble avis, à encore plus d’obligations !
C’est ce que nous avons finalement décidés de vérifier ! Avec une terrine de foie gras au naturel servie à idéale température, toute en finesse dans sa texture, et on ne peut plus goûteuse, une salade de mâche, pommes de terre émincées, tièdes, copeaux de parmesan et truffe fraîche, il ne pouvait y avoir d’inquiétude majeure. Mais, avec ce qui allait « suivre » on rentrait vraiment dans l’inédit culinaire. Du saucisseau de canard et foie gras, et sa pomme de terre en écrasé à la truffe, il n’y a rien de tel pour interpeller vos papilles même si elles devaient se révéler hyper blasées ! C’est un met généreux, si ce n’est chaleureux ! L’andouillette XXL est en tous points exemplaire et irréprochable, parfumée et savoureuse en bouche, elle l’est indéniablement !
L’entrecôte, la pièce du boucher du jour, est elle aussi XXL, avec ses quelques 400 gr, elle n’a pas « froid aux yeux » et rien ne lui résiste, pas même un solide appétit ! Le gratin dauphinois, quant à lui, n’ rien de prodigieux, même s’il se laisse déguster sans véritable réticence ! Il est vrai que le N° 2 Maucaillou-Bordeaux Médoc de 2004 fait, à son niveau, des merveilles. Rond en bouche, avec ses 13 « petits » degrés, il vous « flatte » le palais sans jamais l’agresser. Mais l’épreuve tant attendue, celle des desserts, devait nous laisser pantois ! Ce n’est pas tant le moelleux au chocolat blanc et à la truffe, assez insolite au demeurant, ni le riz au lait « maison » à la cannelle et crème Anglaise, fort délectable ou encore le croustillant de pommes tatin, au coulant de caramel salé, et chantilly « maison », qui devaient créer le « saisissement » gustatif, certes non ! Le facteur « sidérant » viendra clairement du pain perdu à l’ancienne, « le » dessert de la maison ! Hyper généreux, presque trop oserais-je préciser, d’une onctuosité et d’une délicatesse en bouche manifeste, il vous « emplit » de son arôme vanille jusqu’à vous détourner des évidences terrestres ! Xavier « notre » serveur, n’en reviendra franchement pas de nous voir caler ainsi face à l’adversité d’un dessert si « séduisant » fut-il !
Service jusqu’à 15 h 30 et le soir jusqu’à 22 h 30.
Fermé les dimanches et jours fériés.

Le Cenac
18, rue Biscarra – 06 000 Nice – Tel : 04 93 92 46 93
www.lecenac.fr / lecenac@wanadoo.fr

dimanche 11 avril 2010

Jilali B. - Théoule-sur-Mer



Une cuisine qui a de l’ambition

L’auberge du Père Pascal était devenue depuis bien (trop) longtemps une « belle endormie ». Depuis le début du mois de Février, l’ancien chef de l’hôtel Miramar de Théoule, Jilali Berekama, lui a redonné une seconde vie plus que « vertueuse » au sein d’une atmosphère totalement revisitée. Avec des plafonds lambrissés (repeints), des rideaux « vaporeux » dans les tons marron, rouge, vert et ocre, des tables très, très « généreuses », notamment, celle que vous découvrez, en alcôve, juste en pénétrant dans les lieux, une table « événementielle », des tables avenantes toutes nappées de beige ou de marron, ou même le Ficus Elastica entièrement retaillé qui aurait envahi le hall d’entrée à sa seule convenance, cette « table » là a tout pour plaire ! Et ce d’autant que la terrasse et la salle « plongent » littéralement sur le port de la Figueirette, dévoilant une superbe et incomparable vue sur la grande bleue. Maintenant, côté cuisine, nous aurons eu une (certaine) indulgence, dès lors, que Jilali commençait à « œuvrer » depuis seulement quatre petites journées ! En amuse-bouche, une tapenade accompagnée d’une brandade de morue délicatement aillée, d’une ricotta au pistou « magnifiée » par une crème de potimarron au lard. C’était déjà plus que prometteur ! Le risotto crémeux de chanterelles, et gigolette de lapereau à la sarriette, est une belle association de mets, pas forcément idyllique, mais attachante. Le foie gras de canard du Gers au torchon, compotée d’ananas au gingembre et graines de vanille Bourbon, est, certes, fort goûteux en bouche, malgré cet arôme appuyé de vanille et une compotée assurément séduisante, mais, à mon goût, pas franchement en « phase » avec le produit. Il semble quelque peu « perdu » là dans sa grande assiette noire. Le filet de rouget juste saisi au piment d’Espelette, salade d’artichauts violets et giroles marinés, représente un bel exercice de style et une jolie « mise en scène » gustative ! Les feuilles d’épinard frais craquantes interpellent et amadouent vos papilles. Nous optons, sans que le moindre conseil fut apporté par un serveur, certes, vigilent, mais pas franchement « professionnel », pour un Chambolle Musigny-David Duband- 2006, qui se révélera un beau et fringuant « séducteur » de palais. Les couverts, les verres et les assiettes manquent, pardonnez du peu, clairement de singularité et de fantaisie ! Le pavé de loup et légumes au naturel, filet d’huile d’olive vierge au basilic et citron de Menton, n’est pas le plus généreux qui soit, mais il est parfaitement saisi. Dommage que l’huile d’olive ait une telle « personnalité », car elle a tendance à « estourbir » le loup ! Les noix de Saint-Jacques à la plancha sur un écrasé de vitelottes aux herbes et jus corsé au xérès, ne fait pas, pour le moins, du « coude à coude » dans notre assiette, même si les noix friseraient bientôt la perfection. Le quasi de veau rôti parmesan, oignon fondant, et persil plat, « comme une cocotte » aurait pu être un bel instant gustatif, mais malheureusement, même si l’apport de parmesan et de gros oignons cuits, est judicieux, les deux petits médaillons de veau ont bien du mal à remporter un « combat » quasiment « perdu » d’avance ! L’Impérial de mandarine fait dans la transparence, avec une tartelette assez minimaliste, agrémentée d’une sphère contenant une gelée pourtant très « expressive », et des quartiers de mandarine recouverts de mousse de même nature. Le Jardin d’hiver grillagé avec son crémeux de mascarpone aux épices chaudes fait dans la (relative) déception, bien que l’association poire au vin et épices soit (assez) pertinente. Ne vous y méprenez, cependant, pas ! Comme je vous le disais, quatre jours ne peuvent suffire à « roder » une cuisine qui a indéniablement de l’ambition. Je reste convaincu, que Jilali Berekama, après quelques « réglages » et « corrections », nous procurera de grandes « ivresses » gustatives.

Jilali B.
La Figueirette, 16, Av. du Trayas – 06 590 Théoule-sur-Mer – Tel : 04 93 75 19 03

Sequoïa Lounge - 06 000 Nice


Un compromis fort sympathique

Cette (toute) petite brasserie aux murs rouges et bruns, grands miroirs, (grosses) pierres taillées, banquettes recouvertes de coussins beige, rouille et blanc cassé, et sets de tables marqués de slogans fort « engageants » (bon appétit, à table, entre amis, etc., etc.), n’a de cesse que de satisfaire une clientèle d’habitués qui n’est pas enclin aux folles dépenses. Du simple, du bon et rapide, c’est là toute leur quête ! Nous aussi, nous avons a tenté l’expérience et dégusté l’assiette de charcuterie (pour trois), pâté, saucisson Italien, Brésaola, viande de grison, radis, olives noires et gros cornichons. Une assiette sincère, authentique, certes sans réelle originalité. Le carpaccio de bœuf se révèle (assez) généreux et (relativement) goûteux avec ses copeaux de parmesan et son filet d’huile d’olive vierge, mais on assiste, malheureusement (encore une fois), à cette pseudo « mise en scène » de dès de poivrons verts et rouges, d’oignons émincés qui n’ont aucun, mais alors aucun intérêt gustatif (sauf celui de vous filer des crampes d’estomac). Le hamburger n’est pas si mal conçu, avec un haché bien saignant, une sauce béarnaise fort honorable (mais pas mémorable), des rondelles de tomates un peu pâteuses et puis un « bol » de frites peut-être bien maison qui pourrait avoir tendance à « relever » le niveau. L’ensemble se laisse « croquer » à pleine dents sans trop d’hésitations, tout comme le faux-filet juste saisi à cœur, servi avec de superbes et (très) délicates endives, (chapeau bas au chef !), malheureusement « côtoyées » par du mesclun (toujours) inutile à mon goût ! Va-t-on finir en beauté un repas par certains aspects « mitigé » ? Eh bien, pas franchement ! Malgré toute la gentillesse, et la bonne volonté évidente d’Hélène, la patronne, et sur un air de Gotan Project, la mousse au chocolat « montée » par son chef n’« interpelle » pas vraiment nos papilles malgré un (très) léger arôme de zestes d’orange et une texture assez séduisante en bouche. Il lui manque ce petit « je ne sais quoi » de plus qui en ferait une mousse « attachante ». La tarte aux poires (maison ?) aurait bien mérité une relative « solitude » sans que le chef se croît obligé (même pour nous faire plaisir, comme dira Hélène) de la napper de chocolat chaud. Le goût naturel de la tarte disparaît ainsi totalement et l’on se retrouve à « mâchouiller » un mélange pas réellement convainquant et surtout sans le moindre « repère » gustatif. Navré du peu ! Cependant avec une formule à 11 € (le lieu n’ouvre que le midi), cinq salades + café à 13 €, des tartes salées + café à 10 €, des lasagnes + café à 10 €, etc., etc., et avec le sourire d’Hélène, cela représente, malgré tout, un « compromis » fort sympathique à deux pas de la Fnac et de l’église Notre Dame.

Sequoïa Lounge – 14, Av. Notre Dame- 06 000 Nice – Tel : 04 93 62 37 70

Le Mesclun - 06 200 Nice

Un savoir-faire manifeste

Vous voyez, il est, malgré tout, (très) heureux de pouvoir constater que nos « tests » culinaires ont le privilège, parfois (mais pas toujours), d’influer manifestement sur les propriétaires et autres chefs des restaurants « explorés » par nos soins. Certains (rarement) se sont
« offusqués » de nos remarques, pourtant empreintes d’une incontestable impartialité, parfois même vertement ! D’autres, enfin, ont su, a contrario, en tirer un (fort) judicieux enseignement ! Francis Astier en est l’un des meilleurs et des plus « foudroyants » exemples, lui qui a su, non sans une certaine humilité, faire grand cas de mes « commentaires ». C’est donc lors d’un second et tout récent « passage » que nous avons, tout d’abord, relevé que le fournisseur de pain avait été « remercié » et remplacé. A la question posée et au sourire, si ce n’est même au rire, du patron, il ne lui sera point utile d’apporter une réponse ! Mais notre saisissement ne se limitera, certes, pas au pain ! L’ensemble du repas ne révèlera qu’étonnement et surprises. Le foie gras, cuit au sautoir, est parfait en tous points, (extrême) générosité du produit, cuisson idéale, le tout sur une galette de pomme de terre nappée d’une émulsion d’artichauts violets à l’huile de truffe, « succulentissime » ! L’asperge blanche (quatre beaux spécimen), rémoulade légère aux œufs de poissons et cerfeuil, et œuf mollet, n’est que l’aboutissement d’un savoir-faire qui s’exprime chaque jour un peu mieux. L’association des trois engendre un (réel) « ravissement » en bouche avec cette spontanéité qui fait souvent défaut à bien des « toqués ». Le Moderato – nectar d’automnes – domaine Casablanca – Muscat petits grains servi avec le foie gras, s’avère hyper léger (11°), et d’une délicatesse sans égale. Le filet de bœuf qui suivra, mérite tous les « louanges ». Une qualité (quasi) inégalable, une générosité incontestable, ce côté rassis que l’on reconnaît aux meilleurs et puis ce jus court au vin de Merlot, provoquant, envoûtant, le genre de sauce face à laquelle on « abdique » royalement d’autant que la moelle est là pour vous rappeler la « rusticité » et l’authenticité du met. La mousse de panais, savoureuse et « courtoise » participe à la ferveur gustative. Même un « humble » cabillaud, en outre le plat du jour, pommes de terre écrasées, sauce de tomates séchées, olives noires, échalotes, oignons et huile d’olive se manifestera savamment à nos papilles. Seule la côte de veau se révélera (beaucoup) trop saisie, et pas suffisamment rosée, avec une indéniable omission de prodigalité. Cependant, la sauce crème aux morilles fraîches est idéalement liée et ne mérite pas le moindre blâme. Quant aux desserts, ils frisent l’excellence avec, tout d’abord, des fraises et framboises en crème de mascarpone, un sabayon à peine « bruni » d’une onctuosité mémorable, puis un pain perdu, tranché dans la brioche, pomme Royale Gala caramélisées façon tatin, et sa quenelle de crème fraîche, séducteur et enjôleur à souhait, et, pour les « fanatiques », des profiteroles (évidemment maison) choux fourrés de crème glacée vanille, sauce pur chocolat noir, parfaitement préparés, avec cependant un « léger » bémol, la pâte se révélera un « poil » trop cuite. Le chef, Ludovic Goux, n’aura eu aucun mal à nous convaincre de sa compétence manifeste, si ce n’est d’une certaine « virtuosité » culinaire.
Menu à 27 € et 35 €
12 h à 14 h et 19 h à 22h. Fermé le dimanche

Le Mesclun
215, Av. de la Californie – 06 200 Nice- Ouest – Tel : 04 93 83 81 21
www.le-mesclun-nice.fr

Les Palmiers - 06 230 Villefranche-sur-Mer



Une jolie surprise

La vue sue l’église Saint-Pierre et le port de Villefranche, ont, peut-être, des airs de « déjà vu », ce n’est pas une raison pour ignorer une table, certes, pas (vraiment) « gastro » mais qui a au moins le mérite d’annoncer ce qu’elle fait, et de faire ce qu’elle annonce. Avec une carte « sans prétention » mais efficace, il est donc possible de passer un bel instant gustatif sur une terrasse, face à la mer, dans des fauteuils tressés, les pieds posés sur du faux gazon. La pizza, même si vous n’êtes pas dans une pizzeria traditionnelle, a la pate fine et craquante sur le pourtour, en « Reine » elle remplit parfaitement sa « mission ». Le pavé de saumon rôti à l’huile d’olive vierge, quant à lui, se révèle bien « considéré » mais le méli-mélo de poivrons, carottes, courgettes et oignons m’apparaît, pardonnez-moi, quelque peu incongru ! Il s’invite sans qu’on l’ait vraiment souhaité ! L’entrecôte fait, malheureusement, un peu trop dans la « finesse » et manque incontestablement de générosité. Ceci dit les frites, bien que surgelées, sont dorées à point et présentées dans un petit seau en métal enveloppées de papier kraft, goûteux et ludique ! Le hamburger au foie gras séduira, à n’en point douter, les inconditionnels du genre, même si, effectivement, le produit ne fait pas, à mon humble avis, dans le mémorable. Il est vrai que la coupe de champagne Pelletier aidant, l’on aura, pas spécialement une approche aussi péremptoire. Mais, une « jolie » surprise nous attendra avec une tarte tatin à la glace cannelle (et pointes de chantilly toujours inutiles) très plantureuse, un tiramisu en verrine onctueux, et crémeux à souhait et surtout, un bel « exercice de style » avec ce café gourmand proposant un florilège luxuriant de crème brûlée (très) réussi, de mousse au chocolat, de tiramisu, glace à la framboise et d’un café très savoureux.
Ouvert de 7 h à 2 h – 7 j/7



Les Palmiers
3, Place Amélie Pollonais – 06 230 Villefranche-sur-Mer – Tel : 04 93 01 71 63

lundi 5 avril 2010

Keisuke Matsuchima - 06 000 Nice




De la belle ouvrage avec un grand O !

Il est de ces établissements « japonisants » qui émergent régulièrement, de-ci delà, finalement sans que personne n’y prête plus guère attention. J’en veux notamment pour preuve les innombrables enseignes consacrées à la confection de sushis ! Mais là, c’est toute autre chose, puisque l’on découvre l’antre culinaire de Keisuke Matsushima, un chef « aventureux », audacieux qui s’est fixé pour mission de vous accompagner dans l’une de ses « exaltions » gustatives. Le lieu est « sobrissime », tout de bois blond « revêtu », sol en parquet brun, tables carrées et alignés en bon ordre, chemins de table beiges et marrons, et verres stylisés. L’ardoise d’amuses-bouche demeure une jolie trouvaille, avec ses mini pissaladières, ses cookies au parmesan et à l’olive noire, et puis ces ravissantes tomates cerise caramélisées conçues dans l’esprit des « Pommes d’Amour » de notre enfance … La carte est concise, tout comme le menu qui permet une sélection quasiment sans faille. Ce sera donc une huitre panée (en fait quatre exemplaires) dans sa coquille plantée en fleur de sel, à la crème de choux fleur, une façon très « personnelle » de revisiter le mollusque tant convoité mais qui a le mérite de laisser une sensation vivace aux papilles. Les noix de Saint-Jacques poêlées, endives braisées en émincé, et coulis de citron confit, sont astucieusement concoctées au point de révéler une « alliance » en bouche totalement inimitable. Le foie gras de canard du Gers est fort justement saisi, ni trop, ni trop peu, avec ses rondelles de radis noir, et sa sauce aigre douce qui en magnifie l’arôme en bouche. L’aventure se prolonge avec un millefeuilles de bœuf Simmental au wasabi, saveur Japonaise, en fait un filet coupé dans le sens de la longueur, « fourré » d’une préparation maison au wasabi et accompagné de demi rondelles de courgette et potimarron en beignets. Et puis, avec ces superbes couteaux « le gourmand », c’est un réel plaisir que de trancher dans le vif ! L’agneau des Alpes de Haute Provence en gigot rôti au romarin, et grosses frites de panisses, est on ne peut plus savoureux. Il a le « sens » de l’authenticité ! Toutefois, les frites, bien que moelleuses, manqueraient singulièrement de sel ! Le pigeonneau de Bruno Verzeni rôti, polenta crémeuse à l’huile d’olive vierge, artichaut frit, jus de pigeon aux olives noires, c’est de la belle ouvrage avec un grand O ! Tout d’abord, un produit « excellentissime », mais également un tour de main, un savoir-faire incontestablement mis au service du plaisir gustatif. La cuisse « farcie » justifiera à elle seule votre sollicitude ! Même côté pain, le soin est évident ! Pain aux olives ou au romarin, c’est selon. Le champagne est Veuve Cliquot en rosé, et à la coupe.
Côté desserts, c’est, certes, joliment envisagé et dévoilé, mais un peu minimaliste ! Le cannelloni d’ananas à la mousse de noix de coco, meringue au citron vert et sorbet ananas-vanille n’emporte pas vraiment notre agrément, il est pour le moins ascétique et douceâtre. Le chocolat noir Jivara au cœur fondant de sésame noir, glace au topinambour, a contrario, séduit dés la première cuillère et titille vos papilles dans le sens de la pépite. Dommage que le chocolat blanc ivoire à l’huile d’olive, fraises aux olives noires, sorbet à la fleur de thym, n’ait pas eu le même « souci », d’autant que le chocolat blanc, au demeurant attachant, lui aussi, et surtout oserais-je dire, est pour le moins succinctement proposé et bien « camouflé ». Un (léger) fourvoiement auquel il serait conseillé de remédier !
Menu Bataille de Fleurs à 35 € (au déjeuner et au dîner) – déjeuner du Marché à 18 et 25 € - Inspiration à 58 €- Dégustation « laissez-moi faire » à 78 €, et 105 € (accord mets et vins + eau + café).
Fermer dimanche, lundi et samedi midi.




Keisuke Matsushima
22 ter, rue de France – 06 000 Nice – Tel : 04 93 82 26 06
www.keisukematsushima.com / pourunbondimanche.com
Kours de cuisine avec Kei : contact : theo@pourunbondimanche.com

Cosmopolitan - 98 000 Monaco





Pour « encanailler » vos papilles

Avec une enseigne rappelant celle d’un célèbre magazine féminin, ce bar à vins qui se « love » entre un traiteur à l’Italienne et un Pub à l’Anglaise a bien des raisons de revendiquer son « statut ». N’est-il pas reconnu en Principauté comme le « spécialiste » de la dégustation œnologique des vins du monde ? Une déco relativement réservée et dépouillée, basée sur une ambiance feutrée misant sur des détails tels ces multiples cadres photos représentant tout ou partie de bouteilles, de bouchons voire de tonneaux, ces chaises en cuir caramel, ou ces casiers-cave muraux, l’endroit séduit indéniablement d’autant que la lumière tamisée vous garantit, non seulement la sérénité, mais également un quasi anonymat. D’emblée, la carte annonce la couleur ! Ici on ne sert pas de thon rouge et ce uniquement pour préserver l’espèce ! Vous voilà informé ! Le service est affable et la commande prestement passée. La salade Caprese de mozzarella di buffala et trio de tomates à l’huile d’olive au basilic, se révèle « craquante » et d’une belle saveur. Idéale pour une mise en bouche délicate. Le quart de canard laqué « Pékinois » (pour deux) est gracieusement accompagné de concombre en lamelles et de fines galettes de riz « stockées » dans un panier vapeur. Il ne tient plus qu’à vous d’y rouler quelques portions de canard, trempées dans une sauce soja et de déguster ainsi le « rouleau », composé avec les doigts ! Délicieux et subtilement efficace ! Un excellent point de détail, les couverts sont disposés sur votre droite et non de part et d’autre de votre assiette ! Très XVII ème siècle en somme ! La côte de veau, quant à elle, bien que rosée comme il se doit, m’apparaît un peu « maigrichonne », et la béarnaise un peu décevante, compte tenue de l’endroit et de ses « capacités ». Les pommes rôties sont fondantes et les petits légumes frais du jour. Quant au curry de poulet, timbale de riz Basmati et Popadum, il m’apparaît soigné et délicieusement parfumé. Seul le chutney mangue et épices m’a, pour le moins, choqué le palais, et mes papilles se sont là quelque « révoltées » ! Le filet de bœuf Argentin grillé (200 gr) est tendre à souhait et ses « grosses » frites de polenta « succulentissimes », seule la sauce Béarnaise devra se faire oublier tout comme son « alter ego » de la côte de veau. Sur une carte de vins Français, Italiens, Espagnols, Chiliens, Néozélandais, Argentins, Australiens, Sud-Africains, Américains ou Israéliens, nous avons opté pour un Bourgogne-Domaine d’Ardhuy-Gevrey Chambertin- 2006, beaucoup plus sage et d’une « délicatesse » en bouche remarquable. Deuxième petit couac gustatif, le pain n’est pas franchement, comment dirais-je, de « premier ordre » ! Mis à part ces (deux) détails, la « farandole » des douceurs s’avèrera impétueuse, quasi « volcanique » ! La tarte Anglaise au caramel, banane et crème chantilly, bien que la pâte fut un peu « rigide », et la chantilly pas franchement « maison », se laisse déguster non sans un certain bonheur. Le crumble chaud aux pommes et rhubarbe à la crème Anglaise ne risquait pas de se « morfondre » dans l’assiette tant il demeurait « désirable ». Le moelleux au gianduja, sauce au chocolat blanc, interpelle d’entrée de jeu, d’autant que l’on ne s’attend pas à une crème noisette aussi goûteuse. Mais le tiramisu nous mettra tous en accord, surtout que dans sa verrine, il ne manque pas de caractère, le bougre, avec ses mini-pépites de chocolat. Un lieu recommandé pour « encanailler » vos papilles !

Cosmopolitan
7, rue du Portier – 98 000 Monaco – Tel : 00 377 93 25 78 68
eat@cosmopolitan.mc / www.cosmopolitan.mc

Aux Petits Plaisirs - 06 100 Nice



Plaisir des yeux …

Je ne pensais franchement pas que l’on découvrirait une si charmante « petite » table, gastronomique de surcroît, sur les hauteurs de Nice, côté Cessole. Avec son espace aux tons gris clairs, ses banquettes et ses boxs, ou ses chaises hautes, son bar couleur saumon, son aquarium où deux homards s’évertuent à se chevaucher « dangereusement », Laurent Pisani, ancien « disciple » de Jacques Chibois, qui s’est installé là depuis six ans, s’est fixé pour objectif de ne travailler qu’avec des produits frais, et rien que du frais ! Mais ce qui séduit surtout c’est ce tour de main, ce savoir-faire confondant où le plaisir des yeux joue un « rôle » de premier plan. La déclinaison d’amuses-bouche en est un parfait exemple, elle qui « met en scène » une mini brochette de pétoncles marinées, cuites à la flamme, une autre de filet mignon de porc caramélisé au sésame, un gros raviole d’écrevisses à la patate douce et une sucette de foie gras mi-cuit « perché » en haut d’une pique, le tout servi sur une belle ardoise. La trilogie de foie gras de canard et ses toasts chauds, en mi-cuit, poêlé sur pain d’épice ou velouté m’est apparue assez originale dans le concept, mais un peu moins séduisante au palais. Le velouté manque, à mon goût, un poil de « consistance » et ne révèle rien d’émouvant ! Par contre, le risotto de Saint-Jacques à la plancha, sauce au homard est admirablement et généreusement « lové » dans son assiette. Les noix idéalement saisies s’allient à merveille au plantureux et savoureux risotto ainsi qu’aux copeaux de parmesan. Il en existe, d’ailleurs, une « version », au champagne en déclinaison de foie gras, ou avec un médaillon de homard. La déclinaison, un principe qu’affectionne tout particulièrement notre chef, de bœuf, duo de tartare et brochette grillée est une belle référence du genre. Le premier tartare se révèle classique, mais un poil trop relevé, et le second un subtil mélange de bœuf, d’olives, de basilic et de tomates séchées, le tout jouant une parfaite harmonie des saveurs au cœur d’une mousseline de céleri onctueuse à souhait. Le filet de bœuf aux pommes grenaille, mousseline de céleri, foie gras poêlé et espurma à la truffe, ravira les plus sourcilleux, tant au niveau de la recherche esthétique que de la « vertu » des mets. Rien que sa sauce présentée en un tube à essai planté dans un « écueil » de gros sel, ou le cornet papier pour la mousseline truffée, méritent largement votre sollicitude. Les petits pains ronds sont, certes, « maison » mais, à notre goût, un poil trop cuits ! Une mention, particulière, lui sera décernée pour sa pomme en café caramélisée, crème brûlée, amandes et pistaches, son Saturne en noir et blanc, ganache de chocolat blanc à la clémentine et croustillant praliné, ou son Tiramisu déstructuré hyper vaporeux, crémeux, onctueux et, ce qui na gâche rien, généreux. C’est, certes, de la belle ouvrage culinaire, dommage que les convives viennent y manger comme dans une « simple » brasserie !
Les menus à 31 et 45 € changent chaque mois tout comme la formule à 26,50 €. Ouvert midi et soir. Fermeture dimanche et lundi (réservation conseillée le week-end).

Aux Petits Plaisirs
103, Bd de Cessole – 06 100 Nice – Tel : 04 93 44 20 23

Le Clos des Gourmets - 06 000 Nice





Passer à la question…

Envisager une table d’une telle qualité à mi-chemin du centre de Nice et de son aéroport, de surcroît, dans un hôtel ****, il est vrai que je n’aurais pas vraiment parié là-dessus, d’autant qu’aucuns échos n’étaient parvenus à nos oreilles pourtant très « attentives » et « sensibles » à ce sujet ! Qu’à cela ne tienne, nous décidons de « passer à la question » un lieu qui, je dois avouer, nous révèlera d’admirables surprises. Mais, sait-on jamais ! La traversée du bar de l’hôtel est déjà fort engageante, mais l’accès à la salle du restaurant mérite une attention toute particulière. Moquette noire, chaises design blanches ou noires, rideaux rayés en noir et blanc, lampadaires noirs « baroquissimes », lustres voilés de noir, on se croirait presque plongés au cœur d’un film des années 50 revisité par Philippe Stark, himself ! Le service ne fait, certes, pas dans le grandiloquent, mais plutôt dans la (relative) discrétion. Les menus du jour à 23 € (entrée + plat ou plat + dessert) et 26 € (entrée + plat + dessert), ou celui du soir à 29 €, sont des modèles du genre et un exemple à suivre que nombre de tables plus « reconnues » seraient bien inspirées de prendre pour modèle. Le chef, Mourad Laghzioui, en est le maître d’œuvre et nous n’aurons qu’à nous louer des ses « inspirations ». La terrine de homard Breton au coulis de tomates friserait l’excellence ! Légère et suave, elle fond littéralement en bouche. Le homard d’une indiscutable fraîcheur m’apparaît, certes, goûteux mais un poil (trop) dominé par le poivron ! La terrine de foie gras au pain d’épices et figues confites nous a, il faut bien le reconnaître, « scotchée » par sa finesse et son arôme prononcé de vanille assez insolite et inhabituel. Avec une texture irréprochable il se « hisse » à l’égal des meilleurs ! « Associé » à un Saint-Emilion - Château Canon La Gafelière – Grand Cru Classée – 1993, remarquable en concentration et en équilibre, avec des tannins fondus et une longueur en bouche (très) singulière, il se « révèle » sans la moindre modestie. Le soufflé de sole poêlée, sauce crustacés, est raffiné en diable. Et quel parfum ! On ne saurait lui envisager des origines infondées, car il sait les « arborer » fièrement. Le filet de bœuf, sauce forestière, poêlée de girolles, pleurotes, cèpes, échalotes, et asperges vertes, clame haut et fort sa finesse d’exécution, et de produit. Le pavé de saumon à l’unilatérale idéalement saisi (malgré une apparence trompeuse) accompagné de ses petits légumes en ratatouille, fond véritablement en bouche et laisse une sensation de félicité. Quant aux douceurs, il est vrai que l’exercice se révélera une parfaite réussite, avec une pyramide de chocolat blanc et sa crème aux fruits de la passion vaporeuse et onctueuse à souhait, une tartelette Normande façon tatin, certes, un peu « svelte », glace vanille Bourbon naturelle, et une émotion de crèmes brûlée (sur coque chocolat) hyper délicate. Le « saisissement » viendra d’un soufflé chaud au Grand Marnier (arôme pas trop présent) que nous nous « disputerons » tant il faisait honneur à nos papilles ! Et, croyez-moi, « elles » s’en sont données à cœur joie !



Restaurant Le Clos des Gourmets
Four Points By Sheraton – Elysée Palace – 56, Promenade des Anglais – 06 000 Nice - Tel : 04 93 97 90 90
www.elyseepalace.com